PHYSIONOMIE D'ENSEMELE DE LA FRANCE
I. VARIETE DE SOL ET DE CLIMAT. 1] II. VARIETE DANS LA NATURE DU MIDI DE LA FRANCE. || III. VARIÉTÉ DANS LA NATURE DU NORD DE LA FH.ANCE. Il IV. INFLUENCE OCÉANIQUE DANS LA FRANCE DU NORD. H V. VARIÉTÉS DUES A l'oRIEN- TATION ET AUX DIFFÉRENCES DU SOL. || VI. DIFFÉRENCE DE NATURE SUR NOS COTES OCCI- DENTALES. Il VU. LLUSONS ENTRE LE NORD ET LE SUD. || VUI. MODES d'eXISTENCE.
LA France oppose aux diversités qui l'assiègent et la pénètrent sa force d'assimilation. Elle transforme ce qu'elle reçoit. Les contrastes s'y atténuent; les invasions s'y éteignent. Il semble qu'il y a quelque chose en elle qui amortit les angles et adoucit les contours. A quoi tient ce secret de nature ?
Le mot qui caractérise le mieux la France est variété. Les
VARIÉTÉ causes de cette variété sont complexes. Elles tiennent en grande
DE SOL partie au sol, et par là se rattachent à la longue série d'événe-
ET DE CLIMAT mcuts géologiqucs qu'a traversés notre pays. La France porte
les signes de révolutions de tout âge. Elle appartient à une de
ces régions du globe, plus exceptionnelles qu'on ne pense, qu'à diverses
reprises, par retouches nombreuses, les forces intérieures ont remaniées.
Les parties mêmes qui sont entrées depuis longtemps dans une période
de calme, n'ont pas perdu la trace des mouvements intenses qu'elles ont
subis autrefois. L'usure des âges peut bien amortir les formes et abaisser
les reUefs; elle réussit moins à abolir les propriétés essentielles des terrains.
Ne voit-on pas en Bretagne un pays, — celui de Tréguier — redevable de la
fertihté qui le distingue aux matériaux d'un volcan éteint depuis les premiers
âges, et dont l'existence est depuis longtemps certes effacée du modelé ter-
Personnalilé Géorjraphique de la France. pnEMiÈnE paiitie
restre ? En réalité les phases de l'évolution géologique, si compliquée, de la France sont encore en grande partie écrites sur le sol.
Les contractions énergiques qui, dans une période plus récente, ont plissé le Sud de la France, ont eu leur répercussion sur les massifs anciens qui leur étaient opposés. Elles ont eu raison de la résistance des parties les plus voisines, et leurs effets n'ont expiré qu'à grande distance du foyer d'action. Elles en ont renouvelé le relief et ravivé l'hydrographie. Le Massif central semblait définitivement émoussé par l'usure des âges, lorsque le contre-coup des plissements alpins y dressa des reliefs, y éveilla des volcans.
Puis, à peine l'œuvre de consoUdalion de nos grandes chaînes actuelles, à travers une série d'efforts et d'avortements, était-elle achevée, que la destruction en avait commencé. De ces chaînes qui n'ont été ébauchées que pour disparaître ou de celles qui ont résisté mais en cédant chaque jour aux agents destructeurs une partie d'elles-mêmes, les torrents, les glaciers, enfin les rivières actuelles firent leur proie. Elles ont entraîné au loin des masses de débris. Longtemps on n'a pas apprécié à sa valeur l'importance de ces destructions. On sait maintenant que ce sont des débris de ce genre qui, au pied des Pyrénées et des Alpes, du Massif central et des Vosges, ont constitué des sols tels que les chamharans du Dauphiné, les boulbènes de Gascogne, les nauves de la Double, les brandes du Poitou, etc.
Ces variétés de sol se combinent avec des variétés non moins grandes de climat pour composer une physionomie unique en Europe.
En France, comme en Allemagne et en Italie, on pose volontiers l'antithèse du Nord et du Midi. C'est le moyen d'étiqueter sous une formule simple des différences très réelles. Mais on ne tarde pas à s'apercevoir que, chez nous, cette division se subdivise et se décompose en un plus grand nombre de nuances diverses que partout ailleurs.
