‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 45 sur 83 · REGIME ADMINISTRATIF ET LEGAL DE L^ARMÉE · texte numérisé non relu

REGIME ADMINISTRATIF ET LEGAL DE L^ARMÉE

mandation, du moins, était un peu inutile sans doute aux contemporains de Maurice : celle d'éviter l'encombrement. Tout indique que le défaut de Tintendance byzantine n'était pas la recherche du superflu.

§ IL — Le service sanitaire.

Nos sources syriennes ne permettent guère de contrôler ou de compléter les notions générales que nous avons sur le sujet * ; cette lacune est encore due principalement à la rareté des inscriptions. Médecins et ambulances étaient certes nécessaires dans des campagnes aussi pénibles que celles d'Orient ; les auteurs parlent bien des fois des pertes subies, des souffrances de l'armée, rarement des soins donnés aux malades ou aux blessés *. Pourtant, au cours de la bataille de Carrhae, malgré le désastre essuyé, nous est-il dit, on parvint à emmener les blessés qui ne pouvaient fuir '. Arrien^ en tournée dans la Golchide, inspecte, en même temps que les armes, les approvisionnements etrétat des forteresses, xojç xàfivovxaç *.

Dans le Strategicon de Maurice, de brèves dispositions sont prévues uepi STiTcwxàrcDv ^ : ridée essentielle est qu'il faut désigner d'avance les ambulanciers {depuiati), pour ne pas distraire les hommes du combat. 11 est probable que^ dans les sièges, les soins à donner aux blessés appartenaient aux prêtres et religieux de la cité. Les sentiments d'humanité étaient en ce temps-là quelque chose de très superficiel : lorsqu'un auteur fait allusion aux pertes d'une armée, il songe à Taffaiblissement de celle-ci, aux chances réduites de succès pour la prochaine rencontre. Ces guerres ont un caractère de sauvagerie assez marqué : on ne fait guère quartier à moins de ran-* çon •.

* Cf. Marquardt, Organis. milii., p. 297 sq.

s Carin, à l'approche de Tbiver, rentre de Perse en Cyrrhestique, ^ouXojicvoç xat TO totov OTpaxov àvairaûjai xal xoù< TtXiJY^'^o^^; OepaiceuOiivat (Malaî., XII, p. 304-305, Bonn).

'Ils gémissaient d'être abandonnés; quelques officiers firent descendre les moins malades du dos des bêles de somme et monter à leur place les plus grièvement atteints (Plut., Crass., 26).

♦ Peripl. Euxen., VI, 2 (à Apsarus) ; X, 3 (à Dioscurias). » II, 8, p. 62.

^ Oa bien pour se procurer des colons, ou des soldats supplémentaires

226 l'armée

§ III. — Les courriers et le service d in formation,

J*ai déjà traité un côlé de la question en parlant des espions qu'entretenaient les deux empires ^ Ils étaient mis par Padminisiration militaire en union étroite avec les ambassadeurs, qui rendaient leur tâche plus facile, et à qui eux-mêmes permettaient de correspondre plus rapidement avec le gouvernement qui les avait envoyés *.

Mais il n importait pas seulement d*être renseigné sur les mouvements de Tennemi et les affaires de l'étranger. Chaque légion comptait d'abord une dizaine de speculatores^ chargés du transport des dépêches '. Pour la poste proprement dite, poste officielle et gouvernementale, les Romains n'avaient qu'à s'inspirer de l'exemple des anciennes monarchies orientales ^. C'est encore Procope qui nous documente sur ce sujet ^ :

contre quelque autre ennemi : par exeoaple, toute la population de Singara est emmenée au fond de la Perse (Amm. Marc, XX, 6,7), ainsi que celle de Théodosiopolis d'Arméaîe (Josué le Stylite, Chronîq., 49). Après la prise d'Amida, la plupart des chefs romains furent mis à mort (Âmm., XIX, 9, 2). Plus tard, les Romains, « sur les borda dn Tigre, tuèrent tous les m&lea au-dessus de douze ans, et emmeoèrent les autres, avec les femmes, en captivité. Le mattre de la milice avait ordonné l'exécution de quiconque, parmi les Romains, sauverait un m&le de douze ans ou plus » (Josué, 80) ; v. dans Procop., B. P., Il, passim, bien des cas de dureté.

« Deuxième partie, chap. III, § 6.

^ Cf. Amm. Marc, XVIII, 6, 17 : « Parvenus à Amida, où nos espioas étaient eux-mêmes arrivés, nous trouv&mes dans un étui un parchemin, sur lequel étaient des caractères que nous adressait notre ambassadeur Procope, donnant un sens obscur, mais à dessein ».

