ACTE DEUXIÈME
prières, mais il l’a empêché de venir au bal et l’a mis aux arrêts.
THÉCLA, étourdiment.
Ah! c’est pour cela qu’il était condamné!...
MARGUERITE
Aussi, de toute la soirée, je n’ai adressé au prince ni un mot ni un regard.
THÉCLA
Tu as bien fait.
J’ai dansé avec tout le monde... et lui, pendant ce temps, donnait le bras à la grande-duchesse, sa tante.
THECLA.
Cela lui apprendra.
MARGUERITE
Etau moment où il la reconduisait à sa place, moi, qui suis toujours là, derrière elle, j’ai entendu une conversation à demi-voix que je ne comprenais pas , mais où je vois maintenant qu’il était question de vous, princesse. La grandeduchesse disait : « Il faut d’abord lui plaire, je l’exige. — Je ne peux pas, je n’y entends rien. — Vous prendrez des leçons; j’ai placé pour cela quelqu’un auprès de votre personne. »
THÉCLA
En vérité f
MARGUERITE
. Et l’on a prononcé le nom du baron Galaor. Le connaissezvous?
THÉCLA
Très-bien. H nous arrive de la cour de France. Un ex-séducteur retiré, qui exerce toujours, et qui, la saison dernière, aux eaux de Bade, se permettait des regards... malheureux.
MARGUERITE
Est- il possible?
THÉCLA, souriant.
Bah! aux eaux, l’on n'a rien à faire.
MARGUERITE
Vous vous êtes fâchée?
J’ai fait mieux, je ne m’en suis pas même aperçue.
MARGUERITE
11 parait que, nommé par la grande-duchesse précepteur denotre prince mathématicien , il s’est chargé de lui apprendre à vous plaire en douze leçons.
THÉCLA, riant.
Comme l’exercice à la prussienne... en douze temps!