, Il faut distinguer d'abord le Midi du Sud-Est ou mcdi-
VARIÉTÉ terranéen du Midi du Sud-Ouest ou océanique. C'est surtout
DANS l'image du premier, qui, lorsque nous parlons du Midi, se pré-
LA NATURE gentc à notre esprit : la plus tranchée et, suivant le mot de
ne ,. ^B,«,^r Mme de Sévicrné, la plus excessive. Cependant, il suffit qu'on
DE LA FRANCE , „ . i tv? i t • • i i -i ^
s éloigne de Warbonne d une cmquantame de kilomètres vers l'Ouest, pour que l'olivier, ce compagnon fidèle de la Méditerranée, disparaisse. Un peu plus loin cessent les tapis de vignes qui couvrent aujourd'hui les plaines : des champs de blé et de maïs, des bouquets, puis de petits bois de chênes-rouvres composent peu à peu un paysage de tout autre physionomie. C'est qu'insensiblement, en s'éloignant de la Méditerranée vers Toulouse, on passe de la région de pluies faibles et surtout inégalement réparties à une région de pluies plus abondantes, mieux distribuées qui, dans le Haut-Languedoc, le Quercy, l'Agenais, l'Armagnac, offrent un maximum au printemps.
ciiu'iTiii; IV Pliysionomie d'Ensemble de lu France.
La transition est graduée : l'augmentation des pluies d'été, si rares sur le bord de la Méditerranée, déjà sensible à Carcassonne, se dessine nettement entre celte dernière ville et Toulouse. Graduellement aussi, mais plus loin vers l'intérieur, s'amortit la violence des vents, dont le chœur bruyant se démène autour delà Méditerranée. Le sol mieux lubréfié, moins balayé, se décompose en un limon tantôt brun, tantôt jaune clair. Le maïs, qui a besoin des pluies de printemps, dispute la place au blé.
Il y a donc au moins deux Midis dans le Midi. Celui de la Méditerranée, du Roussillon, du Bas-Languedoc, de la Provence calcaire est le plus accentué, surtout par l'empreinte que l'été imprime au paysage. Lorsque les campagnes ont supporté plusieurs semaines de sécheresse, une centaine de jours consécutifs de température supérieure à 20 degrés, qu'un manteau de poussière couvre tout, on a un instant cette inijiression de mort qui s'associe à l'été dans certaines mythologies de l'antiquité et du Mexique. L'humidité s'est réfugiée dans le sous-sol, où de leurs longues racines les arbres et arbustes vont la chercher. Les rivières dérobent leurs eaux sous un lit de galets. Sur les coteaux rocailleux il ne reste rien de la floraison riche et variée qui a éclaté au printemps. Mais les pluies cycloniques qu'amène généralement la dernière moitié de septembre mettent fin à cette crise de l'année. Octobre et novembre sont dans notre région méditerranéenne les mois pluvieux par- excellence. Avec la fin de l'été se ravivent les brusques contrastes de température, dont l'influence j^arfois perfide, mais en somme plutôt tonique et ralTcrmissante, est un des caractères de notre climat provençal.
Partout où la ceinture montagneuse règne autour de la Méditerranée, la transition du paysage est très brusque. Le contraste est comjDlet à travers nos Cévennes : Karl Ritter, dans une de ses lettres de voyage, note combien, allant en dihgence de Clermont à iNîmes, ce changement rapide le frappa. Au contraire, dans la vallée du Rhône ce spectacle se morcelle et se multiphe. C'est successivement que les formes v^égétales méditerranéennes prennent congé : l'olivier vers les gorges de Viviers, le chêne-vert au delà de Vienne ; le mûrier au pied du Mont d'Or lyonnais, à peu près au point où les vignes d'espèces bourguignonnes, ganiay, pineau, etc., se substituent aux plants qui rôtissent sur les coteaux du Rhône. Mais encore plus loin on trouverait quelques émissaires de la végétation méditerranéenne blottis à l'abri des escarpements calcaires du Jura méridional. De même, par la région des Causses, l'amandier, se glissant dans les replis des vallées, pénètre jusqu'à Marvejols ; le chène-vert jusqu'à Florac et même s'avance aux environs de Rodez. Il semble que la végétation méditerranéenne soit douée, sous l'influence du climat actuel, de force envahissante, et que les roches calcaires, par leur chaleur et leur sécheresse lui facilitent la marche vers le Nord.
