‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 11 sur 83 · CHAPITRE II LES PÂRTHE8 ET LES PERSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II LES PÂRTHE8 ET LES PERSES

George Rawlinson a écrit son livre sur les Parthes * pour revendiquer la place que leur doit Tbistoire, moins équitable envers eux que les Romains, leurs adversaires. La Parthie seule a fourni un contrepoids à la toute puissance romaine *, et les anciens n'ont pas méconnu ce dualisme '. Les Parthes, dit-il, sont les Turcs de l'antiquité. Cette appréciation ne vise apparemment que leur défaut de culture et leur rudesse de mœurs. Ils avaient plus de tolérance que les Turcs, moins d'ambition de conquêtes, moins de dévotion à Tabsolutisme ^.

* The Sixth great oriental Monarchy, or the Geflgraphy,History and Anti' quitiei of Parihia, London, 1873. Le livre de J. Herra. Schneiderwirth {Die Parthery oder dos neupenische Reich unter den Arsacidennachgriech," rùm. Quellen, Heiligenstadt, 1874) oe mérite pas autant d'estime, car il est compact et indigeste, et l'aoteur, qui ne cite presque jamais ses sources avec précision, 8*est volontairement privé de celles que lui aurait fournies Tbistoriographie orienlale.

* Fronto, Princip, hist,, p. 315, Mai : Sali hominum Parihi aduersus populum Romanum hostile nomen kaud umquam contemnendum gesserunt ; îastîn., XLI, I : $oli ex omnibus gentibus non pares solum^ uerum etiam uietores fuere.

' A vrai dire, Rawlinson le force quelque peu ; on serait en droit de Bootenir que les Germains n^ont pas opposé un moindre obstacle, car on renonça plus tût et plus complètement à le renverser. Tacite n'écrivait-ii pas (Germ», 37) : « La liberté des Germains est plus redoutable que la monarchie des Arsacides »? Et, en réalité, les auteurs de Tantiqnilé ne s'expriment pas d'une façon aussi exclusive ; il ne s'agit pas vraiment d'un contrepoids.

^ L'absence d'ambition s'explique justement par celle d'un pouvoir absolu, nécessaire aux grandes entreprises militaires (V. C. de La Berge, Essai sur le règne de Trajan, Paris, 1877, chap. xiii).

Le très vieux travail de Sainte-Croix * nous donne déjà une idée juste de leur régime politique, tout féodal. Le « roi des rois commandait — comme Rome — à des peuples divers de race et de relîgion.Chacun gardait son chef national, phylarque ou loparque, qui recevait du grand roi l'investiture et lui fournissait en cas de guerre un contingent déterminé. Par suite, il y eut sûrement une certaine variété de costume, d'armement et de discipline dans les armées parthes; ainsi s'expliqueraient les traces légères de désaccord qu'on remarque entre quelques auteurs qui en ont parlé. Ils ont en outre commis des confusions, c Les Parthes, dit Dion Cassius ', habitent au-delà du Tigre, presque partout dans des citadelles et dans des forts ; ils ont aussi quelques villes. ^ Ces forteresses existaient dans les vallées de l'Ëuphrate et du Tigre ; car eux également défendaient leur limes et rien de plus significatif que la longue nomenclature de leurs mansiones '. Mais à Vintérieur du pays il ne devait guère y avoir que de gros bourgs de paysans, naturellement sans remparts.

De ces 6xupu»|jiaTa, pour employer Texpression d'Isidore, il ne reste malheureusement ni traces matérielles ni descriptions de témoins. Hatra ^ ne suffit pas à nous renseigner ; ce qui en reste a quelque chose de composite et date surtout d'une réfection des Sassanides, postérieurement aux sièges conduits par Septime Sévère. Il nous est, d'autre part, attesté que les Parthes ne connaissaient guère les retranchements hâtifs établis pour un séjour passager ^

* L'aperçu que donne Hérodien de l'armée a perse », au moment où Ârlaxerxès venait de remplacer l'Arsacide Artaban comme roi des rois, s'applique aussi bien aux troupes « parthes », car plus tard seulement les Sassanides pourront accomplir des réformes militaires. « Ces barbares n'ont point de soldats mercenaires, comme les Romains, et n'entretiennent point pendant la paix de campements tout préparés pour la guerre.

* Mém, de VAcad, deslnscr., L, cf. p. 75.

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