La Fraternité Sacerdotale et ses Œuvres diverses
La Congrégation de la Fraternité Sacerdotale est née de l’amour du Prêtre et de ses besoins. Il existait des Œuvres pour toutes les classes de la société et pour le soulagement de toutes les misères physiques, morales et spirituelles ; ne convenait-il pas que le Clergé ait aussi la sienne? Ne fallait-il pas une Œuvre spéciale qui fît du Prêtre de Jésus-Christ et de ses divers besoins, son but unique et sa raison d’être?
Avant de rien entreprendre dans une Œuvre de cette importance, l’humble inspirateur de ce projet se rendit à Rome pour le soumettre à l’examen du Souverain Pontife. Léon XIII fit un accueil très bienveillant à la fondation projetée et chargea un membre
du Sacré Collège d’en étudier les moyens de réalisation ; puis il remit au Fondateur, dans une longue audience privée, le 17 février 1901, un Rescrit d’ap- PROBATION signé de sa main, dans lequel il donne officiellement le nom de la Congrégation nouvelle.
But
La fin de la Congrégation, vouée et consacrée au Clergé, est d’honorer et de glorifier Jésus dans ses Prêtres : en formant des adorateurs en esprit et en vérité, qui intercèdent sans cesse, au pied du Très Saint Sacrement exposé, pour la sanctification de tous les Prêtres du monde, et en procurant aux Prêtres du Seigneur des apôtres zélés et infatigables qui se dévouent à tous leurs besoins, de quelque nature qu’ils soient.
La Congrégation accomplit ce beau et noble ministère en fondant des maisons sacerdotales de diverses catégories : pour les Prêtres vieillards, malades, infirmes, retirés du ministère pour une raison quelconque, etc., afin de leur assurer une retraite honorable et des soins particuliers en rapport avec leur dignité sacerdotale ; pour les Confrères malheureux qui ont besoin de passer un certain temps dans la retrake et la prière ; pour les Ecclésiastiques en voyage, dans les grands centres, afin de leur éviter les inconvénients des hôtels et leur procurer les avantages d’un milieu sacerdotal.
APERÇU GÉNÉRAL
L’exposition diurne du Très Saint Sacrement et les solennités du culte sont comme la vie de tous ces pieux asiles du Sacerdoce, où l’on s’efforce de faire régner la paix, la joie, la charité et, par dessus tout, l’amour de Dieu.
Les autres formes d’apostolat de la Congrégation auprès du Clergé sont les retraites privées qu’elle ✓ facilite aux Prêtres dans ses Cénacles , la prédication des retraites ecclésiastiques et des retraites dans les grands et petits Séminaires, les associations de prière et autres, les œuvres d’étude et de secours temporel, les publications sacerdotales et, en général, tous les genres d’apostolat propres à sanctifier et à secourir le Prêtre, ou à l’aider dans* son ministère, ou à répandre parmi les fidèles l’amour et le respect du Sacerdoce.
Nécessité et Opportunité
Dès le commencement, le projet d’une Congrégation exclusivement vouée au Clergé a rencontré de grandes sympathies et de hautes approbations. Il n’y eût qu’une voix parmi les Prêtres et les fidèles pour reconnaître la nécessité et l’opportunité d’une telle Institution.
A Rome, d’éminents et saints personnages, persuadés que Dieu en voulait le prompt établissement, s’en firent les apôtres et les protecteurs. Un Prince de l’Eglise disait dès lors : « Je crois fermement que l'heure est venue de susciter dans l’Eglise cette Œuvre si
nécessaire qui sera le couronnement de toutes les œuvres de charité » ; et le Pape Léon XIII, dans son Rescrit, dit expressément que « ce projet semble répondre aux . volontés du Dieu très miséricordieux ».
Plusieurs raisons, tirées de l’essence et de la cons-
titution mêmes de l’Œuvre, ont été de nature à maintenir Pespérance dans son plein succès. La première est la fin qu’elle se propose : de se consacrer exclusivement au Clergé, et, par tous les moyens possibles, de travailler au soulagement, à la sanctification et au salut des Prêtres.
La deuxième est son caractère A’ universalité : il s’agit du Prêtre, ou mieux de Jésus dans le Prêtre, abstraction faite de tout autre caractère et de toute nationalité. La troisième vient de son organisation ; ce n’est pas une Œuvre isolée, qui s’appuie sur un homme et est exposée à disparaitre avec son fondateur, mais une Œuvre qui repose sur les bases solides de l’état religieux et dont la perpétuité est assurée tant par le nombre des sujets que par l’unité de formation et de direction ; au service de ce qu’il y a de plus grand : le Prêtre, l’Œuvre met ce qu’il y a de plus parfait : la Vie Religieuse. La quatrième, enfin, qui apporte un couronnement à la beauté et à la vie de l’Œuvre, est Y Exposition diurne du Très Saint Sacrement et l’adoration régulière faite par tous les Religieux.