3 Cf. Waddiogton, 1881 (Héliopolis), un speculator de la leg. I (Parthica?) Antoniniana; Bull, deW Istit.y 1884, p. 27 : T. Plauius Domitianus domo Nicomediay quod speculator ieg, IIJ Parlh, Seuerianae uouit, haslatus leg, X Fretensis princeps peregrinorum reddedit ; CIL, III, 14385 b: un speculator de la III GalUca,

♦ Cf. Seeck, Àngaria et Cursus publicus (P«iuly-W.). Le cursus clabutarif {clabulare — chariot) fonctionne encore en Orient après Ternpereur Léon, pour le service de guerre et le transport des députés, aux frais dos propriétaires fonciers (C. Theod., Vl,29. 5, 1 ; C. Iust.,XII, 50, 23).

^ Hist. arcan., 30,1 H.

REGIME ADMINISTRATIF ET LÉGIL DE L^AnMEE 227

Les empereurs de jadis, pour être informés de l'étal des provinces avaient établi des courriers réguliers. Dans le seul espace d'une journée de marche de piéton, il y avait toujours de cinq à huit hôtelleries, organisées sur leur ordre, et où logeaient respectivement une quarantaine de chevaux et autant de palefreniers. Les courriers pouvaient changer fréquemment de montures et faisaient en une journée de trajet Téquivalent de dix. Les propriétaires des terrains éloignés de la mer tiraient bon proût de ces relais^ débouchés permanents pour leurs produits. Ce service facilitait enfin la perception de l'impôt. 11 parait que partout Juslinien le désorganisa; il réduisit le nombre des hôtelleries et remplaça les chevaux par des ânes K Il ne fit qu'une exception, bien inattendue vu sa négligence générale à l'égard des affaires d'Orieat, en faveur de la route de Perse, où il maintint l'ancien état de choses. Cette anomalie même mettrait légitimement notre méfiance en éveil sur le bien fondé de la critique.

On peut enfin se demander si, pour correspondre avec les places investies, les Romains n'ont pas usé, dans leurs provinces orientales, d'un procédé qui entra dans leurs habitudes dès la Un de la République '. Il nous est rapporté que dans les derniers temps du règne d'Héraclios, le casiellum d'Azas, sur la route d'Alep, ayant été envahi traîtreusement par le renégat Yukinna, un billet confié à une colombe avertitle commandant de la place, qui arrêta Yukinna. Le fait n'aurait rien de surprenant, mais il n'est relaté que par un auteur tardif ^

§ IV. — Les travaux de la paix.

On peut les diviser en deux groupes : la préparation à la guerre, autrement dit les exercices militaires, et les travaux publics.

* Rapprocher le modeste équipage qu'Héraclios expédie vers le député du nouveau roi de Perse, Gavad, lui apportant des ouvertures de paix : il lui envoie « deux ambassadeurs avec une petite troupe de jeunes gens choisis, et vingt &nes bien sellés » (Chron, Pasch., p. 730 Bonn).

' V. sur leurs pigeons voyageurs : Wescher, Bull, de la Soc. des anliq, de France, 1870, p. 162.

• Saint-Martin, éditeur de Lebeau, Hist. du Bas-Empire, XI (1830), p. 256, remprunte à i'Histoire d'Alep, écrite en arabe par Kemei-Eddin, au milieu du mu* siècle.

228 LARMÉE

A. ExERCicRs MiUTAiRES. — S'il fallait s'en rapporter atix déclamations, de valeur historique très inégale, que j'ai déjà utilisées en traitant de la discipline, les troupes stationnées en Syrie auraient constamment vécu dans la mollesse et négligé la pratique des armes; par intervalles seulement, sous l'empire d'une nécessité pressante, ou la férule d'un chef plus énergique, l'activité serait revenue aux campements. Il est des cas où l'on peut ajouter foi à de telles affirmations * ; n'importe, la vie des garnisons, par son côté sérieux, nous échappe entièrement. Quelques appréciations très générales sont sans portée '. Eunape, nous l'avons vu, parle des pontonniers toujours en maaœuvres sur l'Euphrate; s'ils étaient réellement si bien dressés, l'avantage était dû aux guerres fréquentes qui obligeaient à traverser le fleuve '.

Les troupes cantonnées dans un fortin perdu étaient livrées à elles-mêmes, à leur insouciance, à moins qu'une inspection extraordinaire, comme celle d'Arrien en Colchide, ne vînt les réveiller momentanément *. Il n'y a rien à conclure en somme, ni des règles toutes théoriques contenues dans YEpiiome de

* Ainsi Georges Pisidès célèbre {Ezped. Pers,, II, 135-166, 177-187, 191-205), à juste tilre évidemment, le zèle d'Héraclios, passant plusieurs mois, avant d'entrer en campagne, à exercer les recrues, démoralisées et peu homogènes, qu'il avait ramassées dans toute TAcatolie.

2 Gomme celle de Josèphe (B. /., 111, 72-73) : Les Romains pratiquent sans cesse, même en pleine paix, les exercices militaires, exercices qui ont Tapparence de véritables combats. — II ne les a observés qu'en temps de guerre.

