‹ La friquassée crotestyllonnéeChapitre 73 sur 134 · Qui vesse perd , qui pette gagne · texte numérisé non relu

Qui vesse perd , qui pette gagne

Traduction colorée de VAudaces fortuna juvat d'Horace. Un vesseux^ c'est Pêtre timide qui se conchie de malepeur; mais Taudacieux clairon du pet annonce l'homme sûr de lui-même et qui se met au-dessus de la crainte d'embrener sa culotte.

359. Fais-en comme Margot fit'de ses tripes, Traînées, rôties, bouillies, aux cendres.

Cette Margot était une piètre cuisinière, qui ne savait même pas accommoder les tripes à la mode de Caen. Elle les laissa traîner! quelle damnable

SUR LA FRIQUASSÉE CROTESTYLLONNÉE IO5

hérésie ! Les tripes demandent à être mangées le jour même. Chacun sait qu'il n'est point possible de les conserver, car elles seraient pourries, ce qui semblerait indécent. Le commun proverbe ne dit-il point d'un gros homme : a Ce serait dommage qu'il mourût un vendredi , il y aurait trop de tripes perdues. »

D'aucuns, prétendant que ce sont manières de fricasser les tripes, m'objecteraient en vain que Rabelais (liv. IV^ chap. 60) cite, dans une énumération de mets : « Œufs frits, perduz^ suffoquez, estuvez , traînez par les cendres, jetez par la cheminée. » — Cela confirme, au contraire, mon dire, attendu que les tripes ne doivent nullement être accommodées comme les œufs.

Page 1