RELIEF ET HYDROGRAPHIE DE LA CRAIE EN CHAMPAGNE
EUSAyTS qui bordent, pns de Sms, la valtce de t ement n'entame le modelé. Les pentes dessL allongent les champs, sans qu'on aperçoive entre eux
oniie. lue tranchée laisse i-oir la craie; mais auci nt un profil sensiblement concave, le long duqu '■ fossés, ni arbres. Phot. de M. de Uartonne (Fig. 66]
L£.s EAUX qui regorgent dans les vallées de la craie, aussitôt que celles-ci atteignent une certaine profondeur, furent jadis utilisées pour ta défense des villes : tel fut le cas pour Trot/es et Châlons. t'htîlons s'était retranché dans le lacis des ramifications de la Marne et de ptitsieurs affluents. Vn plan de 1155.
conservé au Musée, montre comment ces bras fluviaux, devenus en partie souterrains, divisaient les principaux quartiers. Parmi les rares témoins de cet aspect.
on pouvait citer naguère ce pont, remanié depuis. Il se trouve à l'angle nord-ouest
de la ville, qui la sillo.
entre
l'église yotre-Dame là gauche) et la tour de Saint- Alpin (à droitel.
Pliot. LOvy (Kig. 67)
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ciiAPiTHE III Le Bassin Parisien en Amont de Paris.
l'autre. Autrefois toutes rustiques sous le chaume qui les enveloppait presque, elles se transforment aujourd'hui en maisons de briques, mais le site reste le même, entre les prairies qui tapissent le lit largement plat de la vallée et les champs qui se déroulent en minces bandes perpendiculaires. Quoique souvent tourbeuses, les prairies suffisent à l'entretien d'un bétail qui permet, à son tour, d'amender les parties voisines de vallées. Mais celles-ci sont rares ; des déserts de lO à 20 kilomètres s'étendent dans l'intervalle des rivières convergentes.
Ce mode de répartition suggère l'explication d'une chose DUALISME ^^^ peut sembler contradictoire. La Champagne est une région HisTORiQL'E géographique des mieux tranchées, dont l'unité a été depuis DE LA longtemps reconnue. De Reims à Sens, même sol à peu près et CHAMPAGNE même aspect. C'est une grande arène découverte par laquelle des invasions ont pénétré jusqu'au cœur de la France. Mais historiquement elle n'a jamais été une unité ; un dualisme a prévalu. On ne s'en étonne pas, quand on voit à quelles règles les établissements et les rapports humains y ont obéi. Ils suivent exclusivement les rivières, et celles-ci, conformément à la loi des terrains perméables, sont rares, et en outre presque parallèles. Le long des rivières les villages se touchent et se confondent presque ; entre elles régnent des intervalles solitaires. C'est ainsi que l'espace entre la Marne et l'Aube fut la marche frontière des Rèmes et des Sénons, comme plus tard des archevêchés de Reims et de Sens. La Champagne du Nord, celle de Reims, comme dit Grégoire de Tours', suit des destinées à part : elle touche à la Picardie, lui ressemble par la forme de ses maisons de culture aux grandes cours intérieures. Les monuments d'époques préhistoriques montrent d'étroits rapports avec la Belgique, presque pas avec la Bourgogne. Ses destinées plus tard sont liées à celles de la grande région picarde. Au contraire, le faisceau des rivières méridionales a son centre pohtique à Troyes : il est en rapports, par les passages de l'Auxois, avec la Bourgogne et le Sud-Est. Là circulent les marchands venus du Rhône et de l'Italie. C'était à Troyes, Arcis-sur-Aube, Provins et Lagny que se tenaient les fameuses foires, se succédant les unes aux autres comme un marché permanent. Cette partie de la Champagne se relie à la Brie et gravite vers Paris. Par les rapports naturels, comme dans les anciennes divisions politiques, l'autre gravite vers Reims et les Pays-Bas.