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3 Cf. dans Ammien seulement : XVlll, 10, 1 ; XXI, 13,3, XXV, 6,6. C'est un transfuge qui apprit aux Perses la mort de Julien (Liban., I (B(o;), 134 ; Foerster, I, p. 147). — En sens inverse, les persécutions religieuses firent passer beaucoup de chrétiens de Perse en territoire romain, surtout sous Théodose (Socrat., H, eccL, VII, 18, p. 773 sq.; cf. Theophan., 85-86).
♦ Amra. Marc, XXV, 7, 1 : exploraiorum perfugarumgue ; cf. XXI, 13,3.
^ Ammien (XVIII, 5, 1) dit très bien d'Antonin : ulriusque linguae lit* ter as sciens.
^ Je ne sais quelle étourderie m'a fait imprimer autrefois {Mëm. de la Soc, des antiq, de France, VII® série, lome III (1904), p. 259) que les auteurs grecs ne nous apprenaient rien sur ce service.
^ Déjà, sous Constance, des officiers romains d'Orient envoient en Perse des espions qui rapportent la nouvelle que Sapor est fort occupé contre divers envahisseurs (Amm. Marc, XVI, 9, 2-S).
8 B. P., I, 21, 11-13. Le même Procope, devenu pamphlétaire dans VHistoria arcana, s'exprime ainsi (30, 12-14) : « Autrefois TEtat entretenait des espions qui, sous prétexte de négoce, allaient chez rennemi et jusqu'au fond de la Perse. La même coutume existait depuis longtemps chez les Perses. Ghosroès a augmenté le salaire de ces agents, dont il a
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Un anonyme byzantin fait allusion, à propos des transfuges (aùx^fxoXot), à une ruse des Perses qui, sous couleur de présents, dépêchèrent dans une ville ennemie un corps de troupes, lequel s'en empara * ? Le Sirategicon de Maurice contient bon nombre d'avis sur la question : « Certains chefs ont décidé d'envoyer à l'ennemi de soi-disant transfuges, pour lui faire croire que Tarmée dont ils faisaient partie éprouve des inquiétudes 2. » — a II ne faut pas accorder immédiatement sa confiance à ceux qui font défection, car souvent leurs allégations sont mensongères, mais plutôt à ceux qui ont été capturés dans une escarmouche ^. » Quant à ces derniers, « s'ils n'ont pu observer chez nous que le bon ordre, les renvoyer; ils effraieront l'ennemi par leurs rapports ; s'ils nous ont surpris en fâcheuses dispositions, les mettre à mort ou en lieu sûr * ». Du reste, la possibilité de trouver des gens qui inclinent à trahir paraît si grande qu' « il faut envoyer des irp68pofjLot {exploratores, observateurs d'avant-garde), ne serait-ce que pour les recueillir * ».
Il est clair que de tout temps des services d'éclaireurs ont été organisés: Plutarque rappelle les oxoTrof de Lucullus et les oxoOXxoi de Crassus ®,dont les qualifications semblent répondre
tiré grande utilité. Et nous, nous avons perdu la Lazique pour n'avoir pas su de quel côté le roi de Perse avait dessein de tourner les armes. » Il n'est pas impossible qu'il y ait eu un certain relâchement de la part de Justinien, ni que Procope Tait exagéré. Dans le BelL Pers,, les espions dont il est parlé semblent improvisés (î, 15, 4 : deux doryphores vont espionner le camp barbare ; II, 25, 10 et 15 : les Romains saisirent un espion perse et en envoyèrent des leurs). Sous Honorius et Théodose II, au commencemenl du v** siècle, une constitution avait été rendue, après entente avec la Perse, qui désignait certains lieux spéciaux pour les échanges avec ce pays, ne alieni regni, quod non conuenit, scrulentur areana; exception était faite seulement pour les négociants qui accompagnaient les ambassadeurs de leur nation. (G. lust., IV, 63, 4, pr. et 1).
« Ospt orpaTTjYix?);, XLI, 4 (Kœchly el Rûstow, II, 2, p. 188) : XpTj lï ou p.6vov toutou; (= toù; eÙTeXe(JTÊpou;)(puXdtTT6j6at,àXXà xai6'jou; eî^Sou- XeCav i^iii"* icpoçaaei Scupei; iiéfXTCOuaiv ol iroXéfAiot, ïiztl xat UipioLi ttotI xpiaxoaiou; avSpa; èv a^^-ïjfxaTt SouXefa; Stopeàv aTeiXavTe; 8t 'auTtiôv tyjv ii6Xiv icapéXa6ov.
* IX, 2, p. 206.
3 IX, 3, p. 213.
* VÏII, 2, p. 186.
» VII (bis), 13, p. 163.
^ LuculL,25; Crass.^ 20. — Nous avons un chiffre pour la basse époque par Théophylacte Simocatta (III, 7, 5), qui signale un combat de 2.000 éclaireurs à Tavant-garde.