^ Le voisinaj^e du Rrand coura d'eau n'invitait même pas les Syriens à l'apprentissage de la natation que Vcgëce (L 10) recommande expressément : Natandi usum aesiiuis mensibus omnis aequaliter débet liro condiscere. En réalité, très peu de soldats gaulois (Àmm. Marc, XXV, 6, 13-14) ou arméniens (Id., XXI, 1, 7) savaient nager; les autres, point. Les cavaliers s'en rapportaient volonitiers à leurs montures pour la traversée d'un fleuve, mais durant les hautes eaux il arrivait fréquemment que les uns et les autres fussent engloutis (v. Josué le Stylite, Ckron , 67).

♦ A llyssos, il fai! manœuvrer les fantassins et oblige même les cavaliers h. se servir du javelot [Peripl. Euxen,, lll, 1) ; à Dioscurias, il passe en revue les exercices d'équilation (X, 3). — Il paraît bien résulter des Acla SS, Sergii et Bacchi (Analecla BoUandiana, XIV (1895), p. 373 sq.), que le duc d'EuphralensiSy Antiochos (peu après 420), quand il mit à l'épreuve saint Serge, faisait une tournée d'inspection le long de son limes.

RÉGIME ADMINISTRATIF lîT LKGAL DE l' ARMEE 229

Végèce OU le Stralefficon de Maurice, dont rien ne garantît rëxacte application, ni de ce que quelques auteurs nous disent du contrôle actif de quelques princes, comme Hadrien, pourtant paciflque, ou Tibère II.

B. Travaux publics. — C'est le terme le plus général qu'on puisse employer pour désigner les occupations fort diverses des soldats, dont quelques-unes se dérobent à peu près à toute classification ^ Pour leurs propres besoins, ils avaient parfois de rudes besognes à fournir*, et certaines entreprises d'adductions d'eaux pouvaient avoir une destination spécialement militaire '. N'en dirait-on pas autant, et sans exagérer, de beaucoup de routes, dont les caravanes se passaient bien, antérieurement, mais qui facilitaient la marche de l'infanterie des légions ou des cohortes, et servaient même de pistes dans un désert uniforme, sans points de repère? Celte observation aurait toujours sa justesse en ce qui concerne la province d'Arabie.

Que la plupart des voies aient été tracées et empierrées par les troupes, c'est ce qu'attestent les inscriptions des bornes milliaires : presque toutes sont en latin ^, langue officielle de l'armée*, alors que la population civile parlait, soit le grec,

^ Ainsi Plia., H, iV., XI, 106, signale un envoi de soldats, en Syrie, pour h&ter la destruction des sauterelles : Necare {locustas) et in 5ym militari imperio coguntur. — Voici un cas douteux : il concerne Pérection d'une borne marquant les limites de deux xûfiai contîgaês, sur l'ordre des empereurs Dioclétien et Maximien, à la diligence Map(x)(ou * (?) TtTt xrjfiïEiTopoc. Waddinglon (2559 a) interprétait int en primipilaris ; Ciermont-Ganneau(A^i;. arcliéolog^yiSSh, II, p. 262) propose praepositus. Les deux restitutions sont également problématiques.

' Je considère que c'est surtout, sinon exclusivement, pour leur utilité personnelle que deux uezillaiiones de légions établirent, un peu en amont du moderne Roum-Kalehy sur la falaise de TEuphrate, nnecochlea, appareil élévatoire destiné à faire monter l'eau du fleuve (Chapot, BGH, XXVI (i902), p. 206-7) ; la région devait être fort peu colonisée.

3 Cf. Waddinglon, 2296-2297, 2301, 2305 (sous Trajan, dès la formation de la province d'Arabie). Il s'agit de postes militaires, autour desquels un faible groupe de population civile s'est constitué.

^ Même l'une d'elles qui date des années 352 ou suivantes (Waddington, 2562 == CIL, III, 198).

» Cf. Waddington, 1845 = CIL, III. 206 (Beyrouth) : la leg. lll Gallica, montibus imminentibus Lyno flumini caesis, uiam dilatauit (sous Caracalla); Waddington, 1875 = CIL, 111,201 : mention, à propos des travaux d^une route (sous Marc-Âurèle et Vérus), d'un centurion de la Leg. XVI

soit lc3 dialectes orientaux. Entreprise peu considérable du reste ; il n'y avait souvent qu'à ramasser les pierres des champs voisins, ou ailleurs qu'à en effectuer le transport à dos d'animaux. La voirie d'alors s'accommodait des pentes rapides, des coudes prononcés ; les chariots ne passaient presque jamais; il ne circulait que des bêtes au pied sûr, marchant sans doute à la file comme aujourd'hui. Peu de tranchées ou de terrassements; je viens de citer des exemples du contraire; mais l'emphatique précision de la formule indique des dirflcultés anormales.

