ACTE DEUXIÈME. M
MAX, de même.
Et si elle allait dire oui !
GALAOR, de même.
Eh bien?
MAX, effrayé.
Qu’est-ce que nous deviendrions?
GALAOR, bas.
C’était tout à l’heure, disiez-vous, le plus ardent de vos vœux!
MAX, de même.
Sans doute... (Regardant Marguerite.) Mais d’un instant à l’autre!...
THÉCLA, toujours assise.
M. le baron me semble en bien grande faveur; le charme de sa conversation a tellement absorbé Son Altesse, que nous sommes en complète disgrâce.
GALAOR, bas à Max.
Vous l’entendez?... Approchez-vous donc.
MAX, s'avançant.
Je craignais de déranger ces dames, qui travaillaient.
MARGUERITE
Les ouvrages de femme ont un grand avantage sur les vôtres, messieurs, ils nous permettent de causer.
THÉCLA, regardant Max.
El surtout d’écouter.
GALAOR, bas à Max.
Vous le voyez! On vous presse de parler, on vous écoute.
MAX, de même, à Galaor.
J’enlends bien! (Haut, regardant ia table.) Voilà un guéridon... eu mosaïque... je crois?
MARGUERITE
Oui, mon prince.
MAX
Et, c’est là, mademoiselle de Waldeck, que vous travaillez... tous les jours? Elle est jolie, cette table! elle me plaît! je l’aime !
THÉCLA
Mademoiselle de Waldeck n’y tient pas, et sera charmée, j'en suis sûre, de l’offrir à Votre Altesse.
Du tout, du tout! ... ce n’est pas pour cela que je la regardais, ni que je disais...
GALAOR
Et pourquoi donc?
MAX, troublé.
Oh! à cause... (Prenant un livre.) à cause de ce volume qui me paraît admirablement relié. (Regardant le titre.) C’est d’un auteur français : le Triomphe des femmes.
THÉCLA
Nous ne lisons que de bons livres.
MAX, à Marguerite.
C’est chez vous , mademoiselle , que ce livre devait se trouver.
GALAOR, bas.
C’est à la princesse, qu’il fallait dire cela.
MAX
Vous le connaissez, princesse?
Non, vraiment. J’en faisais l’éloge de confiance et sur le titre seulement... Mais rien ne vous empêche, monseigneur, de nous en faire la lecture peudant que nous travaillons. (Galaor avance un siège à gauche de la table pour le prince Max.)
MAX. '
Moi? J’aurais peur de m’en tirer fort mal; car je ne suis pas, il s’en faut, un habile lecteur.
THÉCLA
N’importe ! je vous nomme le mien.
GALAOR, à demi-voix.
Elle vous fait toutes les avances ! Cela doit vous encourager.
MAX, de même.
Au contraire , cela m’eirraye.
THÉCLA, à Max.
Eh bien?...
MAX, d’un air embarrassé.
Vous êtes prévenue, princesse, c’est à vos risques et périls que je vais lire... (il s’assied. — Galaor se tient debout à l’extrême gauche, observe le prince et ne se rapproche de lui que pour lui parler bas.)
Le Triomphe des Femmes, poème.
Femmes, êtres divins !
(il regarde Marguerite.)
Dont la présence atteste Des dogmes incompris la vérité céleste;
Anges venus du ciel, que le ciel a choisis,
Pour forcer l’incrédule à croire au paradis !
THÉCLA, riant.
C’est très-bien lu !
MAX, avec obaleur.
C’est que c’est si vrai!... N’est-ce pas, baron?
GALAOR, se rapprochant de lui.
Certainement, (a demi-voix.) Mais en lisant, c’est la princesse qu’il faut regarder.
Vous croyez?
MAX
THECLA.
Je suis de votre avis, monseigneur... Présenter la femme