Comment, avec un tel but, en face de nécessités aussi grandes, sous l’inspiration d’un semblable esprit
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de foi et de dévouement pour les Prêtres du Seigneur, ne point arriver infailliblement au succès ?, Par respect et par amour pour Jésus au Très Saint Sacrement; le Prêtre est celui que nous devons le plus aimer, au service de qui nous devons nous dévouer et nous sacrifier avec le plus d'empressement et de générosité. 11 est le Ministre de Jésus, il en a reçu la divine mission, il en possède la puissance et doit en refléter la sainteté. Il personnifie Jésus dans
le monde, et nous devons le traiter comme un autre
Jésus-Christ. ,
Dès lors, c’est un besoin et un devoir de lui rendre tous les services que l’on rendrait à Jésus lui-même.
L’amour du Sacerdoce, de même que l’amour de Jésus, est de nature à susciter des héroïsmes. Animée de cet esprit d’amour, la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale offre aux vétérans du Sacerdoce, aux malades et aux infirmes, aux repentants, aux nécessiteux et à tous ceux qui ont besoin de solitude et de repos, des asiles où ils sont à l’abri des soucis et
même des nécessités, où ils trouvent un milieu en
harmonie avec leur caractère sacré et où ils sont aimés et traités comme des frères par leurs frères, tamquam fratres a fratribus , selon la belle expression
de Léon XIII.
Pour eux, les Membres de la Congrégation se font des compagnons assidus, des amis fidèles, des frères affectueux, des apôtres zélés, d’humbles serviteurs, des gardes-malades pleins de charité, des aides dé-
voués, prêts à les secourir dans leurs besoins personnels de tout genre, ainsi que dans l’exercice de leur saint ministère. *
Esprit
C'est dans un grand esprit d’amour, d’humilité, d'abnégation et de charité que se sanctifient et accomplissent leur mission tous ceux que la divine Providence appelle à une si haute vocation.
Ils sont animés envers les Prêtres du Seigneur d’un grand amour, d’un profond respect et d’un dévouement absolu, voyant Jésus en leur personne, se regardant comme leurs heureux serviteurs et mettant tout leur bonheur à se dépenser et à se sacrifier pour eux, afin de les soulager, de les sanctifier et de les sauver.
Honorer, aimer, glorifier Jésus dans ses Prêtres, par leurs prières constantes, leurs sacrifices, leur dévouement et leur charité à toute épreuve : telle est la vie d’un Membre de la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale, dont le nom seul exprime la nature et l’esprit.
C’est dans le Cœur du Souverain Prêtre en l’Eucharistie, foyer de l’amour et source de toute sainteté, que tous puisent les vertus de leur sainteté personnelle et les grâces de leur apostolat, allant de Jésus aux Prêtres, pleins de zèle et de dévouement
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et forts de leur noble devise : Chantas fraternitatis maneat in nohis.
« Pour travailler à la sublime mission de la sanctification et du salut des Prêtres — disent les Constitutions — les « nôtres » doivent s’étudier avant tout à être des hommes intérieurs ; ils s’appliqueront donc à se remplir de l’esprit et de l’amour de Jésus avant de chercher à Le communiquer aux autres.
«Que l’esprit de prière, qui forme comme l’atmosphère de nos maisons d’adoration, les accompagne partout et les fasse vivre dans une union toute d’amour avec Jésus dans l’Eucharistie. »
Après Jésus dans l’Eucharistie, ils n’ont point de dévotion plus tendre que celle de la Très Sainte Vierge, qu’ils honorent tout particulièrement comme la Reine du Clergé et Ta Mère des Prêtres. C’est par Marie qu’ils vont à Jésus ; à son école ils apprennent à devenir des adorateurs en esprit et en vérité, en même temps que des apôrres ardents et généreux des intérêts de Jésus dans les âmes sacerdotales.
Moyens et Genre de vie
La Congrégation se compose de Peres pour la partie spirituelle et de Frères convers pour la partie matérielle.
Les vœux émis dans la Congrégation sont les vœux simples de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Après deux ans de noviciat et trois années consé-
cutives de vœux temporaires, les uns et les autres sont admis à la Profession perpétuelle.