Tout cela est vrai en particulier des routes de Phénicie : là il y eut quelquefois des difûcultés énormes à surmonter; mais on se bornait au strict indispensable; il faut voir ce que Renan dit de ces voies qu'il a observées. Pour faire quelque estime de certaines routes romaines proches de la côte, par exemple celle du € fleuve du chien », il convient de les comparer, quand la chose est encore possible, avec celles qui furent pratiquées antérieurement; c'étaient des « casse- cou inconcevables^». Une viabilité approximative passait pour très suffisanle; Renan signale^ des terrains en pente rapide où, pour ouvrir le chemin, on a simplement taillé des échelons. J'ai noté, dans mes voyages personnels, des types de toute nature : généralement le rebord est marque de chaque côté par des caillou?^ plus volumineux ; au milieu ce sont des galets ronds, de dimensions variables; la largeur moyenne atteint 5 mètres environ; l'arête médiane avec double pente signalée par G. Schumacher 3 ne se reconnaît que dans des cas extrêmement rares. Parfois ce sont des blocs de lave que l'on foule *, et que l'exercice prolongé a peut-être seul aplanis. Tout dépendait des ressources locales.

Flauia Firma^ qui operi imtitU. Mais il se trouve qu'une autre inscription, copiée au rnêuie endroit (ancienne Abila de Lysaniae), porte que Marc- Aurèle Pt Vérus uiam fluminis ui abruptam intercixo monte restiluerunlj per lui, Vernrn^ leg. pr, pr. prouinc. Syr, et amicum nuunif inpendiis Abilfnûrum (Wartdington, 1874 = CIL, UI, 109). Ces derniers mots sembleraient, à première vue, écnrter la possibilité de la main-d'œuvre militaire, mali^ré ia présence du centurion. Peut-être les gens d'Abila ont-ils fourni aux soldais une récompense ou un salaire. 1 Mmion en Phénicie^ p. 836.

• 2 ]ft/rf., p. 151.

» Across Ihe Jordan, London, 1885, p. 19.

♦ Cf. Wad.lington, ad. n. 2i38,

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A raménagement des roules se rattachait naturellement la construction des ponts sur les rivières, même guéables; c'étaient encore travaux de garnison *. A plus forte raison l'armée était-elle chargée des ouvrages d'ordre rigoureusement stratégique, comme les turres, casteUuy miiri,munitio7ies, fossae, termes qui reviennent constamment dans les textes législatifs, et qu'on retrouverait en épîgraphie si la qualité des pierres de Syrie s'était prêtée davantage aux commémorations *. Dans quelques champs de ruines on remarque parfois aussi des briques, dont l'estampille atteste la main-d'œuvre légionnaire '.

Les garnisons d'Orient n'étaient pas aussi nombreuses que le ferait supposer la très grande étendue des régions à couvrir; mais la population civile ne Tétait pas davantage aux confins du désert. Non seulement tous les castella durent être élevés par les soldats eux-mêmes, mais des villes sorties brusquement du sol, comme Resapha S en un point où il n'y avait auparavant que quelques solitaires, ne pouvaient naître, à la suite d'une décision du prince, de l'effort bénévole des particuliers ». Dès le début du Bas-Empire, comme les besoins généraux de l'armée épuisaient le trésor métropolitain, les travaux publics intéressant l'Etat furent laissés à la charge des cités •. Tel était le principe. Qu'advint-il dans la pratique?

Les nécessités du moment auront imposé une solution dans

* CIL, III, 6709 : Marius Perpétuas, leg, Augg. leg. XVÎ F,F.,pontemCha' binaê fluui a solo resUL, à Kiachta, aux confins de la Commagène et de la Gappadoce, vers 200 p. G.

2 V. cependant Tinscription d'Oumm'el'Djeniàl (a. 371): fabricatus est burgus ex fondamento mano equitum FllU Dalm(atarum) s{ub) c[ura) Vahali lrib[um) (Waddington, 2058 = CIL, III, 88).

3 Ainsi à Samosate (Chapot, BCH, XXVI fl902), p. 203, no 56) : LEG. XVI. FL. Celte légion a dû prendre part à rédificalion des murs da périmètre, sinon de l'acropole. En effet, l'enceinte, où intervient l'opus reticulalum, n'a nullement le caractère syrien ; elle doit remonter au i«' siècle et avoir été exécutée par des soldats venus d'ailleurs et apportant d'autres procédés de maçonnerie.

^ Cf. mon étude sur ses ruines (BCH, XXVII (1903), p. 280-291).

> Slrabon nous dit positivement (XVI, 2, 19, p. 756 G) que Béryte ayant été détruite par Tryphon, les Romains la relevèrent k l'aide de deux corps de Iroapes {zi^iicLii) qu'Agrippa y établit.

« G. Theod., XV, 1, de op. pubL, o. 18, 32, 33; G. Humbert, Opéra publica {Diclionn. des antiq.).

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chaque cas ^ Si Dara fut reconstruite sous Anastase, c'est que € les chefs de l'armée firent connaître à Tempereur le mal considérable que causait à leurs troupes le manque d'une ville située sur la frontière. Quand les soldats sortaient de Gonslantia ou d'Amida, ils étaient, à cause des voleurs, assassinés partout où ils s'arrêtaient. Quand ils rencontraient des forces supérieures, et croyaient devoir se replier, ils étaient condamnés à de grandes fatigues, faute d'avoir tout près d'eux une ville de refuge. L'empereur ordonna donc de rebâtir Dara ; à cet effet on rassembla des carriers dans toute la Syrie ^». Il est très probable que le travail s'accomplit avec le concours des soldats, si intéressés à son achèvement, adiumentis milUum, comme disent les textes de lois.

