‹ La France, tableau géographiqueChapitre 71 sur 275 · LE BASSIN PARISIEN EN AMONT DE PARIS · texte numérisé non relu

LE BASSIN PARISIEN EN AMONT DE PARIS

I. GRANDES EROSIONS, CAUSE DE VARIETES. |t II. ANCIENS COURANTS DILUVIENS. || III. LES RIVIÈRES ACTUELLES. I. LE MORVAN. I. l'hABITAT

DANS LE MORVAN. || H. COLLINES ET TERRES-PLAINES AUTOUR DU MORVAN. || III. SIGNIFI- CATION HISTORIQUE. Il IV. LA MONTAGNE. NAISSANCE DE LA SEINE. || V. TRAVERSÉE DE LA DEUXIÈME ZONE DE PLATEAUX CALCAIRES. || VI. VALLÉES CALCAIRES DE BOURGOGNE. || VII. VIE URBAINE. //. CHAMPAGNE. I. RÉGION ARGILEUSE. || II. ARGONNE. ///. CHAM- PAGNE CRAYEUSE. IV. DUALISME HISTORIQUE DE LA CHAMPAGNE.

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CAUSE résultat a un énorme travail accompli par les eaux. L. est DE VARIÉTÉS v^is Paris que cette action a atteint son maximum d'intensité. C'est là que les principaux courants réunis ont concouru pour accomplir ensemble une œuvre de déblaiement dont l'ampleur étonne. Il est naturel, avant d'aborder l'étude de la région où est né Paris, d'envisager l'ensemble de la contrée dont les cours d'eau lui parviennent. On y verra l'origine des causes agissant sur une grande échelle, qui ont préparé l'emplacement historique de la capitale et frayé les voies aux rapports qui s'y croisent.

Ces cours d'eau traversent une série variée de terrains géologiques. Ce n'est pas seulement, en effet, du Nord que s'inclinent les couches dans la direction de Paris ; de l'Est et du Sud-Est elles s'enfoncent aussi vers le même centre d'affaissement. Les terrains qui se succèdent ainsi à la surface ont été labourés par des courants partis de l'Est et du Sud-Est. Que l'on vienne de Nancy ou de Langres, on rencontre la même série instructive de formes. On voit successivement affleurer, suivant une disposition concen-

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La France du Nord. livre premier, h

trique, tantôt des crêtes ou des croupes, tantôt des sillons qui, les uns et les autres, mettentàjour des roches de plus en plus récentes'.

L'action mécanique des courants est manifeste sur la formation de ces cannelures du relief. Les eaux ont affouillé les parties tendres, et mis en relief les formations les plus dures. Les roches dures ont engendré ce que les savants ont appelé d'un mot, d'ailleurs expressif et juste, des montagnes de circumdénudation, ce que le peuple appelle des côtes, des monts. Devant ces barres de résistance les eaux courantes, arrêtées ou forcées de dévier, ont pratiqué des dépressions qui, par leur rapprochement ou leur réunion, esquissent des vallées. C'est ainsi qu'une sorte de rainure, remarquée par le langage populaire, se déroule en arc de cercle depuis l'Armançon à Nuits-sous-Ravières jusqu'à la Meuse à Neufchâteau. C'est la Vallée, par opposition à ce que les gens du pays appellent tout court la Montagne et les savants le plateau de Langres. Elle est, il est vrai, traversée, et non suivie par les rivières ; mais le dessin en est resté assez net et la direction assez soutenue pour que des voies romaines, des routes, un chemin de fer y aient tour à tour été établis.

L'apparition successive de terrains s'enfonçant en commun vers le centre parisien a donc fourni au travail des eaux les matériaux différents qu'il a sculptés à sa guise. Ce n'est là toutefois qu'une partie des phénomènes dont témoigne l'aspect du sol. Les limites actuelles des divers terrains sont loin en réalité de représenter les anciennes lignes de rivages tour à tour occujDées par les mers des périodes jurassiques, crétacées et tertiaires. Le relief du bassin est le résultat d'un démantèlement d'ensemble qui n'a laissé subsister que les masses les plus résistantes et comme le noyau des anciennes formations. En avant de ce qui subsiste, l'existence de lambeaux plus ou moins importants est là pour témoigner de l'extension plus grande qu'elles ont eue autrefois. Partout, sur le front d'attaque des courants, des témoins isolés se montrent : tels sont, à l'est de l'Argonne, les monticules isolés de gaize qui dressent leur silhouette exotique sur le plateau calcaire : l'une d'elles a servi de site à la petite ville de Montfaucon. Tel est, surtout, entre Troyes et Joigny, en plein pays de craie, le curieux massif du pays d'Othe, qui se dresse, avec ses bois, comme un avant-coureur isolé de la région tertiaire, à la rencontre des courants venus du Sud-Est. Changements de formes, mais avec les changements de végétation et d'aspect qu'implique la din'érence des sols. La succession régulière des zones géologiques ne suffit donc pas à expliquer la variété des éléments du relief dans le Bassin parisien : il faut tenir compte du chevauchement de ces zones les unes sur les autres. Des lambeaux, dont plusieurs ont une véritable importance, introduisent comme des pays de transition entre les pays nettement

I. La Carte de France dressée au Dépôt des fortifications (Orohydrograpliie), à l'éclielle de 1 : 5oo 000 montre clairement l'ensemble des traits exposés dans ce chapitre : feuilles VI (Nancy), V (Paris), IX (Lyon).

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'\7' il E prise près de Ckaslelliix, vers ' l'extrémité septentrionale du Morvan. L'ancien massif arasé reprend ici nu aspect montagneux.

Cela est diî an réveil d'érosion qui a suivi Irs mouvements de l'époque tertiaire. La Cure a profondément entaillé le massif. On soupçonne entre /es versants qui s'entr'ouvrent l'étroit ravin où elle serpente. Des bois de chênes, sapins et bouleaux tapissent les flancs. Mats à l'horizon le modelé calme reparait ; lis li'^nes enchevêtrées du relief se rapprochent et se confondent presque dans un menu- plan.

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