‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 41 sur 93 · B. L, II · texte numérisé non relu

B. L, II

3 Jbid., 553.

♦/^trf.,V, 267-268.

* C'est ce qu'affirment Tacite (//wr., V, 13) pour le siège de Jérusalem et, pour celui de Massada, Josèphe, qui attribue l'invention à Vespasien et Titus eux-mêmes (B. /., VII, 308). Hadrien montra moins de fertilité d'esprit ; une lettre qu'il adressa à l'architecle Apollodore d'Athènes a été retrouvée dans l'introduction à la Poliorcëtique de cet auteur (Plew, Quellenunterstichwigen zur Geschichte des Kaisers ^adnaw, Strasbourg, 1890, p. 92-96). L'empereur lui demande des conseils en toute hâte pour la coQstruction de machines nouvelles ; il s'agit d'assiéger, non plus des villes, mais des masses populaires tapies dans des coins de montagnes et avantageusement retranchées. Apollodore envoya des dessins avec légendes, correspondant à toutes les conjonctures qu'il prévoyait, sans

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Au sujet des guerres parthiques, on s'étonnera moins encore des combats engagés autour des places. La lutte se concentre-t-elle en Arménie ? Aucune position n'est sûre, dans ce dédale de vallées, que derrière des remparts; en outre, un simple castel bien situé peut interdire un important passage ; on ne tient ce r-éseau de couloirs que par les clefs qui les commandent. Dans les plaines de Mésopotamie et aux approches des fleuves, le problème se résout de façon analogue : ce ne sont pas là pays « de peuplement » ; une victoire retentissante n'en rendrait pas maître ; la population y est clairsemée, mais il y passe des routes, des pistes de caravanes, que surveillent des châteaux forts. Pour garder cette contrée, il faut avoir conquis et continuer d'occuper toutes ces positions isolées *. Les Parthes, dit-on, et les anciens déjà le répétaient, furent toujours inhabiles aux sièges. Le fait est indubitable, mais d'intérêt secondaire : ce n'est pas eux qui attaquaient; à Tannonce d'une menace formelle, d'une attaque certaine et préparée, il leur arrivait de pousser une offensive, mais où Ton ne doit reconnaître que bien rarement une pensée de conquête ; il s*agissait d'user l'ennemi pour lui ôter l'envie de revenir. Les Sassanides succèdent à la famille d'Arsace ; eux sont agressifs : dès lors, forcément, ils s'exercent au siège des places. Ils disputent âprement la possession de Nisibis, mettent tout en œuvre pour empêcher que les Byzantins ne fortifient le poste-limite de Dara. Cette question des castella de frontière domine longtemps les négociations de paix.

Les Arméniens ont devancé les Parthes dans l'intelligence des ressources qu'ofi'rait Tartillerie. Serait-ce que chez eux les idées helléniques avaient mieux réussi à s'infiltrer? Nous

connaître le pays. Ces précautions durent être prises en vue do la guerre contre Barkokéba.

* C'est ce que Julien ne comprit pas : au fur et à mesure qu'il s'avançait vers le sud, il détruisait les camps perses et en exterminait les garnisons, à moins qu'elles n*eu8sent fait leur soumission ; mais celle-ci ne pouvait ôtre qu'apparente ; ces hommes restaient neutres, tout simplement, en attendant la fin (Amm. Marc, XXIV, 2). Libanios seul a naïvement loué cette imprudente confiance (Or. XVIII {'Ertxao'oc Im 'louXtavM>), 219 ; II, p. 332 Fœrster). — Le transfuge Antonin avait vivement finj;agé Sapor à ne pas s'arrêter à des sièges de villes et à marcher droit sur TRuphrate (Amm., XVIÏI, 6, 3); le désert qu'on fit devant le roi ne permit pas l'exécution de ce plan, et sa campagne de cette année s'acheva sur le très long siège d'Amida.

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voyons que Tigrane gardait auprès de lui Callimaque, un Grec évidemment, à qui son expérience militaire, son « habileté pour Tinvention des machines » conféraient une réelle autorité*. Mais les Occidentaux n'avaient peut-être pas en ces matières un savoir exclusif, puisque le même Tigrane trouvait chez les gens de Gordyène des ingénieurs militaires émérites ^ Quoi qu'il en soit, les Arsacides négligèrent de se pourvoir de machines de guerre ; ils dédaignèrent même d'utiliser celles que la fortune faisait tomber entre leurs mains, et de tenter l'apprentissage que les Juifs, bien plus tard, devaient entreprendre avec succès. Lorsque Antoine commit la faute d'isoler son matériel, a les barbares se saisirent des batteries et les mirent en pièces ' », au lieu de se les approprier. Il y avait parmi elles un bélier de quatre-vingts pieds de long. Corbulon, dans sa campagne d'Arménie, possédait aussi nombre d'engins militaires ; il en est qu'il mit en action sur des bateaux ancrés au milieu du cours de l'Euphrate *.

Les hasards de la guerre — ou de l'information — font qu'il ne nous estplus parlé de l'usage de machines dans les guerres parthiques avant celle de Septime Sévère ; Trajan d'ailleurs en avait sûrement braqué contre Hatra, mais sans succès. Sévère remit le siège devant cette ville ; par deux fois ses ouvrages furent brûlés, les habitants les ayant couverts d'un feu qu'on disait inextinguible S obtenu sans doute par le naphte ^ Les indications touchant la poliorcétique deviennent infiniment plus, considérables avec Ammien Marcellin ', qui consacre un long chapitre à décrire les machines charriées par JuUen; il est intéressant de le comparer avec Végèce *, qui a utilisé sans méthode une grande variété de sources, et avec Procope qui apporte un commentaire analogue à propos de la guerre des Goths^. Vitigès disposait des mêmes engins de guerre;

* Plut., LuculL, 32.

2 Strab., XVI, 1, 24, p. 747 G.

8 Plut.. AnL, 38.

* Tac, Ann., XV, 9.

•DioCasB., LXXV, 10-H.

* Zonar., XII, 10 ; II, p. 551 Bonn. — Les Arméniens s'en étaient également servis à Tigranocerte : Sallust., Hist. reliq., 61 (Maurenbrecher, I, p. 180).

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