La Congrégation admet toutefois des Prêtres et des Frères Auxiliaires , lesquels ne font pas de vœux, mais simplement une promesse, après une année de probation passée dans une maison quelconque de l’Institut ; ils font partie de la famille à titre d'Oblats, sont soumis au meme règlement et se dévouent dans l obéissance aux mêmes œuvres ou emplois que les Religieux proprement dits.
Le Noviciat est à Rome, ainsi que le Scholasticat pour ceux qui se destinent au Sacerdoce. Il y a toutefois des maisons d'étude distinctes pour ceux qui sortent de l’Œuvre annexe, dite des Vocations tardives. Ces derniers sont Membres de la Congrégation au même titre que leurs frères et passent par les mêmes étapes de formation, mais ils suivent des cours particuliers proportionnés a leur âge.
U adoration diurne devant le Très Saint Sacrement exposé se fait depuis cinq heures et demie du matin jusqu’à neuf heures du soir. Chacun fait une heure et demie d'adoration par jour, en deux fois, à des heures fixes ou mobiles suivant les emplois. Les Pères et les Frères scholastiques psalmodient l’Office divin devant le Très Saint Sacrement exposé.
Les Constitutions , dans le chapitre l)u culte eucharistique , s’expriment ainsi :
« Jésus au Très Saint Sacrement étant le centre du culte dans la sainte Eglise, et les «nôtres* faisant
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en outre profession de L'honorer d'une manière spéciale par leur vie d'adoration, il convient que le culte de l'Eucharistie soit toujours solennel dans nos Cénacles.
« On fera donc en sorte que tout converge vers la plus grande gloire extérieure du Très Saint Sacrement dans nos solennités publiques, et qu'ainsi la foi et l'amour envers cet auguste Mystère soient développés dans les âmes.
« On aura également en vue le bien spirituel des ' Prêtres demeurant dans nos Cénacles, lesquels trouveront dans ce culte extérieur un puissant secours à leur piété et une douce attraction. »
Le culte liturgique es.t en honneur dans la Congrégation. Les cérémonies et les chants y sont l'objet cl'un zèle particulier. Le trône de l’Exposition du Très Saint Sacrement est entretenu le plus richement possible et toujours orné de fleurs naturelles. La Messe et les Vêpres sont fréquemment chantées, et le Salut du soir revêt toujours un cachet de grande solennité. Tout, en un mot, gravite autour de la Personne adorable de Jésus au Très Saint Sacrement, aux pieds duquel les Religieux et les Prêtres hospitalisés sont constamment conviés.
Tous les talents, comme toutes les aptitudes et tous les attraits, peuvent trouver à s'exercer dans cet Institut, où les ministères sont si variés et les concours à procurer aux Prêtres si nombreux : tels, l'amour de la prière et de l'étude, le zèle des âmes,
to
le culte de la sainte liturgie, le goût de la musique et des arts, le talent de la parole ou de la plume, de même que la charité pour les malades ou les vieillards, la compassion pour les malheureux, le don de la direction et les dispositions particulières pour les diverses branches de savoir ou les oeuvres variées d'apostolat pouvant être utiles aux Prêtres séculiers. La Congrégation de la Fraternité Sacerdotale offre donc a toutes les bonnes volontés un moyen facile de s’employer fructueusement au service des Prêtres du Seigneur.
Elle facilite, en outre, l’admission des sujets de tout âge. depuis douze ans jusqu'à cinquante, soixante et plus. La santé n’est pas davantage un obstacle pour ceux qui sont déjà Prêtres. L’Institut, ouvrant des maisons pour les Prêtres malades et vieillards, admet dans son sein, à titre de religieux, ceux qui sont appelés à une semblable vocation, sans tenir compte de l'âge et des infirmités. Un sujet qui ne pourrait faire que l'adoration du Très Saint Sacrement, serait par là même d’un précieux secours a la Congrégation.
La première et principale qualité requise pour en faire partie est un amour ardent et généreux pour Jésus et les Prêtres, joint à l'esprit de sacrifice et de renoncement.
" L'apostolat de la Congrégation auprès des Prêtres — lisons-nous dans les Constitutions — étant comme l'épanouissement de leur amour pour Jésus Souverain Prêtre au Très Saint Sacrement, les "nôtres// ne le doivent accomplir que dans un prolond esprit
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de charité et d'humilité, se reconnaissant indignes d’un tel honneur et étant prêts à tous les travaux pour prouver aux Prêtres du Seigneur leur amour et leur dévouement.