Mais vers Grenoble déjà, vers ^'ienne, le cadre et le tableau ont changé. Le soleil d'août, qui dessèche les vallées pierreuses de la Durance, fait étinceler dans la verdure celle du Graisivaudan. La prairie se mêle à la vigne et aux arbres fruitiers. La forêt couvre les massifs de la Grande-Chartreuse et
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Personnalité Géographique de lu France. puemièue partie
du Vercors. Le feuillage clair du noyer s'épanouit dans un air humide quoique encore baigné de lumière. C'est que nous entrons dans la zone des étés mouillés, où l'été devient, suivant le régime de l'Europe centrale, la saison qui apporte la plus grande quantité de pluie. Ce sont les conditions qui régnent en Suisse, dans la Basse- Auvergne, et qui font de la Limagne un verger.
Lyon n'échappe pas entièrement au Midi ; il en a surtout les brusqueries de température, la bise, d'assez fortes amplitudes dans les différences de chaud et de froid. En somme, pourtant, une note plus septentrionale domine dans le paysage. Cet aspect, déjà sensible dans le Bas-Dauphiné, plus accentué dans la Dombes, résulte surtout de la composition du sol. L'empreinte des anciens glaciers n'a pas disparu. Sous forme de dépôts boueux, de graviers et cailloutis, de limon décalcifié, d'argiles épaisses, les éléments triturés des anciennes moraines constituent au seuil du Midi « des terres froides » aux fréquents brouillards. La Bresse même, que les glaciers n'ont pas atteinte, a un sol imperméable où le voisinage de l'eau se devine à la fréquence des arbres, des « buissons », des prés, qui, avec les champs dont ils sont surmontés, se confondent en été dans un poudroiement de verdure.
I, La variété dans la France du Nord n'est pas moindre, mais
VARIÉTÉ elle est autre. Elle est faite de nuances, plus que de contrastes ;
DANS elle se fond dans une tonalité plus douce.
LA NATURE Lg relief sc montre dans le Nord plus uniforme. Pour peu
r.E- , A c-o.v^f ^ue l'œil se soit habitué aux formes du Midi, il v a comme une
DE LA FRANCE .* . - . \ i -i
mipression de regret, une lueur de tristesse a laquelle peu de voyageurs échappent, dès qu'ils ont franchi le Massif central, devant la continuité des lignes et l'alanguissement des horizons.
j,i II résulte de cette uniformité de relief plus d'homogénéité
INFLUENCE dans le climat. C'est surtout de la France du Nord qu'on peut
OCÉANIQUE dire qu'elle est au vent par rapport à l'Atlantique. Les dépressions
DANS barométriques dont, en hiver, l'Atlantique-Nord est le foyer,
M,, .,^„r, obéissent dans leur mouvement de translation vers l'Est à des tra-
DU NORD . . . r r 1 HT 1 1 1 AT ■>
jectoires qui rencontrent généralement 1 Irlande et la Norvège; mais l'ébranlement causé par ces tourbillons d'air humide et tiède se communique jusqu'à la Bretagne. C'est de là qu'à partir d'octobre, époque où ce régime a coutume de s'établir dans le Nord-Ouest de l'Europe, les pluies cycloniques ne tardent pas à gagner toute la France du Nord. De la Bretagne aux Vosges les mêmes perturbations, se pi'opageant sans obstacles, amènent averses, grains ou pluies fines ; les rivières entrent en crues en même temps. Le vent Sud-Ouest charrie par-dessus les plateaux de Bourgogne et de Lorraine ses colonnes de nuées noires.
cihpubr i\ Physionomie d'Em^emhle de la Franre.
La partie septentrionale de notre pays est donc celle où se fait sentir surtout l'atténuation anormale du climat. Elle est, sinon sur le passage ordinaire, du moins dans le voisinage immédiat des dépressions qui créent en hiver le climat océanique. Tandis que, dans l'intérieur du continent, une zone de hautes pressions et de froids s'avance fréquemment de la Russie méridionale et de la Pologne jusqu'en Bavière, en Suisse et même au delà, le Nord de la France reste le plus souvent en dehors de cette « dorsale » ; il échappe ainsi aux rigueurs du climat continental. Il est rare qu'à l'Ouest du Rhin la gelée se prolonge avec continuité plus de quelques jours. Si nos hivei's ternes et nébuleux ont leur tristesse, du moins le mouvement de l'eau, la verdure persistante de nombre de plantes y conservent l'image ou l'illusion de la vie. Dès que reviennent les températures propices au développement de la végétation, le cycle de vie recommence, ménageant à la jslante jusqu'à sept mois, ou même huit mois dans les vallées de la Loire, pour parcourir les phases de son existence. Certes plus d'une fois la précocité est punie. Mais en somme l'effet est de répartir sur une très grande partie de l'année la jDOssibilité des occupations agricoles, de multiplier les occasions et les genres de cultures.
