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I. 471 mètres d'altitude, a. Voir pUi» haut, p. io

cuAPiTRE m. Le Bassin Parisien en Amont de Paris.

champs rocailleux, au bout desquels ou retrouve toujours les lignes sombres, et sur lesquels courent des routes solitaires qui semblent sans un. La forêt de Clairvaux couvre plus de /i ooo hectares. Entre lOrnain et la Meuse, de Gondrecourt à Vouthon-Bas, on fait 12 kilomètres sans rencontrer une maison. Toutefois ces plateaux s'inclinent lentement vers le centre du bassin, et leur aridité s'atténue à mesure. Des lambeaux de grès ferrugineux ou d'argiles, avant-coureurs de la nouvelle zone qui va succéder aux calcaires jurassiques, se répandent de plus en plus nombreux à la surface. Le sol devient plus varié ; il prend une teinte roussâtre. Une nouvelle région métallurgique, le pays du fer entre Joinville et Saint-Dizier, exprime cette transition.

D'ailleurs, même entre les plateaux les plus arides, les VALLÉES vallées sont déjà plus larges et surtout plus voisines les unes CALCAIRES des autrcs. C'est par les vallées que cette l'égion calcaire reste DE BOURGOGNE bien bourguignonne. Si sèches, ces roches imprégnées de substances organiques ont pourtant de merveilleuses propriétés de vie. On voit, des moindres interstices dans les escarpements, sortir un fouillis buissonneux : les pierrailles assemblées en talus par les paysans s'enfouissent sous une fine et folle végétation de lianes et de ronces ; entre ces rocailles elles-mêmes mûrissent les meilleurs vins. Les substances nutritives de ce terroir, concentrées, il est vrai, dans un étroit espace, communiquent aux plantes une vigueur savoureuse, qui passe aux animaux et aux hommes.

Ce sont déjà maintenant de belles et pures rivières qui, nourries de sources, méandrent sur le fond plat de ces vallées. Là-Iiaut, dans la partie supérieure des versants, quelques taillis ou sèches pâtures annoncent la forêt qu'on ne voit pas : domaine vague que la culture dispute à la friche. Sur les flancs toujours assez raides de la vallée, mais plus bombés quand on a dépassé la formation corallienne, les talus, les croupes, ouïes promontoires, ont fourni à l'homme les terrains propices à l'aménagement de ses vignes, de ses fruitiers ou vergers, qu'on dirait, comme le reste, perdus dans la pierraille. C'est le long de la ligne oîi le niveau de la vallée se raccorde avec le pied des versants que sont établis les villages. Entre eux et la riNière s'étend le tapis des champs de blé etdes prairies jusqu'au lit sinueux, mais bien défini, que désignent des files d'arbres. Les eaux et le sol, aussi bien que les diverses zones de culture, tout est nettement déUmité.

Les maisons ne se disséminent pas non plus en désordre. Sur les plateaux elles se serrent autour des puits ou fontaines comme les cellules d'une ruche. Mais dans les vallées mêmes, où plus de liberté serait permise, elles restent agglomérées en villages ; et ceux-ci, sur la bande qu'ils occupent, se placent de façon à profiter à la fois des champs et des vergers d'une part, et, de l'autre, des matériaux fournis par le bois et la pierre. Hautes et bien bâties, les maisons empruntent au sol jusqu'aux dalles plates ou laves qui,

La France du Nord. livre pnEMiER, ii

à condition d'ùlrc supportées par une robuste charpente en chêne, constituent la plus solide des toitures. Ces procédés de construction donnent aux villages une sorte d'aspect urbain. Ils se succèdent nombreux dans la vallée, formant autant dunitcs cohérentes en rapports faciles'. De distance en dislance, un bourg un peu plus grand ou une ville se détache de la coUine et vient empiéter sur les précieuses terres de la vallée ; mais au-dessus ou à peu de distance on reconnaît Icperon ou le promontoire dont la position .stratégique a créé le château, le vieil oppidum dont la ville est sortie : ainsi à Bar-sur-Aube, Bar-sur-Scine, Bar-le-Duc, Gondrecourt, etc.

Ce pays bâtisseur a une vie urbaine limitée comme ses ''™ ressources, mais ancienne et fortement établie. On ne le soup-

\iE L'RBAl^E çQ^ncrait pas, d'après la faible densité générale de sa population. Remarquons toutefois que les ressources qu'il possède en propre et dont il peut disposer en faveur des régions voisines sont de celles qui nécessitent par leur volume et leur poids un degré avancé d'outillage commercial. Ce sont les bois, les fers, les pierres à bâtir, les vins. Il faut, pour desservir ce commerce, des ateliers de manijmlation, des entrepôts, surtout de puissants moyens de transport. De là. les efforts précoces pour développer l'usage des rivières. La batellerie ne put guère dépasser jamais Tonnerre sur l'Armançon, Troyes sur la Seine, Saint-Dizier, au seuil, mais en dehors de la zone des plateaux calcaires. Mais sur l'ionne et la Cure, le llottage parvint jusqu'à Clamccy et Arcy. Ce sont les villes du bois; comme Joinville, Yassy, Saint-Dizier sont les villes du fer; Auxerre et Tonnerre celles du vin et des belles pierres. Il est vrai que spécialisées dans un genre particulier de travail et de trafic, elles sont des étapes plutôt que des centres. Elles semblent plutôt faites pour transmettre le mouvement que pour en être le but ; mais ainsi précisément s'exprime la solidarité naturelle qui unit les différentes parties du Bassin parisien et les complète les unes par les autres.

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