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LA DISCIPLINE DES TROUPES ET LEURS RAPPORTS AVEC LA POPULATION OYILE

Les garnisons syriennes étaient considérées comme offrant d'agréables résidences * : les habitudes de luxe instaurées par les Séleucides et conservées après eux, grâce à une grande prospérité économique, la douceur du climat, les ressources que trouvaient le plaisir et Fimmoralilé, la rareté des guerres pendant deux siècles et leur peu de durée en général, le caractère anodin des fonctions de police auxquelles Tarmée était principalement appelée, les circonstances qui firent séjourner dans ce pays des chefs portés à l'ambition et naturellement enclins à rechercher la faveur des troupes ', tout concourait à pervertir dans ce pays la discipline militaire. D'autres causes s'ajoutèrent à celles-là au cours des temps : l'esprit frondeur des populations, qui se communiquait aux soldats venus du dehors, mais se faisait encore bien plus sentir chez les hommes

*■ Suât., Vesp.j 6 ; Tac, Hist.^ II, 80: Muoien enflamma les troapes contre Vitelliùs en leur disant que celui-ci voulait les faire passer des garnisons riches et tranquilles de la Syrie sous le climat rigoureux de la Germanie et son service pénible. — V. Seoec, Dialog., III (de ira), il, 4: Syriae molles bellouiri,

* Ai-je besoin de rappeler le cas de Pison : « Largesses, condescendances, il emploie tout, caressant les moindres soldats, licenciant les vieux centurions^ leur substituant ses créatures, favorisant la paresse dans les camps, la luxure dans les villes, les courses et le brigandage dans las campagnes, poussant la corruption si loin que la multitude ne le nommait plus que le père des légions a (Tac, Ann., XI, 55 ; cf. III, 12). Tacite nous cite cependant un légat de Syrie sous Claude, G. Gas- 8iu!i, «|ui voulut, môme dans la paix, et comme si lennemi eût été menaçant, reuacare priscum morem, exercitare legiones(ibid.f XII, 12).

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«nrôlés en vertu du recrutement régional ; de plus, dès les dernières années du Haut-Empire, l'introduction des barbares à la solde des chefs, qui leur donnaient eux-mêmes Texemple de l'inconstance et de la désertion ; enfin, les effets inévitables d'une mauvaise administration, qui privait les gens de guerre de leur rétribution légitime et promise et les obligeait à se dédommager de quelque manière.

Les annales du pays font ressortir de bonne heure des épisodes d'indiscipline * ; Antioche surtout, la grande corruptrice *, a inspiré aux rhéteurs de copieux discours sur Tinsubordination et le relâchement des troupes : la « volupté des théâtres ' » y exerçait des ravages, comme l'intense vie nocturne de cette métropole et de Daphné, son faubourg mal famé. Les mêmes auteurs se sont fait les panégyristes sans frein de quelques chefs, gouverneurs ou princes, qui auraient voulu rétablir le bon ordre : Auidius Cassius fut peut-être du nombre ♦ ; c'est beaucoup plus douteux pour L. Vérus, malgré les éloges hyperboliques que Fronton lui adresse à ce titre ■ et auxquels ne s'associe nullement le biographe de Marc-Âurèle dans l'Histoire Auguste •.

Il y a sûrement un peu de vérité dans la partie vitupérative de ces morceaux, en ce qui concerce la fréquentation des tavernes \ l'habitude du jeu, sinon la recherche des moelleux

*■ Dansridumée, sous le gouverneur Varus, 2000 vétérans, qui avaient fait avec succès la guerre contre les Arabes et qu on avuit congédiés, conspirèrent entre eux el s'unirent aux insurgés israélites (los., A. L» XVII, 270; fî. J., II, 55).

* Cf. pour Vérus : «. Ver,, 4-6 ; pour Caracalla : Zonar., XII, 11 » Zosim., 11, 34, 2.

* Il ne faut pas se refuser absolument à Tadmetlre parce queVulcalius Gallicanus a forgé à ce sujet une correspondance apocryphe enlre Marc-Aurèle et ses préfets du prétoire. « Tu as bien fait de mettre Cassius à la tète des légions de Syrie, fait-il dire à l'un deux ; à toute celte « grecquaille • (Graecanicis milUibus) rien ne convient mieux qu'un chef sévère ; ces fleurs que les soldais portent au front, au cou et sur la poitrine, il les enlèvera » (u. Cass., 5, 1-6). Le document est faux, mais paraît correspondre à une réalité; cf. Lécrivain, Eisai tur l' Histoire Auguste, p. 246.

*EpisL ad Ver., I, p. 183 sq. Mai ; Princip, histor., p. 316 sq. ibid,).

^ V. Marc, 8; cf. Capitolin., u. Ver,, 4-6.

' Spartian., u. Pescenn. Nig,, 7:... tumuliuantibus w, qui a Saracenis uicii fuerant, et dicenlibus : Vinum non accepimus, pugnare non possumus, Erubexcete, inquit, illi qui nos uincunt, aquam bibunt, — Il faut reconnaître que lei3 écrivains de THistoire Auguste ont puisé à des sources

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