‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 40 sur 93 · B.L, III · texte numérisé non relu

B.L, III

^ Pour les autres, je renvoie purement et simplement à Brûnaow- Domaszewski^ Die Prouincia Arabia {pamm), Dussaud et Macler {Voyage archéologique au Safa, Paris, 1901, p. 26 sq.) décrivent ceux qu'ils onl relevés à la lisière du désert, entre Damas et le Haouran. V. aussi A. v. Domaszewski, Die Principia desrôm, Lagers (Neue Heidelberger Jahr bûcher, IX (1900), p. 141 sqO) travail consacré essentiellement au camp de Flauius Silua, près de Massada sur la mer Morte, comparé avec ceux de Ledjoun et d'Odroun.

'Amm. Marc, XVIII, 7, 6.

* Vers Gtésiphoû(Amm., XXIV, 5, 12), on éleva un solide rempart, on creusa des fossés profonds el les garnit de fortes palissades, pour se garantir des brusques attaques. Les soldats de Jovien, autour de leur camp (Id., XXV, 6, 5), plantent des pieux pointus comme des épées. — D*après un texte isolé de Ménandre, cilé par Suidas (s. u. 'ATcsxàcppeuov ; cf. Mûller, FHG, IV, p. 259, 8), les Romains avaient longtemps laissé en désuétude le soin de fortifier leurs camps avec des fossés ; c'est Maurice, d'abord général en Orient, plus tard empereur, qui revint à cette sage pratique. Voilà encore sans doute un de ces compliments de circonstance auxquels ils ne faut pas attribuer le sens large qu'ils paraissent comporter. Cf. Socrat., //. eccLy VII, 20, p. 780 Migne : Ev6a Ti?jv xà,ppov ol 'PwfJtaïot TCpô<; otxsiav cpuXaxrjv eTteTioCr^vTO (a. 420).

B Dio Cass., XLIX, 20.

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traite à peine des castella : il recommande d'y mettre en sûreté les bagages et les bêles de somme et de multiplier les veilles, surtout quand les alentours semblent tranquilles '.

Les récits de campagnes ne laissent rien apercevoir de la distribution générale des troupes à Tintérieur d'un campement, et les traités de castramélation en dissertent à un point de vue tout théorique. On nous dit qu'Hygin, écrivant son livre De munitionibus castronnn -, avait en vue une expédition en Orient, attendu qu'il réserve dans son camp une place pour les chameaux^; mais la date assignée à cet écrit reste encore conjecturale *, et ce détail, auquel on attache tant d'importance, est peu décisif : Hygin a pu prévoir l'emploi de chameaux de transport, sans craindre de ghsser dans son opuscule des principes datant de plusieurs époques et concernant diverses parties de l'empire. Ce genre de compilation était parfaitement dans les usages de Tantiquité.

§ V. -— Attaque et défense des places.

Les guerres d'Orient sont en majeure part des guerres de sièges. A ce titre encore, il est très légitime, à propos de la défense de TEuphrate, de tenir le plus grand compte des opérations qu'amenèrent les deux révoltes juives ^ car les Romains y perfectionnèrent leur poliorcétique. Ce peuple Israélite se soulevait dans des conditions toutes particulières : il s'était fort peu exercé au métier des armes ; à peine en avait-il ; la levée en masse lui avait donné une infanterie, mais pas de cavalerio ; les chefs aussi lui faisaient défaut*. 11 fallait donc renoncer aux grandes batailles en rase campagne et se borner à défendre les centres d'habitation ; c'est ce qu'ils firent avec

' Cf. redit. Domaszewski, avec Irad. allemande, Leipzig, 1897 ; v. pi. I et II.

^ iii<^ siècle (?;, Sch.inz, Ro7n. Litteraturgesch. ', II, 2 (1901), p. 401-2 ; vers la fin, dit Schiller, Kriegsalterth, *, 1903, p. 259.

^ Celle histoire commence même pournousau premier siège de Jérusalem, où Pompée disposait de machines qu'il avait fail venir de Tyr (los., B. /., I, 147).

*• Ce sont les trois points que développe avec raison Titus, dans ïadlocutio que Joscphe lui prête devant Tarichée (B. /., III, 477).

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une sauvage énergie. La médiocrité de l'armement était ainsi moins fâcheuse, la cavalerie devenait inutile, et quant au commandement, il demandait moins de science et d'expérience. Enfin les assiégés pourraient profiter à Toccasion des embarras que causerait aux Romains le manque de bois S pour la réparation et le renouvellement des machines endommagées ou incendiées, pour la construction des plates-formes. Les villes, en revanche, s'entouraient de formidables murailles, car on avait en abondance d'excellentes pierres de construction, et de plus la contrée fournissait bon nombre de positions escarpées et naturellement très fortes.

Les Juifs, à l'origine, n'avaient pas de machines ^ ; la malheureuse retraite de Cestius leur en livra ^ dont ils se servirent pour la défense de Jérusalem : d'abord, ils en tirèrent peu d'avantage, faute de pratique et n'en ayant appris le fonctionnement que par quelques transfuges qui en étaient mal instruits *. Peu à peu ils progressèrent, découvrirent des moyens ingénieux de porter les coups et de s'en garer. Cependant l'attaque faisait des progrès parallèles : on inventa de nouvelles batteries ^.

* Lors du siège de Jérusalem, sous Titus, ils devaient en aller chercher jusqu'à 90 ou 100 stades de la ville {B, /., VI, 5-6 et 151) ; on ne trouvait aux alentours que des clôtures et des haies, ou de petit arbres fruitiers, que Titus lui-même décida d'abattre, parce qu'ils servaient à dissimuler les sorties des Juifs (V, 106-107, 264). Pour avoir des poutres de forte taille, destinées à soutenir le temple, le roi Agrippa en avait dû amener à grands frais du Liban ; Jean de Giscala les fit scier pour la charpente des tours de défense (V, 36-38). Il est parlé d'une forêt où s*élaient cachés 3000 Juifs, échappés de Machéronte ; Bassus commença de faire tailler les arbres pour obliger ces malheureux à en sortir (VII, 210 sq.) ; c'était déjà la fin de la guerre.

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