‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 36 sur 83 · LE COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

LE COMMANDEMENT

lution * ; les exactions de ces aventuriers avides furent causes de plus d'une défection parmi les peuples de Lazigue *.

Deux siècles après Arcadîos, Maurice fait un première exception à la coutume établie ; puis, quand Héraclios organisa son expédition, on délibéra à perte de vue sur la conduite que l'em* pereur devait tenir : c Les uns, discutant subtilement sur les lois et maximes du commandement militaire, disaient qu'il convenait que Tautorité du prince présidât aux périls de la guerre ; d'autres, qu'il était dangereux d'exposer son prestige au hasard des événements ; quelques sophistes, combinant les deux avis, prétendaient qu'il devait rester dans son palais et prendre part à la guerre en y songeant'. » Héraclios partit, et il fit bien: à plusieurs reprises,sa présence seule décida du succès \ Et lorsque, dans le désarroi de la dernière lutte, il dut confier à d'autres la conduite des opérations contre les Arabes, on vit recommencer les discordes entre chefs et les gouverneurs grecs passer avec Tennemi des traités secrets ^

Au in* siècle, on avait peu à peu séparé dans les provinces les attributions civiles des fonctions militaires ; il en résultait un amoindrissement de celles-ci encore accentué par le morcellement des provinces ; pour les relever, on fut amené à la création des magistri militum ', qui doit remonter à Constantin ; mais Tinstitution n'a cessé d'évoluer. Ammien désigne ces of&ciers par les titres non officiels de magister armorum od rei castrensis, A l'origine, il n'existait pas de magisterium de district ; il ne s'en décernait qu'à la cour impériale ; le magister militum (dit bientôt praesentalis) devenait le subrogé de l'empereur dans le commandement de l'armée. Mais il se forma une deuxième catégorie de fonctionnaires, de même

» Procop., B. P., II, 16 ; 19 ; 24 ; 25 ; Agalb., III, 4, 1.

• Procop., B. G., IV, 16, 3; de même ea Arménie: Id., B. P., II, 3, 4 8q.

• Georpr. Piaid., Exped. Pers,, I, H2.

• SoQs Maorice, Gommentiolus avait pris boDteasement la fuite au combat de Sieirban (Theoph. Simoc, III, 6, 1-2).

• Theophan., 338, 340.

• Cf. Tétude très complète de Th. Mommsen, Aetius {Hermès, XXXVI (1901), p. 531 sq. == Gesamm, Schr., IV (ou HisL Schr., I, 1906), p. 531- 560V II signale l'infériorité de rang du magister eqnilum par rapport au mag. peditum, sans en donner la raison (pp. 531, note 5, et 534, note 1). Elle tient, je pense, à ce que le corps le plus considéré jusque-là, la légion, était composé presque exclusivement d'infanterie.

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nom quoique de rang inférieur, qui exerçaient leur emploi dans les provinces. Us avaient des circonscriptions délimitées selon les circonstances, plus compréhensives du moins que les ducatus. C'est Théodose P" qui multiplia les magistri dans la moitié orientale de l'empire * : deux praesentales apparais^ sent dans la Notitia, en outre trois magistri equitum et peditum pour la Thrace, rillyricum et le reste de l'Orient.

Désormais il y a un commandement militaire général et permanent pour les expéditions orientales ; la théorie même ne le réserve plus à Tempereur. Mais la tendance au morcellement se manifeste de bonne heure ; comme il y avait uq cornes Orientis et un tticarius Ponticae *, indépendants l'un de l'autre» on distinguait dans le langage, malgré le caractère civil de leurs attributions» le limes d'Orient et celui de Pont \ C'était une vaste étendue que devait couvrir à lui seul le mattre de la milice d'Orient (<rcpaxTjXiTTjç ou ipx***^ '^^'^ «paxiwtwv Tiji; ew) *. Justinien créa un chef analogue xtjç 'Ap^ievCaç^ auquel

» Zosim., IV, 27.

» Not. Or., I, 29, 32.

« Novelle de Théodose II et Valentinien III (a. 443) :.., nec non diam Orientalis ac Pontici limitis (Nou., ï, 24,5). C'est là un texte officiel; quant aux expressions des autecrp, elles ne sont pas conformes à l'exacte terminologie. V. Malal., XII, p. 308 Bonn : ''ExTicre 81 xal tk ta X(fJiiTâ( xaaxpa ô auxôc AioxXtjxkzvoç àicà xtjc Al^uircou ewç xâ>v Hepa'.xwv fipiovjxàjas Êv auTOÏc oxpaxiwxa^ Xifxixavéou<,iTpo^£ipiffXfjLevoçx2i ooûîa; X2xà èitap^fav ev8oxépcu xwv xacrxpwv xaOéÇedOat jicxà itoXXtJç ^orfldaç :rpô; icapa<pi>Xax7Îv xai àvYJveYxav xî}» paaiXeT xai xy Kaivapt oxi^Xaç ev xtj» Xî- )iix({> x^i; lupia;. Il ne pouvait pas y avoir de Urnes Syriacus au sens propre ; les diverses provinces dioclétiennes dites Syria ne touchaient à la frontière quVn un point.

♦ Procop., B. P., I, 3 ; 8 ; H ; 13 ; 11, 6, i ; U, 24.

•Cr. C. lust., I, 29 (de officio magistri militum), 5: De Justinien à Zétas, mag, milit. per Armeniam et Pontum Polemoniacum et gentes ;... certasque prouinciaSy id est magnam Armeniam, quae interior dicebatury el gentes (Anzetenam uidelicet, ïngilenamy Attkianenam, Sophenam, Sophanenam, in qua est Martyropolis^ Balabitenam) et /«»» et 11^^ Armeniam et Pont. Polem, iuaecuraecum suis dticibus commisimuSf comité Armeniaepenitus sublaiOy certosque subdidimus numéros, non modo quos in praesenfi nouas constituimus, sed eliam de praesentalibus et Orientalibus et aliis agminibus segregatos^ non tamen quantitatem eorum agminum minuentes : sed quia plures eis addidimus sine rei publicae grauamine et sine augmente sumptuum, aliquantos subtraximus, ita tamen, ut et post hanc subtrac tionem ampliores remanserint, quam usque ad nostra felicia fueranl tempora. — D'après ce texte, 1 ap^^v èv nepcrapjjLEvîotc (Procop., B. P., II, 24, G) est à confondre avec ce personnage; un autre, cité parle môme

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