« Qu’ils se réjouissent d’un si glorieux office et qu’ils honorent les Prêtres comme leurs seigneurs et leurs maîtres, se pénétrant de l’esprit du Sacerdoce de Jésus qui est un esprit d’amour et de sacrifice. »
La vie de régularité dans la soumission et l’obéissance, une profonde charité les uns pour les autres, la fusion des esprits et des cœurs dans l’unité de doctrine et de direction, l’esprit surnaturel qui anime toutes les actions et la pratique des vertus dans la dilatation des âmes, font des Cénacles autant de véritables sanctuaires où règne un remarquable esprit de famille et où chacun s’efforce de glorifier Jésus, le Souverain Prêtre, par le travail généreux de sa sanctification. Ce caractère distinctif de la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale , ajouté à la sublimité de son but, est un attrait de plus pour ceux qui se sentent attirés à se consacrer à Jésus-Eucharistie et à ses Prêtres.
Pratiques et prières ep usaâe dans la Con^ré^atiop
Invocation que l’on récite à genoux et tourné vers le Très Saint Sacrement, lorsque l’heure sonne, ainsi qu’avant et après les exercices :
Tkmor, Iaus ac perennis gloria Jesu Sacerdoti et Victimæ in Sanctissimo altaris Sacramento.
Benedicta sit Virgo Deipara Immacvlata, Regina Cleri et nostra dulcissima.
Salut que se Font les Religieux, lorsqu’ils ont à se causer. L’arrivant ou le partant dit : Laudetur Jésus Sacerdos ; et l’autre répond : Et Regina Cleri.
Courte prière que chaque religieux fait, avant de sortir , dans sa visite au Très Saint Sacrement :
Domine Jesu, averte oculos meos ne videant vanitatem.
Invocation de charité sacerdotale, que l’on chante souvent après le Salut du Très Saint Sacrement :
Domine Jesu, fons totius Sacerdotii et charitatis, fac ut charitate fraternitatis invicem diligamus.
Intentions spéciales dans la récitation quotidienne du chapelet :
ire dizaine pour le Pape ; 2me pour les Evêques et les Prêtres ; 3me en réparation des fautes du Sacerdoce ; 4me pour la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale et l’Œuvre-sceur des Oblates de Béthanie ; 5me pour les âmes du purgatoire, particulièrement les âmes sacerdotales.
Chaque religieux fait un jour de réparation, par semaine, pour le Clergé ; — pendant lequel il offre, à cette intention, toutes ses actions, multiplie ses sacrifices et redouble de ferveur.
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L’adoration nocturne se fait à l’intention des nouveaux Ordinands, pendant les trois jours des Ouatre-Temps.
Les Prêtres célèbrent avec une ferveur particulière
le jour anniversaire de leur Ordination Sacerdotale.
Tous les ans, la Congrégation est solennellement consacrée à Jésus Prêtre, le Jeudi Saint ; à la Très Sainte Vierge, le 8 Décembre ; à Saint Joseph, le 19 Mars. Le Jeudi Saint, en outre, auprès du Reposoir, le Père Supérieur de chaque maison ht une amende honorable sacerdotale.
Quelques extraits de la Prière pour obtenir des vocations :
... O Jésus, Prêtre éternel, envoyez des ouvriers à l’Œuvre sortie de votre coeur, que Vous seul avez inspirée et établie, et dont l’unique ambition est de Vous glorifier par la sainteté de ses Membres, la sanctification et le salut de vos Ministres. Dirigez vers nous des vocations sérieuses et surnaturelles, que Vous aurez Vous-même choisies et préparées au sublime apostolat auprès de vos Prêtres bien-aimés . . .
O Jésus, Prêtre et Victime au Très Saint Sacrement, je Vous en conjure par l’éternelle charité dont Vous êtes embrasé pour votre divin Père et par l’amour que Vous portez à vos Prêtres, suscitez à la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale des vocations nombreuses, des Prêtres selon votre Coeur, dont la générosité soit pour Vous une consolation, pour nous une force et un gage de succès. Que tous, dans le présent et dans l’avenir, soient animés d’un grand désir de leur perfection ; qu’embrasés d’amour pour Vous et
pour vos Prêtres, ils apprennent à s’oublier eux-mêmes, à se renoncer en tout et à se montrer toujours prêts à tous les sacrifices quand il s’agit de vos intérêts dans les âmes sacerdotales.
