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VALLÉES DU PERIGORD ET DU OUERCY

LA VK/JcitE décrit, pris des Eyzies, de grands méandres

encaissés de 50 mi-trcs environ dans des plateaux de craie dure (carte d'état-majnr, feuille Î8^, Bergerac). Les tranches d'inégale résistance qui constituent ces roches ont été diversement entamées par les influences atmosphériques. Ainsi se sont formes des grottes ou des abris naturels, qui ont servi d'asiles aux premiers hommes. Quand l'industrie humaine ne s'est plus contentée de ces refuges primitifs, elle les a façonnés à ses besoins, clic en a creusé d'artificiels, de sorte que, peu à peu, se groupèrent en certains sites prifitégiés, vers les promontoires surtout, des habitations primitives qui, dans la suite, ont pu parfois donner lieu à (/«.'.%■ oppUIi». I.cs vallées du Périgord abondent en vestiges préhistoriques, rappelant les débuts sociaux et même artistiques de l'humanité. Ils empruntent un charme singulier à l'harmtmie des méandres, à ta limpidité des eaux, au tapis de buis, de lierre et de chênes verts qui voilent les roches. (Fig, 292.)

ROCAMADOUlt est plaqué aux flancs d'un plateau de calcaire oolithique (756 mètres), qui domine de V20 mètres le ravin de l'Alzon (Carte d'état-major, feuille lO^j, C.ourdou}. Telle est la profondeur à laquelle s'est encaissée depuis Cramât, a 0 kil.

en amont, la rivière presque toujours à sec, mais en communication souterraine avec de fortes sources jaillissant dans le voisinage. Château, bourg et jardins s'ètagcnt sur ces parois verticales exposées au midi et dans les interstices desqncltes se niche une végétation de bois, lauriers et figuiers. Ce site étrange a frappé l'imagination naturaliste des anciens hommes. Presque toutes les conditions rudimentaircs de l'habitat s'y trouvaient réunies : abris naturels, facilités de défense, proximité de belles eaux.

(Fip. 293 )

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raie qui conserve ses principaux traits, toute l'ùprctc s'amortir, les contrastes s'atténuer, la contrée s'ouvrir davantage en se rapprocliant de l'Océan.

Moins imposantes peut-être qu'à travers les plateaux des Causses, les vallées gardent cependant et augmentent même leur ampleur, en prenant plus de grâce. La Dordogne périgourdine, la Vézère, l'Isle, la Dronne, baignent de véritables plaines riantes et animées au pied de roclies caverneuses. La France n'a nulle part d'aussi belles vallées, d'aussi brillantes dans l'éclat du soleil et la variété des cultures.

Dans un chapitre de son ouvrage L'homme avant l'hisloire, sir John Lubbock s'extasie sur le paysage de cette vallée de la Vézère, dont les escarpements percés de grottes sont une ruche d'habitations primitives. Il décrit la limpidité des eaux dans les vergers ou les prairies qu'encadrent des roches tapissées de buis et de chênes verts. C'était un pays à souhait pour les populations primitives ; les plus anciens rudiments d'art et de civilisation y ont laissé des traces. Il est peu de contrées ovi se laisse mieux saisir la continuité de la chaîne entre les âges de l'humanité. Les civilisations, dont l'archéologie préhistorique nous montre les premières ébauches, ont continué leur développement sur la base des mêmes conditions naturelles. Les établissements humains ont persisté sur les mêmes sites. Au-dessous des grottes le village s'accroche aux escarpements. Plusieurs de ces excavations ont donné lieu à des cha2Delles ou des sanctuaires : ici Rocamadour, là Brantôme avec son vieil oratoire taillé dans le roc, comme certains temples de l'Inde. A Cromagnon' et ailleurs la grotte primitive s'est simplement transformée en un système d'habitations, dont les portes et les fenêtres étagées dans le roc « suggèrent l'idée d'une Pelra française ». Les dalles de calcaire, qui avaient servi à dresser de nombreux dolmens sur les Causses, servent à construire ces habitations rondes de type archaïque, rappelant les triilli de la Fouille, qu'édifient encore les paysans du Quercy. Sur les promontoires qu'enlacent les sinuosités des rivièi'es, dans les bondes fermées par un isthme, à portée des belles sources, des oppida se sont postés, dont quelques-uns sont devenus des villes.

Nous avons parlé de Cahors. Que d'autres il faudrait citer! Du haut de son roc de texture marmoréenne, Angoulême voit sourdre à ses pieds dans les prairies des eaux magnifiques. Si l'on ajoute à ces ressources locales l'antique industrie du fer, née facilement du minerai épars à la surface du sol, on voit de quel précieux concours de conditions réunies surplace disposaient ici les sociétés naissantes.

Elles ont grandi en harmonie avec le sol. L'anthropologie croit démêler dans les habitants actuels des traits de survivance conformes aux plus anciens spécimens qu'aient exhumés les fouilles. Il n'est pas douteux cependant que des peuples très divers ne soient venus à des dates très inégales se mêler

I. La caverne de Cromagnon est cntaillce dans les roches des Ejzies. au continent de la Vczùre cl delà Bcunc. (Voir Dict. topogr. du dé/>. de la Dordogne.')

Le Midi.

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