Les prestations de matériaux furent parfois réduites ou facilitées par la destruction d'autres édlRces. Arcadios et Honoriiis décidèrent en 397, par rescrit au comte d'Orient Astérios ', que les décombres provenant de la démolition des temples païens seraient affectés à l'entretien des ponts, chaussées, aqueducs el murailles. En cas d'insuffisance manifeste, les localités, petites ou grandes, pourraient recevoir du trésor des emolumenta. Ainsi « le vénérable Serghis, évèque de la ciladelle de Birlha, située chez nous, au bord de l'Euphrate, commença à bâtir des remparts à sa ville *; l'empereur lui donna pour cela des

* Cf. Waddinjçton, 2129 (BLheine) : ['H xwjxïî] to [<pp]ojpiov xo xol'/'ôv

àv/JJYtpsv 'Trpovo(qf[ jSéou xxt *Aou[ti$otj]... Sans être oertaines, les res-

lîtuiioiis offrent Krande vraisemblance, oar ellea concordent entre elles. Ici la population elle-même aurait élevé les deux tours de garde qu*a vues Waddington ; elles étaient dans un village à la lisière du désert, trop insigniOanl sans doute pour mériter une garnison. V. par contre Waddington, 2194 (Khirbel-el-Aradji) : 'Ex irpovofa; 4>X. SaXojivuvoù Toù YsvewTàxou oooxôc xo opojpiov êxtijOij 6t(£)i <i|xç (a, 351 p. C).

* Josué le Stylite, Chroniq.^ 91.

» C. Theod., XV, 1, 28.

^ Là encore, comme dans les opérations de guerre, se reconnati rioitialive de ce pouvoir nouveau, récemment grandi, l'Église, qai suppléait les administrations défaillantes. — Cf. une inscription de Kerraien (Oppenhcim Lucas, Byzantin. Zcilschr., XIV (1905), p. 47, o? 68) : cô^ (io»[w;; TTjV iraxpiôa opo'jpwv, Mwavvr^ç... Tiup^ov xofJiiÇ&i xolc ^tXoi^ awTrJptov, <Tiro'j8yi UtjXo'j oiax[(5vou), 'Ev èt(s)i axu> (509 p. C). Les restitutions du n° 86, p. 54, qui serait encore à citer, sont très aventurées. Add. Hallier, Chroniq. dCÈdeaxe, loc. cit., n» 68, p. 114 : « Après 457/8, l'évéque Nonnus éleva des couvents et des tours, construisit des ponts et prit des mesures pour la sûreté des routes ». D'après Zicharias Rhetor (VII, 6, p. 115-119), c'est sous la surveillance des prêtres, diacres et aatrei

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sommes considérables. » Le même texte ^ poursuit, montrant Tapplication, en cette circonstance, de la règle du Bas-Empire : « Le maître de la milice ordonna également de construire des murailles autour d'Europos ; les habitants de l^endroit se mirent courageusement à l'œuvre. >

Les décisions de cette nature appartenaient, semble-t-il, àdes agents très divers, même purement financiers. Saint Sabas

prierempereurxsXeucrai SojfjtfAcp xif» sySoÇoxccTcp, àiro toû8t)jio7io'jXôyo'j,

xioTpov otxooo|iTijai, xxX. '. Le prince lui fit remettre, pour ce travail, 1000 pièces à prendre sur les 57)fjL4jia de Palestine et lui fit attribuer une garde de soldats ^ ; mais rien ne dit que ceux-ci étaient désignés également pour le travail de construction, qui du reste n'eut pas lieu. Deux inscriptions de Kiyviesinn * montrent nettement les principales interventions que provoquait une entreprise de bâtiments : 'ExtwvèùjsScSv oiXotiixiwv toû...

oso-îTOioo rpovofîjt Toù (rcpaTTjXàxo-j èpYOOoxiiiffavTOC 'laioiôpo'j xoO

jir^yavtxoû. Le chef de travaux est désigné par le dernier mot ^. Le magister milivum ayant présidé à l'ouvrage % il n'y aurait rien de surprenant à ce que l'armée s'en fût mêlée, en dépit de la subvention impériale, qui couvrit peut-être des frais de transport ou de fournitures diverses.

Eu conclusion, la participation des soldats aux travaux pu-

cleros de rendroit, que s'accomplirent les travaux de coostruction d'Amida.

* Josué, 93.

2 Cyrill. Scythop., Sabae uita, ap. Golelier, loc, cit., 72, p. 343. ^ ibid., 73, p. 347.

* Oppenbeim-Lucaa, loc. cil., p. 55-57, n°" 88-89 (a. 550). Il n*y a naturellement rien à conclure de ce qu'elles sont aujourd'hui simplement encastrées dans une maison de paysan.