Imaginez maintenant dans ce cadre de la France du Nord VARIÉTÉS ^^^^ ^^ qu'un climat changeant et une grande variété de sol peu- DUEs vent produire de nuances. Car ici plus encore qu'ailleurs, c'est .4 voRiENTATioN par additious ou soustractions successives, par des touches tour ET AUX ?^ tour tentées et reprises, que procède le changement de la DU SOL nature vivante. Le pi'inlemps apparaît plus tôt dans la vallée du Rhin que dans le reste de l'Allemagne, et plus tôt dans l'Ile-de- France que dans la vallée du Rhin. Par plusieurs traits la Lorraine continue à tenir de l'Europe centrale : les pluies d'été y sont bien marquées ; les plateaux rocailleux de Lorraine et de Bourgogne leur doivent la conservation de leurs forêts, qu'il est si difficile de faire revivre une fois détruites. Ce que l'Est doit encore à sa position plus continentale, c'est une plus longue durée de ces automnes lumineux, qui aident la vigne à mûrir. Située vers la limite des influences continentales et maritimes, encore sensible aux influences méridionales, la contrée entre le Rhin et Paris tire de cet état d'équilibre instable une sensibilité plus fine pour réfléchir les moindres variétés d'altitude, d'orientation et de sol.
De là, des touches très variées de physionomie. Telles, par exemple, les différences qu'on observe entre les versants sur lesquels montent les vents pluvieux de l'Ouest, et les versants opposés. Les escarpements calcaires du Maçonnais, avec leurs tons clairs, leurs pierrailles croulantes qu'enveloppe une végétation finement ciselée de liserons et de lianes, évoquaient chez Lamartine des images de Grèce. En effet, entre l'humide Bresse et les ternes plateaux de l'Auxois, ces lignes de coteaux étalés vers l'Est ont quelque chose
Personnalitc Géographique de ht France. pnEMièRiî partie
de lumineux qu'on ne reverra plus. Toujours à la faveur d'une pareille orientation, le châtaignier et même l'amandier s'avancent jusque dans les plis des vallées d'Alsace. Les flancs orientaux des côtes lorraines s'évasent en cirques, dans lesquels la lumière et la chaleur réfléchies font mûrir des vignes. Ils abritent près de Metz de véritables vergers. Et jusqu'au pied de l'Ardenne, qui les protège du vent du Nord, se prolongent les ])elles cultures amies du soleil : vignes, fruitiers, noyers, associés à une végétation qui, parla multiplicité et l'élégance des formes annonce déjà, ou rappelle encore le Midi.
Les géographes-botanistes remarquent que parmi les principaux agents qui influent sur la végétation, eau, chaleur et sol, c'est dans les climats de transition que le sol gagne surtout de l'importance : l'observation s'applique bien à la France du Nord. Celui qui la traverse dans le sens des latitudes, soit par exemple de Metz à Reims, ou de Nancy à Paris, voit bientôt, dans le Porcien, l'Argonne, le Perthois, le A'allage, succéder une autre nature à celle des plateaux et des côtes calcaires. La vigne s'éclipse momentanément. Le foisonnement des arbres, tantôt massés en forêts, tantôt épars dans les haies, les enclos et les champs, l'association du genêt, du bouleau et de la bruyère dans les parties incultes, les étangs et noues dont des sentiers toujours gluants dénoncent les approches : tout semblerait indiquer un autre climat. Il n'en est rien cependant ; ce changement résulte uniquement de l'apparition d'une étroite, mais longue bande d'argiles qui va des bords de l'Oise à ceux de la Loire, de la Thiérache à la Puisaye, et oii il est aisé de reconnaître encore une des plus grandes lignes forestières de la France d'autrefois.
