VI 11 INTRODUCTION
dont nous disposons permettraient de la dresser. C'étaient des agents roilitaires, puisqu'ils corn mandaient les troupes de leur circonscription; une liste de ces dignitaires n'eût pas constitué un hors-d'œuvre, mais elle n'aurait dans la question qu'un intérêt accessoire, et les discussions nécessaires pour l'établir feraient par avance double emploi.
En revanche, j'ai cru bon de rappeler à grands traits les caractères distinctifs des races qui peuplaient ces provinces orientales de Tempire et de celles avec lesquelles la puissance romaine se trouva aux prises de ce côté. Il y a là une complication qu'on ne rencontre pas ailleurs, l'origine aussi de transformations profondes dans la stratégie des Romains. Observer, commenter cette mosaïque véritable, tel était le point de départ obligé de l'étude que j'entreprenais.
Une autre question se pose encore spontanément en Asie, non en Afrique : Du moment que Rome avait décidé de mettre le pied sur ce dernier continent, la nature même posait des limites à sa domination; mais en Orient jusqu'où aller? Où commençait l'ambition irraisonnée et imprudente? Problème des plus délicats, auquel on pouvait appliquer bien des solutions; plusieurs furent tentées ; laquelle était préférable? L'analyse de cette politique, des hésitations qui s'y révèlent, est comme la philosophie de notre sujet.
Mais le chapitre essentiel concerne forcément Toccupalion territoriale, à laquelle j'ai donné une importance prépondérante. La défense de la Syrie reposait avant tout sur la fortification, et si l'état de raine des villes antiques de Mésopotamie ne nous permet que très rarement des reconstitutions satisfaisantes, du moins les renseignements fournis par divers auteurs, témoins oculaires et dignes de foi, comblent en partie cette lacune. Presque toutes les cités et bourgades avoisinant l'Ëuph rate étaient des places fortes, capables de soutenir quelque temps l'attaque d'un peuple qui resta plusieurs siècles inhabile aux sièges, et d'attendre le secours, sollicité en hâte, de troupes dont le petit nombre devait être compensé par la mobilité.