CAUSSES DU QUERCV. |i II. LES VALLÉES
LES TERRAINS tertiaires du Bassin d'Aquitaine ne sont immédiatement contigus aux roches primitives du Massif central que dans les plaines de Castres et d'Albi ; ils en sont séparés, dans le Quercy et le Périgord, par une zone de plateaux calcaires d'âge jurassique ou crétacé. Si, de l'ample et riclie vallée qu'arrose le Tarn, entre Gaillac et Rabastens, on s'avance d'une quinzaine de kilomètres au Nord, on rencontre une sorte de dôme boisé qui domine de près de 3oo mètres les vallées voisines : c'est le petit massif permien de la Grésigne. Là est la séparation de l'Albigeois, du Rouergue et du Quercy. Au delà, en effet, commence une longue bande calcaire, suivant une direction Nord-Ouest, qui se poursuit jusqu'en Saintonge et dans les îles. Elle dessine l'encadrement septentrional du Bassin d'Aquitaine.
Les routes qui se rendent du Midi au Nord, ou inversement, doivent traverser cette zone calcaire. Elle était suivie, en outre, dans le sens longitudinal, par la voie romaine qui reliait Cahors à Périgueux et à Saintes. De là l'importance historique qu'elle a eue et qu'attestent le nombre de villes et d'anciens châteaux forts, un aspect militaire et féodal répandu sur sa surface.
Le Midi. livre iv, m
, Les roches, d'âges jurassique et crétacé, qui constituent
CAVSSES la charpente du sol, ont gardé généralement leur stratification DU QUERCY horizontale ; mais par l'usure prolongée des âges elles ont été l'éduites à 1 état de dénudation et de squelette. Sur les Causses du Quercy, prolongement atténué de ceux du Gévaudan, la surface est trouée comme un crible. Des iyaes ou cirques elliptiques, des poches ou cavités dont les parois corrodées sont tapissées d'argile rouge, des labyrinthes souterrains où s'amassent les eaux, caractérisent ce pays étrange. Des vallées sèches le sillonnent, parfois taillées dans des escarpements superbes, comme ce roc à pic, semblable aux éclatantes Phœdriades de Delphes, où s'est implanté l'antique sanctuaire de Rocamadour. Pourtant, si maigre et aride que soit la surface, elle n'est pas dépourvue de cultures. La physionomie d'ensemble de ces Causses est celle d'une sorte de forêt claire et inleri'ompue de petits chênes et de genévriers, qui s'élève et s'incline suivant les ondulations de la surface. Un cailloutis pointu, résultat de la décomposition des roches, forme avec un peu de terre rousse l'épiderme du sol. De petits champs, encadrés par des murs de pierre, s'étendent autour des mas, et font vivre quelques vieux villages.
ji A travers ces plateaux, situés en contre-bas du Massif
LES central, les rivières se sont frayé passage. Le Lot et la Dor-
VALLÉEs dogne ont buriné de profonds méandres entre des falaises rouges et grises, qui tantôt s'évasent en cirques, tantôt s'avancent en éperons sur le palier horizontal de la vallée. Des ravins latéraux à sec, des rampes en hémicycle ménagent la transition entre plateaux et vallées, facilitent l'accès de routes. Les vallées sont superbes. Elles se sont creusées jusqu'au niveau des sources, par lesquelles le plateau restitue une partie des eaux qu'il a confisquées. Ces fontaines, si abondantes et si pures, avaient pour nos ancêtres gaulois un caractère sacré. Elles lurent souvent, comme les Douix de la Bourgogne calcaire, l'origine d'une ville: telle, la Divoiia, auprès de laquelle est né Cahors.
Un nouvel abaissement, une nouvelle atténuation marquent la transition du Quercy au Périgord. Ce sont cependant toujours les mômes bandes calcaires ; mais aux raides escarpements des calcaires jurassiques se substituent dans le Périgord des roches coralligènes, d'âge crétacé, plus tendres. Même sécheresse à la surface, même terre rouge ou cnussenat. même aspect pierreux sous un mince rideau de taillis de chênes ; mais les formes sont plus douces, et à la variété plus grande de la topographie répond plus de variété de cultures. Peu à peu le Causse, en s'adoucissant, se transforme en C/iam/ja^rne. Lorsque, vers Montmoreau, on passe de Périgord en Saintonge, le changement est accompli. De larges coteaux partout cultivés s'étalent entre des vallées d'un dessin ferme et net. En suivant la chaîne de pays qui se continue par la zone calcaire du Quercy à la Saintonge, on voit ainsi, dans une physionomie géné-
SOL i:t II ^ nuoouAi^H i e de causses
CA i\SS/: Mh'Jh'AX hT CA USSi::S DU QUERCY
LA l'AtiADli (SUU mitres. Causse Mtjvan) s'est ctuOtU sur le rcovru u'ufiv vasque de terre rouge, de décalcification du calcaire, ou se concentrent les cultures. Mais c'est ta fromagerie qui lui donn quelque importance. Phot. de M. de MnrtomiP CF'P- 39'')-
1 PAItTIE supérieure u verticales. Il s'élargit i
! iniia ,1, fuiliKu a l'aspect dune iguc. ou ccrc i profondeur. (Carie d'Et. major, feuille IS.'I, Br
le elliptique dont les parois sont
Phot. (le M. J. Bninlira (Kig. 891 ).