ACTE TROISIÈME
guerre... voue m’avez dit, je crois, que vous étiez dame d’a» tours de la princesse Thécla; chacun vante sa bonlé, et, si elle daignait me protéger et s’intéresser à mes vœux...
THÉCLA, baissant les yeux.
Ahl c’est que la princesse...
CONRAD, vivement.
Est-ce qu’elle ne voudrait pas?...
THÉCLA, de même.
Elle le voudrait peut-être, mais, en ce moment, elle est en disgrâce.
CONRAD
Pauvre femme! (il se lève et descend à droite.) Eh bien, je me passerai de tout le monde... ei, si vous me permettez de vous consacrer mes jours... de vous aimer... de vous le dire... Ne vous fâchez pas... je ne vous demande pas de me répondre.
THÉCLA, elle se lève»
C’est déjà, beaucoup de vous entendre... et, loin de vous plaindre, (Elle passe à droite.) vous auriez peut-être quelques motifs de vous étonner de mon indulgence.
CONRAD j étonné.
Que dites-vous?
THÉCLA, l’interrompant.
Maintenant, monsieur... que vous êtes réchauffé... parlons raison... Comment allez-vous sortir d’ici? Je ne veux pas vous renvoyer par delà les maisons... et, cependant, je ne peux pas vous garder ainsi toute la nuit.
CONRAD
Vous dites vrai, je porte malheur! Hier déjà, en voulant vous chercher, vous trouver dans ce palais, où il y a tant de portes et de fenêtres, j’ai compromis, sans le vouloir, une jeune lille bien bonne et bien charmante, que la grandeduchesse voulait absolument me faire épouser; voilà pourquoi je nie suis enfui.
THÉCLA
On dit cependant mademoiselle Marguerite de Waldeck fort jolie.
CONRAD, avec insouciance.
C'est possible, je n’ai pas regardé. Quand on cherche, quand on a une idée iixe... et, cette idée, c’était de vous revoir, d’arriver près de vous...
THÉCLA
Taisez-vous, monsieur. Il ne s’agit pas d’arriver, mais, au contraire, de vous en aller... et,' pour cela, quel parti prendre?
CONRAD, avec reproche.
Eh quoi ! ce n’est pas assez de repousser les vœux d’un pauvre jeune homme qui ne veut être que votre serviteur et votre esclave, qui ne demande, rien qu’une occasion de se faire tuer pour vous... vous ne lui accordez même pas un mot... pas un regard... vous ne pensez qu’à son départ...