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DU LANGUEDOC

I. ÉVOLUTION DU SOL. || II. NARBONN'E. || III. LES PASSAGES DU LANGUEDOC.

/ A VOIR le golfe du Lion dessiner à partir du Rhône une

EVOLUTION c\ courbe si régulière, on serait lente de croire c|ue les acci- DU SOL dents si nombreux, dont nous avons déroulé la série entre les Alpes et le Massif central, s'éteignent, et que l'action paresseuse des alluvions et des flèches de sable, se substituant aux forces de plissement, a seule présidé à la formation de la plaine languedocienne. Il n'en est rien cependant; et il sufiît de jeter les yeux sur les reliefs courts et heurtés qui çà et là font saillie pour être ramené à la perception réelle des faits. La pyramide hardie de Saint-Loup se dresse au nord de MontpelUer : Cette a sa montagne isolée, qui s'étale, comme une baleine échouée, sur le rivage. Les pointements de calcaire jurassique amorcés par le roc de Notre-Dame de la Garde au littoral marseillais reparaissent ici sur la côte languedocienne. Plus loin, un pilier de basalte, jalon extrême d'une série de pointements volcaniques, forme le cap d'Agde. Entre Narbonne et la mer s'interposent les roches grises de la Clape, petit massif isolé dont l'altitude n'atteint pas 200 mètres, mais qui par sa structure s'accuse comme un fragment détaché d'une des zones pyrénéennes. Vers les confins du Languedoc et du Roussillon, le noyau primaire des Corbièrcs a joué le rôle de massif résistant devant lequel ont dévié les plissements tertiaires. Et les accidents qui ont été la conséquence de ce conflit trouvent l'expression la plus frappante dans la silhouette du Pic de Bugarach, qui scande étrangement les chaînons rectilignes du bord méridional des Corbièrcs. Les couches y sont renversées en sens contraire de l'ordre normal de superposition ; et ce phénomène, dont les exemples sont nombreux en Provence, s'exprime ici topogra-

Le Midi.

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