‹ La France, tableau géographiqueChapitre 221 sur 275 · L'ARMOR · texte numérisé non relu

L'ARMOR

I T A BRETAGNE expire, à demi noyée, dans l'Atlantique.

ÉTENDUE I ^ La partie de cette surface, arasée et ravinée de longue

DE LA ZONE date, qui plonge aujourd'hui sous les eaux, laisse encore

LITTORALE deviner entre des chaussées d'îles ou d'écueils l'existence et la

direction de vallées .submergées. Aux basses mers, c'est à perle

de vue que se découvrent souA'ent les débris émiettés qui prolongent les

L Oaesl. livre m, ii

rivages. La partie émergée n'a, pour les mômes causes, que des pentes si faibles et des niveaux si bas, qu'elle ouvre à l'Océan de longues et multiples voies de pénétration. Cliaque jour ramène périodiquement, jusqu à des distances de 20 kilomètres et au delà, la même transformation : la rivière insignifiante, bordée de bancs vaseux, se change pour plusieurs heures en un courant tourbillonnant à pleins bords ; les chenaux marécageux s'animent tout à coup et dessinent un réseau de veines par oii l'eau vive et l'air salin circulent à travers les croupes verdoyantes. Jusqu'au pied des châtaigniers et des chênes qui bordent les pentes, le Ilot pénètre. Il va réveiller un peu de vie à l'extrémité des estuaires, dans ces vieilles petites villes où parmi les arbres et les prés sommeillent quelques barques. Il pénètre entre les archipels du Morbihan ; et jusque dans les repUs reculés où les eaux semblent dormir au milieu des arbres, un léger tressaillement périodique fait chuchoter la voix de l'Océan.

Ainsi l'abaissement général du niveau et la multiplicité des découpures, qui tiennent au passé géologique de la Bretagne, se combinent avec l'amplitude des marées pour étendre beaucoup la largeur de la zone que le langage confond sous le nom de côte. Ce n'est pas ici une simple ligne de contact entre la terre et la mer, mais une bande régionale qui tout le long de la péninsule engendre des phénomènes variés, au point de vue de la nature et des hommes. Les dimensions qu'elle atteint justifient et expliquent son importance dans la vie de la Bretagne.

Cette côte reflète dans ses formes de détail les traits de „o, ,.„,.„ structure de la péninsule. Régulièrement parallèle à la direco£ tion longitudmale du Plateau méridional et lentement uîch-

LA COTE née, comme lui, vers l'Ouest, elle se compose, au Sud, d'une bande insulaire qui, à l'archipel de Glénan, se déprime et sémiette, et d'une bande continentale qui saflaisse en vrai fin des terres, à Penmarch. Insensiblement, dans un paysage empreint de monotonie grandiose, où à défaut d'arbres se dressent de toutes parts des restes de clochers ou de tours, le continent expire ; et d'énormes amoncellements de blocs laissent à nu son soubassement granitique sapé par une houle sans fin.

La côte occidentale est l'allleurement des bassins synclinaux qui continuent, entre les deux ailes relevées du Massif, le Bassin de Châteaulin. Mais entre la baie de Douarnenez et la rade de Brest quelques-unes des roches les plus dures de l'ossature bretonne, hachées en outre de nombreux filons éruplifs, se dressent en forme de caps et de péninsules. Elles se découpent d'autant plus vivement que sous l'elfort direct des vents et des vagues, toute formation susceptible d'être enlevée a presque entièrement disparu. La roche elle-même taillée en arcade, sculptée en tours, jonchée à la base d'une mosaïque de galets vivement bariolés, dit assez, à Morgat ou à la Chèvre, quels assauts elle soutient contre les vagues.

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