On sait que dans la France du Nord les différentes couches de terrain présentent une disposition concentrique autour de l'Ile-de-France. Quand on vient de l'Est vers Paris la nature du sol change ainsi presque à chaque pas. Cette disposition favorise ces évocations alternantes de Nord et de Sud. L'œil perd et retrouve tour à tour les caractères qu'il est habitué à associer à ces deux mots. Ces alternances ne prendront fin qu'à mesure que le rapprochement de la Manche et de la mer du Nord se fera sentir davantage. Alors l'état plus fréquemment nébuleux du ciel, l'accroissement des jours de pluie, une notable diminution des températures d'été, jointes à l'arrivée plus précoce des pluies d'automne, exercent à leur tour un elTet sensible sur la physionomie de la nature. La vigne, prématurément surprise par l'humidité de septembre, nous quitte définitivement à l'Ouest de Paris, et le pommier la remplace. Le hêtre qui, dans l'Est, hantait surtout les collines et les montagnes, se rapproche des plaines. Quelque peu chétif encore à Fontainebleau, plus vigoureux à Saint-Gobain, il devient l'arbre dominant sur les flancs des vallées normandes. Il y prospère comme au bord des golfes ou fœ/irden danois, dans l'atmosphère nuageuse où Ruysdael se plaît à faire éclater la blancheur de son tronc. Mais la Picardie et une partie de la Normandie sont constituées par des plateaux limoneux reposant sur un sous-sol perméable qui en draine éncrgiquemcnt la surface. Le sol atténue en quelque sorte par sa
VAIUÉTÈS DUES Al SOL
TLHIitS l-R(JII)ES DHS ENVIROXS DE LYO.\ . LA BOMBES
ES EAUX se sont parfois amassées dans Us creux formés entre les moraines, et s'étalent sur le limon argileux gui les retient. La moraine se profile, comme une ridcy au dernier plan. (Fig. \7.)
UE PUISE EN BALLOy sur la
de champs et d'étants; ceux-i
iles^ comme de minces fils, trav
e.ç, au-dessns de Vitlars, vers son extrémité septentrionale : un damier •. pour la plupart artificiels, d'après la régularité de leurs formes, /.es rouies
liquée par M. Gallois CFigr. IS).
( bout à l'autre la surfa
VARIÉTÉS DUES Al SOL ET AU CLIMAT
1° SAUNES DU CROlSfC, 2" VIGNOBLES LORRAINS
COTEAUX DE VIGNOBLE au-dessus de Remb.
ArnaviUe. Une combinaison de circonstances fi d'abord le sol, qui, composé de débris calcaires l'orientation . quire^aràe le Sud-Est. I.e village se
dans la vallée du Rupt de ytad, entre Thiaucoi
'les a livré ces coteaux à la culture exclusive de la vigne:
ant les marnes du lias, est chaud et perméable; puis
entre vif^nobles et prairies. Coi. P. MiohelH. Nancy fFiif. îov
cnAPimn iv Pliysionomie d'Ensemble de la Ffance .
sccheressc los effets du climat. Les pâturages et les ptaiiies régnent sur les argiles du Pays d'Auge, mais ils sont l'exception sur ces plateaux : terre de promission pour le blé qui, grâce à la profondeur de ses racines, n'a pas besoin d'être constamment humecté.
Entre les deux aspects de la France du Nord, l'Ile-de-France est la contrée médiatrice qu'elle est presque en toutes choses. La nature, alanguie dans les plaines aux contours mous du Berry et de la Champagne, se réveille dans l'Ile-de-France. Les sables siliceux de Fontainebleau, bordés d'eaux vives, abritent une flore chaude et une faune dans laquelle se glissent, comme en une oasis, quelques éléments tout à fait méridionaux. Les replis des vallées profondément burinées enveloppent des cultures de figuiers. Par ces traits l'Ile-de-France rappellerait le Midi. Mais elle a aussi ses forêts humides, et surtout ses grandes plates-formes agricoles qui, de Paris s'étendent vers la Picardie et le Vexin.
y Ce sont deux mers différentes que celle qui, des Pays-Bas
DIFFÉRENCES 3" Finistère, embrume souvent notre littoral, et celle qui
DENATURE rayounc dc la Bretagne méridionale aux Pyrénées. C'est bien
^^"^ encore en ses jours de sauvagerie un Océan terrible que celui
occwENTALE'! 1"^ ^^^ ^^^ côtcs du golfe de Gascogne et qui, de tout le poids de la houle accumulée dans mille lieues sans rivage, entame les craies dures de la Saintonge ou dévore les roches de Saint-Jean-de-Luz. Mais il ne ressemble plus à l'Océan celtique ou Scandinave. A mesure qu'on va vers le Sud, on s'écarte des voies ordinaires qui charrient vers nous, surtout en hiver, les bourrasques du large. En été la marche du soleil amène vers le Nord la zone de hautes pressions des Açores et répand le calme dans l'atmosphère de l'Océan d'Aquitaine. Le voile de nébulosité qui plane si fréquemment entre les côtes de Terre-Neuve et d'Irlande s'éclaircit notablement au Sud de la Bretagne. Un climat différent prévaut dans la zone que la France pi'ésente à la Manche et dans celle qu'elle présente au golfe d'Aquitaine.