* Procop., Aed., I, p. 174, I. 6, rappelle fjtY)yavoTïoi^;, peut-être parce que sa spécialité comprenait aussi Ja confection des machines de guerre. — Cf. Sab. uit., loc. cit., 73, p. 346 : L*empereur envoya à Jérusalem, pour la construction de l'église, OsoSaipdv xiva [XYj^avixov, que jnentionne aussi Procope (B. P., II, 13, 26). V. une signature d'architecte dans une inscriplion bilingue, grecque et nabatéenne (Butler- Xittmann, Rev, archéolog., 1905, I, p. 409).

* Rapprocher Waddington, 1882 : rappel d*uQ « travail d'Ânatolios », ^TsaTo(Tr£8]ip)rou xal 6Tiap)^oo ; Téditeor traduit comme aTpaTr,Xaxr,c, avec raison, je crois, et les soldats sous les ordres d'Anatolios ont dû être ses ouvriers. D'après une inscription d'irbid (Haouran), la construction de Tenceiate de l'ancienne ville, ou du péribole d'un temple, eut lieu ex or^fjLogiou, et cependant ècpeaiœxo; Ka>.(Tiopv(ou) Saxopveivoj )^et- Aiapxow (Whicher, Americ. Journ. of Arch., X (1906), p. 289-293).

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blics apparaît évidente dans des cas où elle ne semblait pas s'imposer; dans d'autres, où elle était indiquée, on pourrait, à interpréter littéralement les sources, la considérer comme très douteuse : le camp de Palmyre, sous Dioclétîen etMaxlmien, fut construit par les soins {curante) du praeses prouinciae •; on se fût attendu plutôt à voir le dux au premier plan. Mais, d'une façon générale, Tabstenlion des gens de guerre reste dans les hypothèses légitimes, lorsqu*ll s*agit de petites constructions isolées, de médiocre importance; au contraire, c'est eux qu'on voit à l'œuvre, et par bandes nombreuses, dans les travaux de grande étendue et de longue haleine. Je me bornerai à un exemple : le grand canal de déviation de Sélcucie de Piérie (i" et ii' siècles), creusé par des détachements de légions, et le port de la même ville, approfondi au commencement du iv* par une cohorle, dont on connaît la tragique aventure ^

§ V. — Le culte.

Il ne s'agit pas ici de rappeler les diverses manifestations religieuses auxquelles les opérations de guerre en Orient ont pu donner naissance. Des cérémonies comme les ^laôaxTjpKz, bien que célébrées avant le passage de l'Euphrate ', n'auraient rien de spécial à la Syrie. On ne s'étonnera pas davantage de voir Julien préparant la guerre persique à Anlioche par des sacrifices *, et, pour savoir si l'issue en serait heureuse, se faisant accompagner d'haruspices étrusques, que d'ailleurs il n'écouta pas *. Inutile encore de mentionner les offrandes de Galère avant son départ pour la frontière ®. Je crois plus intéressant de signaler, en vue de la comparaison que je tâche d'instituer

1 Waddînglon, 2626 = CIL, III, 6061. — Aux clefs de voûtes du temple d'Héliopolis ont été relevée des grafÛtes en langue latine (Waddînglon, 1884 à 1386 = CIL, III, 143-144 ; add. p. 2328'»). Celte parlîcularité n'indiquerait-elie pas que des soldats ont figuré parmi les ouvriers ?

' J'ai rapporté le détail de cet épisode, avec les textes à l'appui, dans mon nîémoire sur Séleucie^ loc. cit., p. 62 du tiré à part.

3 Sallust., ilistor, reliq., 60 (Maurenhrecher, I, p. 180).

* Amm. Marc, XXIl, 12, 6.

Md., XXIII, 5, 10 ; XXV, 2, 7 : Etruici haruspices qui comitabaniur,

^ Cf. l'arc de triomphe de Baloniqne : Kinch, pi. IV, p. 34 sq.

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en toutes choses/la consultation des victimes ouvertes par les rois des Perses, des Chionites et des Albains sur le pont d'Anzabe *. Ce sont également les auspices défavorables qui décidèrent le roi des rois à retirer ses troupes et à laisser Constance en repos '. Avant d'entreprendre la campagne, Sapor, toujours suivant le même historien ', avait évoqué des ombres et pris l'avis des devins; et enfin il nous est parlé d'un chef perse qui, au vi* siècle, entra en conversation, lui aussi, avec les devins, lesquels lui promirent la victoire *. Ce parallélisme est curieux à observer ; ce n*est pas dans le domaine religieux que Ton eût pensé surtout le rencontrer.

Mais je voudrais principalement m'attacher aux cultes militaires, c'est-à-dire à ceux que rendaient les officiers ou soldats des troupes d'Orient.

L'épigraphie africaine nous met fréquemment sur les traces des dévotions des gens de guerre ; en ce qui concerne la Syrie, nous sommes réduits, une fois de plus, à une extrême pauvreté. Et d'abord, un acte religieux accompli par tout un groupe de militaires à la fois, voilà un fait qui n'apparaît pour ainsi dire pas dans nos sources.

