Dérobé-acheté, dérobè-acheté
Les innocents ! les innocents I Arrière du rost, les broches sont chaudes!
Et de neuf, je retiens mon pied de bœuf.
Loup ! loup I que fais-tu ? — Je fais mon feu. — Tu n'en mangeras, jal jal
Nous revenons aux jeux d'enfants. — On reconnaît aisément le pied de bœuf, — le jeu du loup, qui fait son feu pour cuire les brebis qu'il veut dérober, et à qui le berger crie : Tu n^en mangeras ^ jà! jà! — Les Innocents, ce n'est pas précisément un jeu. Le 28 décembre, jour anniversaire du massacre des Innocents par Hérode, les jeunes filles qu'on pouvait surprendre au lit recevaient le fouet et autre chose itou, quand elles étaient gentilles, tt Cela ne se pratique plus aujourd'hui ; nous sommes bien plus réservés que nos pères, x> disait
en 1731 Lenglet du Fresnoj, daas une note wr l'épigramme 1 3 $ de Clément Marot (éd. de La Haye, 1731, in- 12, t. III, p. 96) :
LE JOUR DBS INMOCBNS.
Très-chère sœur, si Je sçavoîs où couohe Vostre personne au jour des Innocens, De bon matin j'y rois à vostre couche Veoir ce gent corps que j'ayme entre cinq cens. Adoncq ma main, veu Tardeur que je sens»
Ne se pourroit bonnement contenter Sans vous toucher, tenir, taster, tenter; Et, si quelqu'un survenoit d'adventure, Semblant ferois de vous innocenter.
Seroit-ce pas honneste couverture?
Était -ce bien à la sœur de François I^» à la reine Marguerite de Navane, que maître Clément adressait ces vers légèrement polissons? Ce n'est pas moi qui irai m'en assurer. — Arrière du rôt!
les broches sont chaudes! Je m'y brûlerais les doigts.