Notre Finistère breton, comparé aux autres promontoires de l'Europe occidentale qui reçoivent de plein fouet l'assaut des bourrasques océaniques, se fait déjà remarquer par une atténuation des phénomènes. Ni par la rapidité des oscillations barométriques, ni par la fréquence des phénomènes électriques, ni par la quantité de pluie il n'égale la Norvège, l'Ouest de l'Irlande, la Cornouaille anglaise. Toutefois les parties non abritées subissent les effets corrosifs des vents du large, qui tourmentent ou tuent les arbres et forcent les cultures à se blottir à l'abri de ces murailles de pierre dont le pays est étrangement découpé. Mais c'est surtout l'insuffisance de chaleur qui, déjà marquée dès le mois d'avril et s'accentuant de plus en plus dans la période où les plantes doivent se hâter d'accumuler la chaleur nécessaire, empêche la vigne et la plupart des fruits d'atteindre la maturité. Les cultures maraîchères, les fraisiers, les primeurs variées, tout ce qui exige du climat plus de préco-
Personnalité Géographique de la France. première partie
cité que la chaleur, sont les dons qu'en échange a reçus notre extrême promontoire océanique.
Les modifications s'échelonnent rapidement de la Vilaine à la Gironde. Déjà la côte méridionale de Bretagne est plus lumineuse. Un clair soleil joue souA'ent sur les croupes fleuries qui bordent le Morbihan ; ciel mouillé radieux entre deux averses, mais dont l'éclat plus grand se manifeste déjà par une avance dans l'époque des moissons. Dans la Bretagne occidentale, cette date recule, comme en Normandie, jusqu'en août ; dans la Bretagne méridionale elle est plus précoce. Poussons jusqu'au Sud de la Vendée, et là, comme en Béarn, la récolte, dès la première moitié de juillet, est chose faite.
Par les vallées ces effluves de climat océanique pénètrent profondément. La feuillaison printanière entre Tours et Saumur est de cinq jours en avance sur Orléans. Sous leur ciel très doux les vallées angevines et tourangelles abritent, avec la vigne, une grande variété de ces cultures délicates qui réclament de l'homme attention et presque amour et qui affinent celui qui s'y Uvre.
Les étés au voisinage de cette mer d'Aquitaine sont chauds et ensoleillés. Les observations mettent aujourd'hui hors de doute une diminution sensible de pluie dans la partie de la côte qui s'infléchit entre la Loire et la Gironde. Après une légère recrudescence de pluie en mai, le littoral de la Saintonge et même celui du Poitou se montrent, pendant les mois décisifs de juin, juillet et août, plus secs que l'arrière-pays. Les orages du Sud-Ouest semblent dévier ; ils les épargnent, tandis qu'ils vont faire rage sur les hauts plateaux limousins. Dès lors, aux plantes à feuillage vert que favorisait la tiédeur du climat breton, s'ajoutent celles qui ont plus d'exigences de lumière et de chaleur. Le chêne-vert, après quelques timides apparitions dans les parties abritées des Côtes-du-Nord, se montre dans l'ile de Noirmoutier, il festonne les côtes calcaires de Saintonge. Une autre essence, très rare encore en Bretagne, le chêne-tauzin, devient dominante. Et tandis que la physionomie végétale s'enrichit d'un grand nombre de traits nouveaux, elle perd d'autres éléments. Le hêtre a cessé de tapisser les collines ; le charme qui, surtout dans le Nord- Est, compose la plupart des taillis, manque de La Rochelle à Bayonne.
C'est bien une sorte de Midi anticijjé qui apparaît ainsi au tournant de la Bretagne, et se prolonge à travers la Saintonge. Rien que l'aspect des maisons aux toits à peine inclinés serait un indice de la sécheresse du climat. L'exploitation fort ancienne des marais salants est un signe de la puissance qu'y prennent les rayons du soleil. Les salines du Croisic sont à peu près les plus septentrionales que tolère le climat océanique. Pour les peuples marilimes du Nord, ces pays de sel, de la vigne et de fins produits étaient la première apparition d'une nature méridionale. Il ne tint pas aux Anglais qu'ils devinssent pour eux un Portugal.
Ce n'est pas toutefois le Midi, tel qu'il éclate dans la vallée du Rhône. La fraîcheur des prairies dans les vallées, la fréquence dans les sables de