‹ La France, tableau géographiqueChapitre 72 sur 275 · CHAMPAGNE, HAUTE-BOURGOGNE ET MORVAN · texte numérisé non relu

CHAMPAGNE, HAUTE-BOURGOGNE ET MORVAN

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•\EITE CAlin: mel en ividciice le caractère centralisateur du Bassin parisien : Oellonuea la Marne tontes -* les rivières tendent vers Paris, — Reims, cependant, attire les routes de la Flandre et de l'Angleterre ; et, outre, ily a un passage naturel qui s'ouvre au nord de l'Argonne et des Cotes de Meuse. Il était ulilisc par la ic romaine qui, de Itcinis, gagnait Trêves et de là Mayence et Cologne. (Fiç. 57).

ciiAPiTRK lit. J^c Bassin Parisien en Ainonl de Paris.

tranchés oii l'une des formations prend la domination exclusive. Nous sommes ainsi prépares à comprendre tout ce que contient d'éléments de variété, et par conséquent de principe interne de mouvements et d'échanges la région qui nous occupe.

Ce n'est pas aux rivières actuelles, mais à des courants ANciEKs incontestablement plus violents dans leur régime et moins COURANTS définis dans leur cours qu'on peut attribuer les dénudations DILUVIENS dont le Bassin parisien porte les traces. Ces courants ont préexisté à l'établissement du réseau fluvial. Ils le surpassaient, non seulement en force, mais par l'étendue du domaine qu'ils embrassaient. Parmi les débris de roches dont ils ont jonché le sol, il en est qui proviennent d'au delà des limites actuelles du Bassin de la Seine. Le Massif central a fourni son contingent aux traînées de sables de certains environs de Paris. Si l'esprit est tenté d'hésiter devant l'intensité d'action que supposent les effets produits, il faut considérer que ces courants tiraient leur origine de montagnes moins démantelées qu'aujourd'hui et par conséquent plus hautes. Ils furent certainement aussi en corrélation avec des mouvements orogéniques. On ne peut guère attribuer qu'au relèvement récent du bord méridional de l'Ardenne l'action torrentielle qui a arasé la partie septentrionale de la Champagne, au point de n'y laisser que le tuf crayeux, tandis que plus loin vers Sens, Joigny et Montereau, des lambeaux tertiaires ont, au contraire, subsisté à la surface. Ces conditions, combinées avec le fait incontestable d'un climat plus humide, nous rapprochent sans doute de la conception de tels phénomènes. Il reste enfin la durée, non moins nécessaire que l'intensité pour en mesurer la grandeur.

Cela semble presque une dissonance de comparer le LES réseau fluvial actuel à ces courants diluviens. Certes, il ne

RIVIÈRES rappelle que de bien loin ses violents ancêtres par son régime ACTUELLES et SCS allurcs. D'abord il a subi un démembrement notable. Des accidents récents, sur lesquels nous aurons à revenir, ont détourné la Loire, héritière des grands courants que le Massif central poussa jadis vers le Nord, delà voie que semblait lui tracer l'inclinaison des couches. Il est impossible de ne pas reconnaître toutefois que les directions générales des courants diluviens ont guidé les directions de la plupart des rivières actuelles. Le centre d'attraction vers lequel ces masses d'eau se sont portées du Nord, de l'Est et du Sud-Est, est bien encore celui vers lequel converge avec une régularité frappante le réseau fluvial. Les rivières principales ont tracé indifféremment leur lit à travers les formations diverses, dures ou tendres, qu'elles rencontraient. Elles sont restées fidèles à la pente géologique et, pour emprunter l'expression aujourd'hui consacrée, conséquentes par rapport à l'inchnaison générale des couches.

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La France du Nord. liyrh premier, a

Elles coupent ainsi successivement autant de zones différentes qu'il y a de formations géologiques. Elles établissent le rapport le plus direct et le plus court possible entre des zones que distinguent des différences de sol et par conséquent de produits. Elles traduisent elles-mêmes ces variétés successives par la forme de leur vallées, la nature de leur régime, la couleur de leurs eaux : limpides et lentes dans les terrains perméables des calcaires et de la craie, troubles et inquiètes sur les sols d'argile ou de marnes. Si, au lieu d'être transversal, leur cours s'était déroulé longitudinalement, la région aurait gardé sa vai'iété, mais sans le bénéfice des relations naturelles qui en ont doublé la valeur.

Ces variétés vont devenir plus sensibles par l'examen rapide des contrées que ces rivières mettent en rapport. Nous commencerons par la région supérieure.

/. — LE MORVA.y

DE Vézelay, belvédère naturel, on voit à une lieue vers l'Est le paysage, tout bourguignon jusque-là, changer dasjiect. Le Morvan s'annonce comme une croupe à peine accentuée en saillie, mais qui contraste par son uniformité, sa tonalité sombre avec le pays calcaire. Lentement il s'élève vers le Sud, d'où seulement, vu du bassin d'Autun, il présente l'aspect d'une chaîne.

Le pays dont les différences s'accusent ainsi est bien une de ces contrées à part qui, pour le cultivateur ou vigneron des « terres plaines », éveillent l'idée d'une vie ingrate, et dont les usages, les cultures, les patois constituent pour lui un monde étranger. Ce n'est pas que le Morvan soit considérable par sa hauteur ni par son étendue'; mais, fragment mis à nu du massif primaire, il oppose aux belles cultures des plaines qui lavoisinent la pauvreté d'un sol siliceux, privé d'éléments fertilisants, moins propre aux moissons et à l'engraissement du bétail qu'aux arbres et aux landes, aux genêts à balai, aux grandes digitales, aux taillis de hêtres et de chênes. Ce n'est pas ici l'aspérité des pics qui rebute la circulation : le Morvan, arasé depuis les âges les plus anciens, quoique temporairement envahi dans la suite par diverses transgressions marines, n'a plus que le socle de ses anciennes cimes ; il ne présente guère à la surface que des croupes d'un modelé large et d'apparence parfois presque horizontale. Les grandes routes, à l'exemple des voies romaines, n'ont pas eu de peine à s'établir sur la convexité des parties hautes. Mais ce qui manque, c'est la chose dont dépend vraiment la physionomie d'un pays, car elle règle le mode d'habitation et les relations quotidiennes : la circulation de détail. Entre ces croupes il n'y a que des

I. Hautaur maxima : 902 mètres aux Bois du Roi. Superficie : 2 700 kilomètres carrés.

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