Qu’ils fassent de Vous seul, ô Jésus, leur centre de vie, ne désirant et n’aimant rien en dehors de Vous, se souvenant toujours que Vous êtes la vigne et qu’ils en sont les branches, et que de leur fidélité à Vous rester unis dépend la fécondité de leur ministère.
O Jésus, mon adorable et divin Traître, regardez votre Œuvre d’un oeil favorable ; faites que tous ses "Membres établissent en Vous leur demeure ; gardez-Ies fidèles ; sanctifiez-Ies dans la vérité ; unissez-Ies dans votre amour par les liens d’une inaltérable charité et une complète unité d’esprit et de cœur ; et que l’amour éternel dont Vous aimez votre divin Père demeure en eux à jamais. Amen.
Court historique
La volonté de Jésus sur l’Œuvre nouvelle s’étant clairement manifestée par l’Approbation exceptionnelle de Léon XIII dans son Rescrit en date du 11 lévrier 1901, le Fondateur se mit aussitôt à la rédaction des Constitutions. Le Pape l’avait encouragé à faire ce travail à Rome même, et il avait daigné désigner un Cardinal pour l'examiner. Lorsque le texte lui en fut présenté, dans une deuxième audience, Léon XIII se montra tout heureux de voir que la Congrégation aurait, dès l’origine, des Statuts qui seraient sa force et sa vitalité.
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Entre temps, en la solennité du Jeudi Saint, le Fondateur fit, au Vatican et entre les mains du Cardinal Vives représentant le Pape, une Consécration solennelle par laquelle il s’engageait à travailler jusqu’à la mort à l’établissement et au développement de la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale. Ce qui faisait dire au pieux Cardinal, après la cérémonie : « Mon Père, vraiment votre Œuvre est fondée sur la Papauté. »
La Congrégation fut fondée à Paris, le 8 Septembre 1901, en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. Cette fondation n’eut rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’elle fut faite comme par enchantement et que dès la première heure on y sentit l’assistance divine d’une manière singulière. Jésus qui avait multiplié ses orrâces et ses bénédictions dans la Ville Eter-
nelle, les continua sur le théâtre de la fondation. C’est Lui qui visiblement dirigea les évènements, aplanit les difficultés, prépara les esprits et les cœurs et donna aux démarches un succès tellement rapide que, dans douze jours de temps, le local fut trouvé, la maison meublée, la chapelle aménagée, et que la petite communauté fut pourvue de tous les objets nécessaires, par des dons offerts d’une façon extraordinaire et parfois dans des circonstances touchantes.
Chose remarquable, le dernier locataire de l’immeuble loué était un Evêque vieux catholique, dont la consécration épiscopale avait de fortes apparences de validité, qui avait fait deux ordinations sacrilèges
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dans le salon converti en chapelle. Depuis un an et demi qu'il était parti, l'immeuble n’avait jamais pu être loué ; il allait l’être toutefois, et il ne manquait plus qu’une signature à donner, lorsqu’une difficulté imprévue empêcha le contrat. Jésus, dans sa sagesse et sa bonté, avait réservé cette maison comme berceau à une Œuvre vouée tout entière à la sanctification et à la réparation sacerdotales.
Commencée dans la pauvreté, la Congrégation a poursuivi son Œuvre sans aucun secours humain assuré. Bien plus, par pur esprit de foi et confiance absolue en la Providence, le Fondateur s’est interdit, dès l’origine, de ne jamais rien demander à personne, laissant à Jésus seul le soin d’inspirer qui il Lui plairait ; et toujours Jésus est venu à son aide au moment opportun, et par des secours proportionnés à ses besoins.
Pendant quinze mois, les premiers sujets se préparèrent dans la solitude et la prière à leur futur ministère. Avant d’entreprendre aucune œuvre d’apostolat, ils s’employèrent à une formation sérieuse par la pratique des vertus religieuses, l’étude des Constitutions et la vie d’adoration. Léon XIII, qui avait demandé au Fondateur de le tenir au courant de tout ce qui concernerait l’Œuvre, leur envoya à plusieurs reprises de nouvelles bénédictions.
Ses Successeurs ne se montrèrent pas moins favorables. Dès qu’il connut l’Œuvre, Pie X daigna honorer le Fondateur d’un IWej plein d’éloges
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et d’encouragements. Six mois après, il l’appela à Rome pour y établir l’Institut, et l’y aida puissamment. L’année suivante, il mit une seconde maison à sa disposition, en vue de l’établissement projeté du Noviciat ; puis il lui suggéra l’idée d’en fonder une troisième aux portes de Rome, sur le Monte Mario. Cette nouvelle fondation se fit quelque temps après, dans un site enchanteur, et Pie X ne cessa d’y porter intérêt ; elle abrite des Prêtres âgés, malades, au repos, et est devenue un centre de retraites spirituelles en même temps qu’un rendez-vous d’agréable délassement pour le Clergé, depuis les Cardinaux jusqu’aux Séminaristes.