Je rappellerai seulement le passage de Tacite ' relatif à la la coutume des Syriens d*adorer le soleil levant; rien de moins inattendu dans un pays où s'était si longtemps exercée l'action des cultes phéniciens • ; je citerai encore le monument rupeslre que j'ai photographié sur les bords de l'Euphrate, représentant le dieu fleuve étendu et accoudé sur son urne, auquel deux iiexillationes rendaient grâces, après avoir installé l'appareil qui

* Amm., XVIII, 7, 1.

Md., XXI, 13, 8.

» xvm. 4, 1.

* Theoph. Simoc, II, 2, 2.

* UUL, IIÏ, 2.

* Cf. Max. Maysr, Kronos, ap. Roscber, Lexikon der Mytholog. ; infcription de Beyrouth : Rev. archéolog,, XXIII (1872), p. 273. — Si noua voulons poursuivre la comparaison avec la Perse, nous lirons dans Procope (B. P., I, 3, 8-22) qu^au cours d'une campagne contre les Ephthaliles, le roi Péroze se laissa maladroitement couper la retraite. Les Uuns lui demandèrent de se prosterner devant leur chef; comme il hésitait, les mages insinuèrent que cette adoration aurait lieu, en réalité, devant le soleil levant, ce dont Tennemi ne se douterait pas ; et c'est ce que fit Péroze.

236 l'armée

permettait de puiser, à mi-côte de la falaise, dans ses ondes rafraîchissantes *.

11 n'y a guère de doute que des collèges militaires, formant comme des sociétés de secours mutuels etdes caisses d'épargne, se soient fondés en Orient comme ailleurs, et ils se plaçaient sûrement sous le patronage d'une ou plusieurs divinités. Maisles inscriptions n'en ont rien révélé. Elles laissent voir qu'un grand nombre de cultes avaient cours dans cette Syrie, marché oii aboutissaient l'Orient et l'Occident, où devait naître sans peine et se développer le syncrétisme religieux; seulement le hasard a fait que dans la masse relativement considérable des proscynèmes, il en est très peu où soit consignée la qualité propre des dédicants ; et encore ceux-ci sont-ils rarement des militaires 2. Il me paraît évident, malgré tout, que les gens deguerre, indigènes ou non, ont dû s'associer à certains cultes extrêmement répandus dans le pays où ils tenaient garnison ; tel était le culte d'Alhéna', dont les souvenirs fourmillent en Batanée; celui de Dusarès, particulier à la province d'Arabie *.

On a signalé plusieurs autels où apparaît en relief un type local d'Esculape, représenté en officier romain; témoignages sans doute d'un culte dont ce dieu était l'objet dansleHaouran, TAdjloun et le Djebel Riha, plus au nord ; vu le type adopté pour figurer le dieu, on serait tenté de conclure qu'il était adoré là par des soldats ou des vétérans '.

Mais il faut me borner sur ces divers points à une indication

* BCn, XXVI n902), p. 205.6; Mëm. de la Soc. des antiq. de France, LXI[ ri90i[= 1903]), p. 115-7, pi. VI. — Une mosaïque représeaUat TEuphrate a été également découverle par le comte Max von Oppenheim, à El-Mussoudiyé {Zeifsckr. der Gesellsch. fiir Erdk, zti Berlin^ XXXVI (1901), p. 82) ; dans un cartouche était TiDscription, syriaque el grecque (BajiXsù; EuœpixYjc notafjio;) ; add. Byzantin. ZeiUchr.f XlV (1905), p. 5859, n« 91 ;*pl. IV, flg. 21-22.

' Cette qualité, il est vrai, peut se dissimuler; cf. Waddinglon, 2099: "AêiSoî xaî 6ofjiJdt)^7) ŒUfA^to; xtjv NiîcrjV àveOïjxsv. La Niké ne semble guère devoir être vénérée par des civils ; pourtant derrière cette formule se cache peut-^tre simplement un vœu pour les empereurs ; n'imporie qui pouvait l'exprimer.

' Waddington, ad n. 2308; add. 2203 ô, etc.. — Ce n'est, sous une forme hellénisée, que la déesse Allât des textes safaltiques (Dussaud, Les Arabes en Syrie avant l'Islam^ p. 129).

* Tertullian., Apolog., 24; cf. Waddington, ad n. 2023.

^ C'est Thypothèse plausible du P. Jalabert, Mélanges de la Faculté orient, de l*Univ, Saint- Joseph, Beyrouth. I (1906), p. 157-161.

RÂGIME ADMINISTRATIF ET LEGAL DE l'aRMÂB 237

hypothétique. Veaons-en aux dédicaces sans ambiguïté, si peu nombreuses.

L'une d'elles est offerte au Soleil * ; ce n'est probablement qu*un échantillon entre beaucoup. J'en rapproche tout de suite une inscription d'Héliopolis ^. où l'acte de piété s*accompagne d'une libéralité. Le passage est facile d'Hélios à Zeus, qu'on trouve gratifié d'épithètes variées '.

