‹ La France, tableau géographiqueChapitre 218 sur 275 · LIVRE Ili, H · texte numérisé non relu

LIVRE Ili, H

cène trouva le bassin déjà préparé pour s'y répandre, et y laisser les Jahins ou sables coquilliers qui contribuent avec les schistes à la formation de la nappe limoneuse. Toute roche a disparu de la surface ; le sol argileux, ramolli par les agents atmosphériques, n'a que de faibles ondulations et se morcelle dans l'encadrement des haies. Les rivières convergent de toutes parts, et celle qui, après les avoir recueillies, s'engage vers le Sud à travers la barre de grès qui ferme l'horizon, la Vilaine, est la plus considérable de la Bretagne. Sans doute le pays est restreint ; entre les forêts qui le bordent il serait excessif d'estimer à plus d'un millier de kilomètres carrés son étendue. Mais c'est, dans une région morcelée, un point naturel de concentration. Entre Nantes et Saint-Malo la Bretagne orientale prit fixité et assiette dans ce pays des Redones, et quand la Bretagne se chercha une capitale, c'est dans ce bassin intérieur qu'elle la trouva.

Tout autour, des landes imparfaitement défrichées, quel- ^^ ques-unes à demi noyées sous les étangs, des bouquets de

FORÊT bois, des lambeaux de forêts, des arêtes ou des buttes de CENTRALE grès sigualécs de loin par des pins, isolent ce bassin de Rennes. Entre Rennes et Fougères, l'aspect de Bocage fait place à une nature plus aride et plus ingrate dès qu'on approche des rocs de grès que surmonte la forteresse de Saint-Aubin-du-Cormier. Au Sud, il n'y a pas longtemps que le territoire haché de bandes degrés qui s'étend jusqu'à Châteaubriant et au Pays nantais portait le nom de désert. Mais c'est surtout vers l'Ouest que régnait jadis une large zone d'isolement. Sur les grès stériles du Massif de Paimpont, et au delà jusqu'à Loudéac, Quintin, Lanouée s'étend une région d'aspect forestier, encore à demi boisée, célèbre dans les souvenirs de la Bretagne. C'était la forêt centrale, la Broceliande légendaire des romans de la Table Ronde. Tout le pays, comme l'indique son nom de Poutrecoët on Porhoët, était réputé forêt: marches solitaires, Uvrées aux guerres et aventures ; région politiquement neutre, et dont la population, assurément rare, vivait chichement de culture pastorale et du produit des bois. Ce n'est pas sans tristesse qu'on traverse encore entre Quintin et Loudéac ces maigres taillis sans fin. 11 y avait là jadis de grandes forêts de chênes, que des siècles de négligence ont mutilées, mais qui tiennent une grande place dans la physionomie historique et dans la vie domestique de la Bretagne. Une grande partie de son matériel ethnographique est sortie de là. Il est impossible encore aujourd'hui d'entrer dans une maison bretonne, si pauvre et si écartée qu'elle soit, sans remarquer à combien d'usages, dans le mobilier, les constructions, les ustensiles, la main bretonne a su assouplir le bois. Jusqu'oîi s'étendait cette région de solitudes silvestres .■* Peut-être à l'Ouest jusqu'aux approches de Carhaix, c'est-à-dire sur presque toute la vicomte de Rohan. Ce fut en tout cas un vaste territoire arriéré qui ne fut pas sans influence sur les destinées de la Bretagne, Là s'amortirent les immigrations celtiques

KKGIONS D'ISOLEMENT

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L.I.VW/; /■;/■ i:i.\Si. DOLLE (carte d'ct.-muj., flic 7tJ, Laval), sur un sol plat et sablonneux, par SU d'altitude. Les eaux stationnent sur ces hauteurs gréseuses, d'hydrographie encore indécise. De mai bois, lambeaux de ceux qui prolongeaient an nord la Forêt de Hennés, ferment ces horizons languisse, Mais l'aspect de landes est bien caractérisé. Phot.de M. de Martonm- (Kip. ïJ

L1:TAM: d-AndouHlc, à l'ouest du précédent (carte d'ét.~maj., flic 15, Hennés), quoique d'apparence plus riante, se

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dans des

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tions semblables. Il fait aussi partie de cette marche stérile, entrecoupée de bois et d'étangs, qui isolait au nord le bassin de Hennés, comme le l'orhoét l'isolait à l'ouest.

Il y a là encore, entre Hennés et Fougères, une bande où la population tombe au-dessous de 50 habitants par kilomètre carré. Autrefois cette tache d'isolement était plus étendue; elle séparait les cités et êvéchés de Hennesct d'Avranches.

Phot. de M. de Slartouue (Fiff. 247).

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