Benoît XV, quelques semaines après son élévation au Pontificat, envoya, de lui-même, une Lettre d’encouragement au Supérieur de Rome. En plusieurs circonstances, il exprima sa grande estime pour la Congrégation et lui en donna des preuves manifestes. Quelques mois avant sa mort, il posa un acte d’une exceptionnelle bonté qui est une précieuse protection pour l’Œuvre dans la Ville Eternelle.
Sa Sainteté Pie XI, dans une longue audience accordée au Fondateur, en Juin 1922, se renseigna soigneusement sur l’Institut, dont il apprécia hautement le but, l’esprit et les moyens d’action. Il promit dès lors de s’y intéresser vivement et exprima le désir de voir se fonder bientôt une quatrième maison en Italie, pour y faire l’œuvre de réhabilitation, comme la Congrégation le fait depuis longtemps en France. Un mois après', de son propre mouvement, il envoya
au Fondateur la belle Lettre d’approbation qu'on lira plus loin.
De nombreux Evêques ont exprimé leur admiration pour l’Œuvre, dont ils reconnaissent la nécessité et l'urgence. Plusieurs ont eu recours à son ministère et lui ont confié leurs Prêtres. Un très grand nombre d'Evêques et de Prêtres, de tous les pays, ont séjourné dans les deux maisons d'hospitalisation à Paris et à Rome.
Sollicitée par les Evêques de divers pays d’Europe et d’Amérique, la Congrégation attend l’heure de Dieu pour y établir des maisons sacerdotales. Plusieurs de ses membres sont déjà partis pour le ciel et ont laissé des vides qu'il appartient à la Providence de combler. Le courant de vocations qui s'est déclaré dans les derniers temps laisse augurer beaucoup de l’avenir. A Jésus d’inspirer et de conduire à maturité les vocations qu’il a choisies.
Œuvres annexes
Pour aider au recrutement des vocations, la Congrégation a pensé à fonder deux Œuvres annexes : celle des Vocations tardives et celle du Juvénat ; auxquelles il faut ajouter l'Œuvre des Petits Pages du Très Saint Sacrement.
Vocations tardives . — Les jeunes gens qui ont dépassé l’âge régulier des études et qui se sentent un
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attrait particulier pour le Sacerdoce et le genre de vie de la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale , sont reçus dans des maisons spéciales où ils se livrent à des études préparatoires, avant d'entrer au Noviciat. Après leur noviciat, ils suivent des cours particuliers plus succincts, en rapport avec leur âge et leurs capacités intellectuelles.
Benoît XV appréciait beaucoup cette Œuvre et y a même eu recours en faveur d’une vocation de 40 ans à laquelle il s’intéressait.
Juvénat . — De même, la Congrégation reçoit des enfants, à partir de onze à douze ans, qui donnent des signes particuliers et des espérances fondées de vocation. Elle se charge de leur instruction ; et si, à l’âge canonique, ils en sont jugés dignes et ont donné jusque-là des garanties sérieuses de persévérance, ils sont introduits au Noviciat, après lequel ils poursuivent leurs études au Scholasticat. Ces enfants doivent avoir été élevés dans des familles chrétiennes ; sans quoi ils sont invariablement refusés, l’expérience ayant montré l’importance capitale d’une première éducation chrétienne chez ceux qui sont appelés au
Sacerdoce.
Benoît XV avait également encouragé et béni cette Œuvre, qui a déjà donné des fruits.
Petits Pages du Saint Sacrement. — Cette Œuvre a pris naissance à Rome. Pour rehausser le culte dans la Chapelle publique où le Très Saint Sacrement est
exposé tout le jour, la Congrégation agroupé un certain nombre d'enfants et de jeunes gens des bonnes familles des environs et en a fait des « petits clercs » et des « petits chantres » dont la principale occupation est d’entourer le Trône eucharistique, d’y servir les Messes, d’y faire les cérémonies, d’y chanter les Otfices, et, les jours de congé, d’y faire l’adoration du Très Saint Sacrement en compagnie des Religieux adorateurs.
