‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 24 sur 93 · XVIII, 6, 8 ; XXI · texte numérisé non relu

XVIII, 6, 8 ; XXI

^ XXl, 1, 7. Julien lui-même parle des éclaireurs dans une de ses lettres {Epist., 27).

^ XXIV, 1,2: l'auteur parle de 1500 excursatores ; XXIV, 5, 5 : « trois cohortes de nos coureurs ».

'* Par exception, les Romains eux-mêmes se servent de flèches contre les adversaires dont Tare est Tarme principale, ainsi dans la guerre juive, au siège de Jérusalem (Suet., Tit., 5). Chez les Byzantins, ce devient une arme estimée ; dans le Stralegicon de Maurice (ï, 2, p. 20), « les jeunes gens qui ne savent pas encore se servir de l'arc doivent recevoir deux lances et un bouclier. »

^ Qui sont peut-être seulement des NofxaoEi; ou Soénites d*Arabie. Il se peut aussi que certaines cohortes aient reçu une division d'archers : inscr. de Garnuntum du temps de VespasiiBn (CIL, Ilf, 13483»j : Proculus, liabili /"., Col., Philadel{phia), mil, optio coh. Il Italie, c, R., (cenluria) F[aus]tinit ex uexil{lariis ?) saQil{lariis) exer(cilus) Syriaci slip. VII (Bormann), ou bien ex u^xil{latîonibus) sagU(tariorum) ; uexillariis s'appliquerait plutôt à un vétéran, et celui-ci n'a que sept ans de service.

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dans les alae; en revanche, ces cohortes sont equitatae, J/arc est en effet l'arme par excellence du cavalier oriental *.

Les dommages qu'ils en ont reçus ont, à la longue, modifié à cet égard les idées des Romains. Dans la 'Notitia, les archers montés apparaissent parmi les corps d*élile S mais généralement en fin de liste ; chez les Romains, les préjugés disparaissent ou s'affaiblissent aisément dans la pratique ; ils sont singulièrement tenaces dans la forme, persistent dans le langage. Procope nous en apporte une nouvelle attestation : « Quelques-uns, dit-il, appellent par raillerie nos soldats des archers (xoÇ<5xa<;) et réservent pour ceux d'autrefois les noms (plus glorieux) de scutaires et de soldats combattant de pied ferme '. » 11 critique cette étroitesse de vues et poursuit sa description : « Nos gens de traits ne vont au combat que couverts de cuirasses et de cuissards. Ils portent des flèches attachées au côté droit, et l'épée à gauche. Quelques-uns ont une javeline sur l'épaule et un bouclier sans anse, dont ils se couvrent le reste du corps, excellents cavaliers, ils décochent leurs traits à la course et atteignent l'adversaire, poursuivants ou poursuivis. Ils lèvent l'arc à la hauteur du front, tirent la corde jusqu'à toucher Toreille droite et chassent la flèche si violemment qu'il n'est bouclier ni cuirasse qui n'en soit transpercé * t.

Élèves des Perses pour le tir à l'arc, les Byzantins ont-ils

* Âbgar d'Osrhoèae, lorsqu'il vint personnellement au devant de Trajan, pour lai rendre hommage, lui offrit en présent 250 chevaux et 60000 flèches (Dio Gass., LXVIII, 21).

* Comités sagittarii Armeni, dans les uexillaiiones palalinae du praesentalis d^Oneni {Wly3i)\ Equités primi sagiUarii d&ïïs les comilatenses du magxster mititum per Orientem (VU, 33). Sous chaque aux, une série d'Equités sagiUarii indigenae : Phénicie (XXXII, 24 à 26, 29), Syrie (XXXIII, 18, 20 à 22). Palestine (XXXIV, 25 à 27, 29), Osrhoène (XXXV, 20 à 22), Mésopotamie (XXXVI, 25 à 28), Arabie (XXXVÏI, 20,23). Arménie (XXXVIII, 11-12).

' fi. P., I, 1, 8.

^ C'est là du moins l'archer byzantin idéal; Procope lui-même en a connu de moins brillants. Bélisaire, revenu d'Italie, amassait toutes ses troupes en Mésopotamie, « équipait des soldats qui manquaient presque tout d'armes et de vêtements et qui tremblaient au seul nom des Perses» B. P., II» 16, 2). Mais voici on détail qui nous est rapporté et qui prouve la dextérité de beaucoup de ces gens de guerre : à la bataille du Yarmouk, un grand nombre de musulmans furent blessés à l'œil (v. Pcrnice, op. laud., p. 274).

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réussi à surpasser leurs maîtres? Du moins, selon un témoin qui n'est pas toujours irrécusable, les archers perses auraient été de plus faible mérite : « Ils lancent plus de traits, ne combattant qu'à tour de rôle ; ceux qui se retirent sont remplacés par d'autres sans qu'on s'en aperçoive *». Procope y insiste ailleurs * : « Les Perses tirent de l'arc plus souvent, mais les flèches pénètrent moins profondément, s'émoussent ou rebondissent contre le casque, la cuirasse ou le bouclier du soldat romain ; car ils les lancent avec des arcs trop mous et d*une tension insuffisante ; celles des Romains sont plus espacées, mais portent mieux, grâce aux arcs plus rigides et plus tendus. > Delbriick ' rejette celte opinion comme fantaisiste : il n'est pas possible que les Perses aient moins progressé dans cet art que les Romains * ; et, de plus, sur un des bas-reliefs que j'ai cités, Chosroès à la chasse est représenté tirant la corde jusque derrière l'oreille, comme il est dit des Byzantins. — La critique la meilleure, à mon sens, de cette allégation de l'historien de Césarée se fonde sur la composition même des armées de ce temps : il y a un peu de tout dans celles des Byzantins, comme dans celles des Perses. Les barbares enrôlés ne se sont pas souciés d'étudier de savants traités tels que le iiepi To$c(a; ^ ; ils ont leur pratique traditionnelle dont profitent tour à tour les généraux qui recourent à eux.

Il serait peu raisonnable, malgré tout, de pousser trop loin le scepticisme : il est incontestable que l'exemple des Parthes, puis des Perses, a déterminé leurs rivaux d'Occident à s'exercer au tir à Parc avec une assiduité toute particulière, comme il a généralisé l'emploi des combattants cuirassés.

* Procop., ibid., 1, 14, 35.

« B. P., I, 18, 46. — Ammien (XXIH, 6,37) fournit des renseignements de tout autre nature : « En Cbaldée se fait l'huile des Mèdes ; on en frotte les flèches; si on les fait partir lenlenienl, elles allument, là où elles s'attachent, un feu que le sable seul peut éteindre. »

' Op. laud., II, 2, p. 364.

^ Dio Cass., XL, 22, dit expressément que les flèches des Parthes pénètrent à travers boucliers et vêtements ; mais ce renseignement est donné à propos de Grassus, dont les hommes n'étaient protégés, la plupart, que par des justaucorps de cuir.

^ Kœchly-Rustow, Grieck. Kriegsschriftsteller, II, 2, p. 198-209. Cf. aussi, dans le Strategicon de Maurice (I, 1, p. 18-19), les conseils qu'il donne pour le maniement de rarc« à la manière romaine ou persique» et Pentraîoement des archers, qui doivent être exercés à user saccessivement des flèches et de la lance.

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