I. HISTOIRE DU SOL DANS LA REGION PABISIE.NNE. || II. RAPPORT
AVEC LA TOPOGRAPHIE. /. LA BRIE. I. VALLÉES DE LA BRIE. || II. LE CIRQUE
PARISIEN. //. LA VALLÉE DE L'OISE DANS LA RÉGION PARISIENNE. I. ZONE FORESTIERE
ET MARÉCAGEUSE. || II. ANCIENNES FRONTIÈRES POLITIQUES. ///. I£,17/V. IV. SABLES.
GRÈS ET FORÊTS AU SUD DE LA SEINE. I. HUREPOl.X.
IVrOUS voici ramenés par le cours des rivières à la région où
HISTOIRE l-^ s'est formé Paris. La Marne et la Seine s'y réunissent,
DU SOL l'Oise ne tarde pas à les rejoindre. Ces rivières sont les héri-
DANS LA RÉGION tièrcs des courants diluviens venus du Nord, de l'Est et du
PARISIENNE Sud.Est, qui Ont eu à labourer dans là région parisienne une
des successions les plus diverses qu'on puisse imaginer de
couches sédimentaires ' .
Depuis l'argile plastique, la plupart des formations que nous avons rencontrées dans la partie septentrionale de la région tertiaii'e sont représentées dans la région parisienne. La mer oii vivaient les fossiles que rendent familiers à nos yeux les pierres des constructions parisiennes (le « calcaire grossier ») a même sensiblement dépassé Paris vers le Sud. Puis, après une nouvelle transgression de sables marins, le régime est devenu différent. De grands lacs d'eau douce ont formé des couches de travertin. Ces lacs se sont à leur tour transformés en lagunes, qui par évaporation ont déposé le gypse ou sulfate de chaux dont elles étaient chargées. Grâce à ces argiles, à ces calcaires et à ces gypses, Paris a trouvé surplace tous les matériaux dont il avait besoin '.
1. Voir la succession des étages de la région tertiaire (fig. 45, p. 97).
2. L'argile plastique est exploitée à Ivry-sur-Seine et à Issy. Dans le calcaire sont entaillées les carrières, dites catacombes, du quartier du Luxembourg. Le gypse se montre dans les coteaux de La Villette, de Romainville, etc.
La France du Nord. livre premier, h
Les vicissitudes persistèrent pendant la période oligocène. De nouveau une période lacustre succéda à la phase lagunaire : c'est au fond de lacs d'eau douce que se déposèrent les travertins qui constituent les plateaux de la Brie. Enfin, par un revirement inattendu, au moment où l'on pouvait croire la région définitivement émergée, la mer reconquiert le domaine qu'elle semblait avoir perdu. Elle vient toujours de la direction du Nord ; mais cette fois elle pénètre plus loin vers le Sud qu'aucune transgression marine antérieure. La zone de sables qui s'étend de Fontainebleau à Rambouillet indique les limites qu'elle a atteintes. C'est la dernière des invasions marines qu'ait connues la région parisienne. Elle fut remplacée par ces lacs d'eau douce qui prirent vers le Sud une extension très considérable, et dont les dépôts ont formé le calcaire de Beauce.
Il était nécessaire de retracer cette histoire. Si diffé-
RAPPORT rentes que paraissent les scènes qu'elle évoque devant l'esprit,
/^VEC leurs vestiges n'en constituent pas moins les éléments de la topo-
LA TOPOGRAPHIE graphie actuelle de la région parisienne. Ils se traduisent dans
les formes, les cultures, les positions de villages ou de villes.
On distingue, par échelons successifs, la composition du sol sur laquelle se
sont exercés les courants diluviens, le bloc complexe qu'ils ont dégrossi et
façonné. Car ce sont ces puissants sculpteurs qui finalement ont introduit
dans cette matière le modelé, la ciselure, et donné à la topographie cette
variété minutieuse qui ouvre un jeu si riche aux combinaisons de l'activité
humaine.
L'effort des eaux, là comme partout, s'est arrêté aux roches les plus dures, qu'il a façonnées en plates-formes. Elles constituent le plan de surface. Au-dessous se creusent des vallées dont les bords montrent par tranches l'affleurement des couches inférieures, jusqu'à l'argile plastique qui, par sa consistance imperméable, définit le fond du lit. Au-dessus se dressent, réduits à des crêtes amincies, mais visibles par leurs tranches jusqu'au calcaire de Beauce, les lambeaux des couches supérieures. Vallées, collines et plateaux, autant de faces difiTérentes de l'action des courants quaternaires, s'entremêlent et se croisent dans la topographie parisienne.
De tous côtés, au Nord comme au Sud, à lEst comme à l'Ouest, le plateau entre dans la physionomie de la région parisienne. Il forme l'encadrement de la dépression que la convergence des courants a modelée entre Meaux et Corbeil en amont, Poissy en aval. Ces plateaux diffèrent, d'ailleurs, entre eux. Au Nord s'élèvent lentement les sèches plates-formes du travertin lacustre qui constituent le Valois. Au Sud, c'est par lambeaux seulement qu'apparaissent les hautes plaines qui ne prendront leur développement qu'après Etampes, sous le nom de Beauce. A l'Ouest, les belles rampes calcaires que traverse l'Oise avant son confluent annoncent le Vexin ; tandis qu'à l'Est, le plateau compact à travers lequel la Marne et la Seine ont dû