Sérieusement organisée et dirigée, l’Œuvre des Petits Pages du Saint Sacrement a ses statuts , lesquels règlent le recrutement et l’initiation de ses membres, les principaux points de discipline, les jours et heures de réunion, en même temps qu’ils en indiquent le but élevé, l’esprit et les moyens. Une instruction eucharistique quotidienne maintient et développe l’esprit de foi et de piété parmi ces enfants, qui tous prennent l’habitude de la Communion fréquente ou quotidienne et le goût de l’adoration.
Ce groupe d’élite — vraiment remarquable par son maintien et son recueillement devant le Très Saint Sacrement — est un grand sujet d’édification pour les fidèles qui viennent, parfois de loin, pour assister aux cérémonies et entendre les chants.
L'Œuvre a déjà donné des fruits, soit pour le Séminaire soit pour la vie religieuse. L’un d’eux, membre de la première heure, est maintenant prolès dans la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale .
Une Œuvre semblable sera établie partout où la Congrégation aura des chapelles publiques.
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Approbations Pontificales
Rescrit de S. S. Léon XIII
avant la Fondation de la Congrégation
A peine Léon XIII fut-il mis au courant du projet de fondation de la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale , qu’il déclara qu’il approuverait cette Œuvre, tant il en appréciait la grandeur et la nécessité dans l’Eglise ; lui-même ayant tenté un essai de ce genre, en Italie, mais plus restreint et d’ailleurs sans succès.
Cette déclaration formelle et soudaine du Pape ne laissa pas d’étonner grandement son secrétaire, Mgr Tarozzi, le pieux intermédiaire du Fondateur, qui dit ensuite à ce dernier : «C’est là un fait remarquable, car jamais Léon XIII n’accepte sans restriction un projet quelconque, il le discute toujours ; tandis que pour votre Œuvre, il n’a fait aucune objection et n’a cessé d’y être entièrement favorable. »
Lorsque Léon XIII eut pris connaissance de la Supplique qu'il avait fait demander au Fondateur de lui adresser, il résolut d’approuver officiellement l’Œuvre sous forme d’un Rescrit ; faveur très extraordinaire qui, suivant un docte Cardinal, est unique dans Phistoire des Congrégations religieuses, un Pape n’ayant jamais approuvé par écrit une Congrégation avant sa fondation. Une copie de ce Rescrit est conservée dans les Archives du Vatican.
« Votre projet. Cher Fils, semble répondre aux volontés du Dieu très miséricordieux, qui vous appelle à vous dévouer tout entier au bien des Prêtres... Aidé des compagnons que vous réunirez, entreprenez donc avec confiance et avec prudence cette Œuvre, qu'il Nous plaît, en effet, d'appeler du nom de Fraternité Sacerdotale.
« Une Œuvre de cette importance exige de vous et des vôtres une grande humilité et une grande charité : vertus qui découlent toutes pures, toutes vivifiantes du Cœur Sacré de Jésus-Christ Notre Seigneur. Par une prière assidue, implorez-les auprès de Lui et nourrissezles en vos âmes. Gardez-les invincibles en face des difficultés et des critiques. Qu'ainsi, grâce à vous, les fils prodigues soient attirés et amenés, comme des frères par leurs frères, à l'embrassement du Père céleste, à la grande joie de l’Eglise leur Mère.
« A cet effet, soyez assistés par l'immaculée Vierge Mère de Dieu, et accompagnés de la Bénédiction Apostolique, que nous accordons très amoureusement dans le Seigneur à chacun de vous, et à tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, auront par leur concours bien mérité de l’Œuvre. »
Léon XI fl, Pape
Palais du Vatican, / / février 1901.
Bref de S. S. Pie X
deux ans et demi après la Fondation
Dans une première audience, Pie X avait dit au Fondateur qu'il lui donnerait, lui aussi, une Approbation pour son Œuvre ; et quinze jours après il lui envoyait le magnifique Bref qu’on va lire. Lorsque
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le Fondateur alla l’en remercier, le Pape répondit humblement : «Je n’ai fait que mon devoir». Détail significatif : le secrétaire, aujourd’hui nonce, qui avait travaillé à la rédaction du Bref, dit au Fondateur, en le voyant : « Ah ! voilà une Œuvre que le Pape estime ! Habituellement Pie X indique sa pensée de vive voix, cette fois il a tenu à me donner des notes par écrit, en me disant : Faites-moi un beau Bref ; et lorsque je lui portai une première rédaction, il fit lui-même les corrections. »
Pie X Pape
« Bien-aimé Fils, salut et bénédiction apostolique.
