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(l'if. !iS)
T 'H.yiBIll ( lll'IŒ de la rivière de Lanninu montre une analogie par/aile r i-i à Bcllc-Islc. C'est aussi une vallée en partie submergée. Creusées par de
ver le type de eûtes déjà signalé
■ cours d'eau plus puissants que
eeui qui leur ont succédé, ces vallées du littoral septentrional de la Bretagne
datent d'une époque, qui n est
pas très lointaine, où le continent s'étendait davantage vers le nord.
(Fig. S53).
ciiAPiTiiE it La Brcingnc.
A Brcsl commence, avec les gneiss du Pays du Léon, le Plateau seplen- Irional. dont les bandes successives, sommets des anticlinaux qui relient le Cotentin et la Bretagne, viennent s'amorcer au littoral. Ils lui impriment celte allure irrégulicrc, qui se traduit par des alternances de larges promontoires et de spacieuses baies. Nulle part il n'est plus décbiqueté dans le détail. Ces granits, injectés de porpliyres et de diabases, ces gneiss, ces grès armoricains s'émiettent en ccueils, qui bordent la côte comme une cuirasse. Entre le Passage du Fromveur en face d'Ouessant et les roches de Sainl-Quay dans le golfe de Saint-Brieuc, se déroule sans interruption un véritable skaer Scandinave. Plus loin, la ville de Duguay-Trouin, Saint-Malo, se barricade derrière une rangée d'écueils. Des épées ou héaiix, longs sillons de galets, dardent leurs pointes. Un petit archipel bizarre de roches ronges, piliers mis h nu de syénite ou de porphyre, hérisse les abords de la petite île de Bréhat, près de Paimpol.
On peut évaluer, en somme, à plus de a 5oo kilomètres, dont les îles formeraient en\iron la dixième partie, les ciselures princi^Dales de la côte bretonne.
11, Les variétés de conditions d'existence créées par ces
VIE inflexions et ces sinuosités, par ces dilTérences de dimen-
■DES COTES sions insulaires et péninsulaires, qui vont jusqu'au morcellement, sont innombrables. L'orientation prend ici presque autant d'importance qu'en pays de montagnes. Dans les parties abritées, surtout sur la côte méridionale, la tiède température océanique favorise une végétation de lauriers, buis, figuiers, fuchsias arborescents. Pommiers et poiriers prospèrent, presque à l'extrémité de la Cornouaille, sur la rive bien garantie de Fouesnant, toute moutonnée d'arbres. Les côtes, au contraire, qu'assaillent directement les vents d'Ouest, les îles, les promontoires, trop imprégnés d'air salin, n'ont plus guère d'arbres; et les cultures minuscules s'y blottissent plus que jamais derrière les enclos de pierre. Toutefois, jusque sur la plate-forme désolée de Penmarch, l'orge et le blé viennent à maturité ; et si le climat du Léonnais est déjà moins propice aux céréales, on sait quelle précocité précieuse il communique aux produits du jardinage. D'ailleurs il y a, dans les larges plis de la côte septentrionale, des parties sur lesquelles les vents d'Ouest ne parviennent qu'après avoir amorti leur violence: arbres et cultures se multiplient aussitôt, surtout sur les plateaux. La côte exposée à l'Est, entre Paimpol et Saint-Brieuc, est la contrée la plus populeuse de la Bretagne. Partout s'éparpillent de petites fermes, et dans de petits champs un petit bétail ; tandis que sur les croupes s'élèvent de minces clochers élancés, qui servent de repère aux marins.
Un trait d'endémisme, qui s'accentue dans les îles bretonnes, mais n'est pas étranger aux découpures continentales, court à travers les diverses manifestations de la vie. Il a été étudié dans la flore des îles, notamment de Glénan et de Groix ; il frappe les yeux dans cette petite race de moulons noirs
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qui pullule à Ouessant et de ces petits chevaux qui, il est vrai, ne tarderont pas à disparaître. Et s'il s'agit de groupes humains, ce n'est pas seulement parmi les insulaires de Groix ou de Bréhat qu'on peut le constater, mais chez les habitants de la presqu'île de Plougastel, ou chez les Bigouden, si curieux par leur type trapu et fruste, des environs de Pont-l'Abbé, et ailleurs encore. Mais ces conséquences d'un certain degré d'isolement trouvent un correctif dans d'autres dispositions naturelles; car les courants côtiers, l'action combinée des vents et des pluies, les chenaux intérieurs qui pénètrent dans les terres ou qui s'insinuent entre les rangées décueils et la côte, sont autant de voies dont profitent soit la propagation spontanée des espèces végétales, soit la circulation des hommes.
Cette côte, tour à tour sauvage et douce, où les plages succèdent aux rocs, les anses de sable aux brisants, est hospitalière à la vie. Mieux que les rigides falaises normandes heurtées par l'incessant frottement des galets, ces rivages découpés offrent à la vie végétale et animale les abris dont la nature génératrice a besoin. Il y a entre ces anfractuosités de calmes replis, des fonds de sable où le poisson peut frayer, des chenaux piei'reux où se tient le homard. Les algues, sous la vague, ruissellent en lames d'argent sur les plalures des roches. Elles revêtent de tapis glissants les blocs et galets, ou recouvrent à fleur deau des refuges sous lesquels pullule une vie de poissons et de mollusques. Ce littoral est un creuset où s'élaborent les principes fertilisants. Le goémon et le varech, doués de la propriété de s'assimiler les carbonates de chaux et de magnésie contenus dans l'eau marine, sont un réservoir de vie, non pas inépuisable, mais toujours renouvelable s'il est ménagé. C'est seulement, sauf en quelques occasions permises, le goémon d'épave, masses déracinées et rejetées par le flot, que les femmes recueillent et transportent pour amender les champs. Parfois on le dispose en tas espacés de distance en distance sur les plages, et on le brûle pour obtenir la soude. On voit, à certains moments de l'année, ces fumées s'élever au loin. La mer a ainsi ses pâturages, où les débris de coquilles et d'algues s'accumulent en assez grande quantité pour composer le trez, le merl, la tangue. Et par ces précieux amendements la nature organique fournit au littoral, dans un rayon de lo à 20 kilomètres, le calcaire qu'en général la nature des roches lui refuse.
Une grande variété de métiers est née de l'exploitation et du transport de ces ressources. La forme des barques, les détails de gréement et de voilures, se sont adaptés à la nature différente des fonds et des genres de pêche; grosses chaloupes de pêcheurs de goémon, bateaux homardiers, contres, chasses-marées; ou, s'il s'agit d'affi'onter la haute mer, les bateaux robustement charpentés, surmontés d'une haute voilure rouge, avec lesquels les Grésillons poursuivent le ^ermo/i ou thon parfois jusqu'aux côtes d'Espagne. Les formes variaient jadis d'un port à l'autre : de là presque partout, au fond des anses et sous les arbres, quelque petit chantier de construction, aujourd'hui languissant, dont les marteaux mêlaient leur son cadencé au calme des vieux petits ports bretons.
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RllUAi (carte d'et.-inaj. fUc -îi?, Trcgiiier) : l/cr nord-ouest. Elle la déchire et l'émiette, mais elle trahissent ces formes d'aiguilles, ces blocs angule<
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