I 1 8 LA FRATERNITÉ SACERDOTALE
d’attirer l’attention des âmes sur la Personne adorable de Jésus, vivant au Très Saint Sacrement, et sur son caractère le plus essentiel, inséparable du Sacrifice qu’il renouvelle chaque jour à l’autel, celui de son Sacerdoce. Honorer Jésus en tant que Prêtre, c’est mettre en quelque sorte le couronnement à tou$ les hommages qui Lui sont dûs, c’est Le glorifier dans le titre le plus sublime sur lequel repose et la glorification de son divin Père et le salut du monde.
La dévotion à Jésus Prêtre et Victime semble devoir être le plus bel épanouissement du culte de l’Eucharistie dans la sainte Eglise. L'Œuvre de « Béthanie » s’efforce d’y apporter son humble concours, en groupant les âmes qu’un attrait spécial attire vers Jésus, le Prêtre éternel et la source unique du Sacerdoce catholique.
Il existe, en outre, un courant manifeste et spécial de piété que l’Esprit-Saint a suscité dans les âmes, en ces dernières années : c’est celui de la prière et du dévouement pour les Prêtres. Les âmes ferventes ont compris le devoir qui leur incombe de prier, de souffrir, de se sanctifier et de travailler pour la sanctification et le salut des âmes sacerdotales. Rien ne peut être plus agréable â Jésus, que de se dévouer ainsi pour les âmes qu’il aime le plus et auxquelles Il impose la perfection personnelle avant de l’enseigner aux autres.
Cet esprit est le caractère distinctif de l’Œuvre de « Béthanie ». Tout y est sacerdotal, et dans la fin
qu’elle poursuit et dans les moyens qu’elle emploie pour l’atteindre. Jésus Prêtre dans l’Eucharistie et Jésus Prêtre dans ses Prêtres est le thème habituel des méditations, lectures, conférences, directions et aspirations. On y vit dans la pensée constante du Sacerdoce, on y prie et on s’y immole pour l’amour et la gloire de Jésus dans ses Prêtres. Bien des âmes y trouveront leur voie et la satisfaction de leurs aspirations les plus saintes.
En troisième lieu, la fondation de l’Œuvre des Prêtres en faveur du Clergé justifierait amplement, à elle seule, l’établissement d’une Œuvre-sœur. Cette dernière peut, en effet, la seconder efficacement, tant au point de vue spirituel que matériel : spirituellement, par la vie de prière,, de sacrifice et de perfection, destinée à attirer les bénédictions célestes sur le ministère si varié et si important des Pères ; matériellement, en s’occupant de divers travaux qui sont plus spécialement du ressort de la femme. Sous ce dernier rapport, les vierges sacerdotales de « Béthanie » remplissent en quelque sorte le rôle des saintes femmes à l’égard de Jésus et du collège Apostolique : rôle humble et effacé, mais anobli et grandement méritoire par l’esprit de foi avec lequel il est accompli.