« Le zèle ardent qui vous anime et qui a paru avec éclat dans la préparation et la fondation d’une Œuvre honorée par Notre prédécesseur, d’heureuse mémoire, Léon XIII, d’un éloge particulier, Nous a pénétré d’un sentiment de joie intime... Se peut-il piété ou charité plus agréable à Notre cœur ? Oh î puisse la Bonté divine vous venir en aide, à vous qui avez mis la main à si noble et si utile entreprise ! Autant qu’il est en Nous, il ne vous manquera certes, ni encouragement pour l’accomplir, ni à choses faites, approbation.
« Poursuivez donc avec ardeur, Bien-aimé Fils, une œuvre si heureusement commencée, et comptez sur des louanges de Notre part, toutes spéciales et d’ailleurs bien méritées... Nul doute que Dieu ne vous en récompense, Lui l’auteur du très saint Sacerdoce et le très vigilant gardien de ses Ministres.
« Nous, cependant, Nous appelons sur vous l’abondance des grâces célestes, et, comme gage de ces grâces,
et en témoignage aussi de Notre bienveillance, Nous vous accordons très spécialement dans le Seigneur, à vous et à vos collègues, la Bénédiction Apostolique.
« Donné à Rome, auprès de Saint-Pierre, le 25 avril 1904, de Notre Pontificat la première année. »
Pie X, Pape
Lettre d Approbation de S. S. Benoit XV
adressée au R. P. Supérieur dû Cénacle de Rome
Malgré les grandes et tristes préoccupations qui assaillirent le commencement de son Pontificat, Benoit XV voulut donner une marque d’estime et un premier encouragement paternel a la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale , que ses Prédécesseurs avaient entourée de tant de prédilections.
Secrétairerie d’État
de Sa Sainteté Du Vatican , 8 Novembre 1914
Mon Révérend Père,
Je vous remercie cordialement de la lettre que vous avez bien voulu m’adresser ces jours derniers avec la copie de la Lettre-Mémoire à Sa Sainteté.
L’auguste Pontife, qui a pris Lui-même connaissance avec intérêt de ce compte-rendu de l'Œuvre de la Fraternité Sacerdotale à Rome, vous félicite du bien que vous faites dans l’ombre et le silence en faveur du Clergé, en faveur des Ministres de Jésus-Christ.
APERÇU GÉNÉRAL
Avec ses encouragements paternels et comme gage des bénédictions célestes, Sa Sainteté vous envoie de tout cœur pour votre R. P. Supérieur Général, pour vous et pour les membres de la Fraternité Sacerdotale la Bénédiction Apostolique implorée.
P. Card. Gasparrï
Au R. P. Foy
Supérieur de la Fraternité Sacerdotale Rome
Lettre d’ Approbation de S. S. Pie XI
quelques mois après son élévation au Souverain Pontificat
Dans un court Mémoire adressé au Saint Père, au mois de Mai 1922, le Fondateur de la Congrégation de la Fraternité Sacerdotale donnait une idée générale de l’Œuvre et en faisait connaître l’état actuel. Dans l’audience qui suivit, Pie XI s’y intéressa vivement et combla le Fondateur de bénédictions et d’encouragements. Un mois après, de son propre mouvement, il daigna lui faire écrire la précieuse Lettre suivante.
Secrétairerie d’Etat
de Sa Sainteté Du Vatican , 7 Juillet 1922
Très Révérend Père,
L’intéressant Mémoire par lequel vous avez voulu donner au Saint Siège un court aperçu de l’Œuvre de la Fraternité Sacerdotale inspirée à votre zèle par la divine Providence, dans l’intérêt du Clergé, a fourni au
Saint Père une nouvelle preuve de la belle activité de votre Institution et de l'esprit apostolique dont elle est animée.
Sa Sainteté est heureuse d’ajouter son approbation à celle de ses Prédécesseurs et ses meilleurs vœux pour le plus grand progrès d'une Œuvre qui est déjà si méritante, grâce aux nombreux services qu elle a rendus à l'Eglise dans la personne de ses ministres.
Avec ses encouragements paternels Sa Sainteté daigne vous envoyer, mon Révérend Père, la Bénédiction Apostolique, et Elle bénit volontiers avec vous les membres de votre Institut et toutes vos Maisons.
Je me permets d'ajouter à cet auguste message mes vœux personnels et je saisis volontiers l’occasion qui m'est offerte pour vous assurer, mon Révérend Père, de mes religieux sentiments en Notre Seigneur.
P. Gard. Gasparri
Au T. R. P. Prévost
Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale 12, Via San Martino al "Macao, Rome