Parmi ces inscriplions, il en est où l'expression d'une pensée religieuse s'unit à une manifestation de loyalisme ^ ; un centurion de la leg. XVI FL F, a élevé, pour le salut des empereurs, TT,v EtpTÎvïjv et TT)v ETffiv ». Uu autrc, do la [777 Gallica], Iulius Germanus, pour le salut et la victoire de Commode, a dédié un Tux«ïo^ *•

Ce dernier sentiment est en somme celui qui prédomine: il serait superflu, d'énumérer la foule des monuments où s'affirme la vénération envers les Césars. Chaque fois qu'un pan de mur s'élève ou se restaure quelque part, on tend à encastrer une pierre inscrite au nom du prince régnant, forme d'acclamation \ Les témoignages relatifs au culte impérial

* Waddingtoo, 2407 : ['HjXdj) ôetp {jiSY^<i[xq>... 'I]ooXtavô; àxaxovtap^oc XeY(ttt)voç) 8* ZxuOixTjc ÊÛyjfW.

* Ibid,, 1180 =CIL, III, 13S add. : Àur. Ant{onitu) Longinus, specul{a' ior) leg. L [An]toninianae (= Parthicae)^ a offert m{agnU) diis Heliupoliitanis), pour le salut et la victoire d'Antonio le Pieux et de lulia Aogosta» capita eolumnarum dua (sic) aerea auro inluminata sua pecunia ex uolo.

» Ewin, PalesL Expl. Fund, 1895, p. 136, n» 62 (Saura, du Haouran) : dédicace à Zens Ammon, par M. Aur. Theodorlus], a quaest(i)onar(i)is leg, III Cyr,; Waddington, 1922: Au [*I>pa]Tp(q> xal'^Epcf, bioX<: iraTptpotç T. 'Io'jXioç M(z^t{xo<; aTpaT(ia)XT)ç) X6y(sÛ)voç) y' K'j(pr^vaïxiîç), Boslra ; 2290 (Hehran) :Ati xuptqj [êjux^Î'^» IXaafaç x*?'^ [Aixi](jtoç 'Ioj[Xt]o; <l>a[oi]3ivoç [aip]axiwtT^[; Xêy£<*>Noc.... ; 2291 (ibid.) = CIL, III, 108 : [in aede] louis C. Iul[ius Maxi]mu8, uetran{us), qui sub ambos militauitf f[e]ciL Ici le sentiment est plus complexe : Tbommage s'adresse avant tout A deux chefs et bienfaiteurs du soldat.

* V. ci-dessus, note 2.

* Waddington, 2526-2527 (Phaene = Mismié).

* Ibid,, 2413. —Dans un autre texte, ce n'est plus de loyalisme impérial qn'ii s'agit : Eîtka, sur un petit édifice à arcades (ibid., 2115) : A?Xtoc Majiixoç eicap^oc x-ji Traxptot exiiasv. Le personnage peut être, ou UD préfet de cohorte, ou le pbylarque d'un district arabe.

' Exemple frappant d'Adraa (Brûnnow,*/iii/i.d« PahUtina'Vereins,iS97j p. 40 = Glermont-Ganneau, Rer, d'arch. orient,, II (1898), p. 243) : 'Yirep Œttixijpiaç xoû xupiou -^(xûv aÙTOxpàxop(o;) raXXiîjvoij 2e6(aaT0Û) à<piepcôOi) 6 irtSpYoc, xtX.

238 l'armâe

sont rares en revanche, parce que les sacerdoces qu*il implique ne pourraient guère être rappelés que dans des cursus honorum municipaux; or ceux-ci font défaut : les gens de Syrie et d*Ârabie avaient, si j'ose dire, Tépitaphe modeste, au rebours de ceux d'Asie Mineure. Voici, par exception, un Itz'.Xvai[o<:] (soldat d'élite) qui est en outre prêtre des dieux Ântonîn et Commode *. Cette dévotion aux empereurs s'explique en Syrie plus facilement encore que dans d*au très provinces : les troupes du pays, sous le Haut-Empire à tout le moins, savaient gré aux Césars de la vie douce et calme qui leur était faite ; ellesmêmes, au m' siècle, eurent plus d'une fois Torgueil et la joie de proclamer des empereurs; les règnes de ceux-ci furent courts, et passagère la faveur dont ils jouissaient ; eu tout cas il y avait beaucoup d'élan dans ces hommages momentanés*.

* Waddinglon, 2380 (Selaemia = Sleim).

^ La plupart des Césars, arrivant au trône par descendance légitime ou adoption, étaient dieux, fils de dieux. Les Syriens s embarrassaient peu des exceptions : deux inscriptions curieuses (Waddington, 2076) portent une dédicace eetjtMapeCvcfj ; on ne fil pas difficulté de diviniser après coup Marinos, le père de Philippe FArabe, lui-même ancien chef de brigands, et non fils de prince.

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