ACTE TROISIÈME
THÉCLA
D’amitié... de confiance. Quand il y aura quelqu’un, vous serez mon mari.
CONRAD
Et quand nous serons seuls... comme en ce moment?...
THÉCLA, froidement.
Vous ne serez rien.
CONRAD, s’approchant d’elle en souriant. ,
Il ne serait pas possible de changer?.. (Tbécla le regarde sévèrement.) Pardon... j'obéis... je me soumets.
THÉCLA
A la bonne heure!
CONRAD, avec amour.
C’est déjà si doux, non d’obtenir, mais de rêver le bonheur ! de le rêver tout éveillé!.. Car, en vérité, je me croirais au milieu d’un songe, si ces beaux yeux, si ces traits charmants, si mon cœur qui bat quand je les regarde., n’étaient pas une réalité.
Ah!... monsieur.
CONRAD, vivement.
Dans mon emploi de confiance, vous ne m’avez pas défendu de regarder... et, qui sait? laissez-moi le croire, mon obéissance et mon respect me mériteront peut-être un jour quelque récompense; il n’est pas défendu à un lieutenant de rêver de l’avancement.
THÉCLA
Silence !... on vient... (La porte du fond s’ouvre.)
CONRAD, cherchant une issue pour sortir.
Le prince Max, mon terrible général ! Je suis perdu !
THÉCLA
Non.
CONRAD
Je suis fusillé !
THÉCLA
Non, VOUS dis-je! Mais taisez-vous! (Elle le fait asseoir à droite près de la table, et, en se mettant devant lui, le cache aux yeux du prince.)