LB COMMANDEMENT
sert à la fois de dux et de praeses * ; il a néanmoins un double officium, civil et militaire *. Cette mesure exceptionnelle peut être interprétée dans le sens d'une simplification \oulue, fondée sur rétat paisible de la contrée.
Au contraire, dans la partie médiane, nous trouvons quatre ducs : Phéuicie (du Liban), Syriae et Eufratensis Syriae % Osrhoène, Mésopotamie, c'est-à-dire quatre départements militaires rayonnant en éventail autour de cette marche dangereuse qui s'étend du Tigre à TEuphrate, constamment soumise aux attaques des Perses.
Plus tard, les difficultés se multiplient, et alors des changements apparaissent. En Arabie, les pouvoirs civil et militaire sont à nouveau scindés *. Au nord, Théodose II. par une constitution de 413 S dont il n'y a pas trace dans la Noiiiia.crée un cornes Ponticae • [rei militaris], effet sans doute du partage avec la Perse du royaume arménien. En Arménie même, Justinien organisa quatre provinces, une seule YAnnenia lll (capitale Mélitène) avait un cornes Aq caractère militaire "^ ; d'autre part, il créa deux nouveaux ducs, fixés à Githarizon et Artaleson ^ Autrement dit, TEuphrate semblait une ligne trop reculée pour le quartier général de la défense, qu'on reportait contre le limes même, au cœur du massif arménien.
Mais ce qui concerne ce dernier comte et ces ducs se rattache étroitement à une question difficile, celle du thagister militiim per Armeniam, que nous examinons un peu plus loin.
Mentionnons une dernière décision de Justinien élevant au rang de spectabilis le gouverneur de la Phénicie du Liban
« Not. Or., XXXVII, 36.
« im., 36 et 43.
' iVo^ Or,^ XXXIII, 15. Ce cumul des deux provinces lient à ce qu'elles confinent à peine au limei.
^ V. la Novelle Cil de Justinien.
» Cod. Theod., VI, 13, 1.
* Seeck {ComiteSj ap. Pauly-W., p. 664, n"* 7) suppose qu'il s'agit du duc d'Arménie, dont le commandement se serait étendu à tout le diocèse du Pont, à rapproche d'une guerre persique, et qui aurait reçu le titre bonoriûque de comte. — Tout ceci est fort obscur.
' Procop., Aed., III, 3, p. 250. V. infra, III* partie, ch, vu.
® Nou, XXXA'i, cap. 3 : xôv ttjç xpixT); 'Apfxsvia; x(5jjLTjTa ou TroXiTtxov (iijvov, dXXà xat (xxpaxttoTixov îiBTrotijxaiJtev à'p^ovxa, àvavîcafai; ^X^^^ ^*^
TOÙÇ TSpaXiiâ'ZOL^ «UTcJ) TO'JÇ Xfltx' aÛXTjV iSpUJXSVOUC ÔTÇOKEÏfféat.
166 l'armée
et mettant un mimerus de plus à sa disposition personnelle *.
§ IL — La conduite des guerres.
Les campagnes contre les Parthes, les premières expéditions contre les Sassanîdes furent habituellement dirigées par les hommes les plus en vue de la République, puis par les empereurs en personne. Alors la « question d'Orient » paraissait la plus grave ; c'était encore l'opinion dominante au iv» siècle '. 11 en va différemment par la suite, et si l'on continue à intriguer par habitude vers le Caucase et TEuphrate, néanmoins la politique qu'on y fait se révèle surtout défensive *.
Les empereurs du ni« siècle montrent déjà peu d'ardeur pour la guerre persique ; volontiers ils s'attardent aux délices d'Antioche ; une réaction se dessine avec Galère * et Julien ; puis, dès la fin du iv* siècle, les empereurs renoncent à se déranger et envoient des généraux '. Que valent ces derniers*? 11 y en a d'énergiques et de méritants : Bélisaire, Narsès ; mais la plupart sont des condottieri, pillards et peu sûrs comme leurs hommes. Ils sont quelquefois en conflit déclaré et ne tiennent pas en main leurs subordonnés immédiats ; on ouvre de vaines conférences, où i'on prend très lentement une médiocre réso-
* Ed. IV (vers 538-9), §2 : aÙTc[) Sîoojiev tôv àpiOjxov xwv àvSpeioiixwv TepttooeXfxixtov, oc stcI Ttj^ 4>oivixou ^wpaç èorCv.
' Le langage des écrivains de ce temps ne laisse pas de doute à ce sujet ; cf. Homo, Essai sur Auréîienj p. 55, note 1.
3 Les statistiques de De Gregori (loc. ciL, p. 253) monlrent que les contingents expédiés vers la Perse (cf. Procop., B. P,, I, 13. 18 ; H, passim, surtout 2, 4) étaient moindres, environ de moitié, que ceux qui combattirent les Goths et les Vandales.
« Un bas-relief de Salonique (Kinch, pi. VI, p. 20 ; add. pi. VIII, p. 44) le montre dans un oisium, voiture de voyage à deux roues^ richemeDl décorée ; était-ce bien son moyen de locomotion en guerre? peut-être l'adopte-t-il exceptionnellement parce qu'il entre dans une ville, comme IMndique le sujet. Le duc d'Euphratensis, parcourant son /tm^i, fait marcher saint Serge » devant sa voiture » {Acta SS, Sergii et Baccki, AnalecLBolland., XIV (1895), p. 391, 10).
* Us ont en revanche aux armées des représentants, ministre» de leurs faveurs ; ainsi Rusticus, xa^x^ac tcuv ^oc^iXicoc ^^pn^fidc-ccuv^esl chargé de distribuer sur ces fonds des récompenees à ceux dont la valeur apparaîtra dans les combats (Agath., III, 1, 3). ^ V. les pages qui précèdent.