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aux termes (Texploratores et de praecursores * ; toutes les années en ont S mais le détail nous en échappe '.Le Strategi- C071 de Maurice s'applique à préciser certains termes : à cette date, celui d'exploratores * sérail le plus exact (en grec xaxeiaxoTioi *) ; on appellerait ciirsores ceux qui poursuivent les fuyards, appuyés par des defensores en cas de grave retour offensif. Mais la terminologie semble flottante, ou tout au moins les cadres •.
Traîtres et déserteurs avaient un rôle de premier ordre dans des campagnes entreprises sur de vastes étendues, mal connues de l'envahisseur et aussi déconcertantes que Tétait, par exemple, le plateau arménien ; il fallait des guides expérimentés ^ Ce fut encore là l'origine de plus d'un guet-apens. Dans la guerre lazique, les Dolomites de Nacoragan voulaient surprendre dans leur sommeil les Sabires de l'armée byzantine ; en route, ils prirent pour guide un Colque, qui gagna de l'avance, s'échappa et courut avertir les dormeurs : à leur arrivée, les Dolomites furent massacrés •. Une autre fois, le chef des Byzantins envoie 50 hommes découvrir les intentions des ennemis ; ils rencontrent deux espions vêtus à la romaine et les gardent avec eux ; mais ceux-ci, pour sauver leur vie, se déclarent du parti qui les a surpris et proposent à ces éclai-
* Les speculatores revenus de Judée et de Syrie, qui annoncent à Vitellius que TOrientra reconnu (Tac, HisL, II, 73), paraissent plutôt des émissaires à son service personnel. Ammien rappelle des procursatores des Perses (XXIV, 1, 10); ailleurs il parle des speculatores (XVIII, 6, 8).
2 De la première armée musulmane, qui envahit la Syrie, se détache une troupe d'éclaireurs de 15 hommes; elle vient en contact avec un avant-poste ennemi fort de 50 (De Goeje, op. cil. y p. 45).
^ A l'époque d'Ammien (XXI, 7, 7), il semble que les exploratores soient les éclaireurs expédiés à grandes distances {sic sous Jusliniea : Procop,, B. P., II, 16, 3) ; quand l'ennemi est très rapproché, on dépêche môme des officiers, comme Ammien (XVIII, 6, 21) lui-même, avec un centurion.
^ Et, plus récemment, axouXxdxwpE?.
* De même, le terme de praetentura dans Ammien (XXI, 13, 3 : praetenluris luncluros cileriores Tigndis ripas) a le sens manifeste de corps de garde avancé, vers le limes. En général, il signiîie la section antérieure d'un camp (Hygin., 14).
'' Un Marde rendait ce service à Antoine et lui tenait lieu de conseiller (Plut., AiU., 46).
8 Agath., III, 8, 3,
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reurs de les conduire nuitamment, par un chemin détourné, à un endroit où ils pourront assaillir à Timproviste les Perses couchés sur Therbe. Et, dans leur crédulité, les 50 se laissent entraîner dans une savante emhuscade *.
§ VII. — Stratagèmes divers.
Le droit parlementaire lui-même était peu respecté dans la pratique : avant d'attaquer Bezabde, Sapor délégua des cadticeatores pour proposer la paix, qu'assurerait une reddition immédiate ; les habitants, dit Ammien *, <r ne leur firent pas de mal, quoiqu'ils se fussent fort approchés des murs, parce que ces parlementaires avaient pris la précaution d'amener avec eux des prisonniers de Singara », que les Romains ne voulaient pas frapper par maladresse.
On ne saurait, à vrai dire, reprocher aux belligérants d'avoir profité des infériorités temporaires qu'infligeait à l'un d'eux telle observance religieuse : Pompée s'empara aisément de Jérusalem grâce au sabbat, durant lequel les Juifs restaient inactifs ; il eut ainsi toute liberté de combler le fossé et la vallée du secteur nord, d'y disposer ses tours et ses engins *. Pareillement, l'armée perse attaqua une fois ses adversaires chrétiens la veille de Pâques, eu égard au jeûne qui les avait affaiblis * ; dans une autre circonstance, elle choisit le dimanche, jour de prières, où Ton oubliait les batailles ^. Quanl aux Byzantins, ils tinrent souvent grand compte d'un fait tout à leur avantage: ils prenaient de la nourriture dès le matin, les Perses rien que le soir ; il convenait donc de provoquer ceux-ci dès la seconde moitié du jour, avant qu'un repas les eût réconfortés ®.
On pourrait citer encore bien d'autres traits de cette stratégie c à côté » : ainsi la feinte des Juifs de vouloir traiter de la paix "^ ou même se rendre •, afin de reprendre haleine ou d'exposer à leurs coups une petite troupe isolée et confiante.
« Theoph. Simoc, III, 7, 4-6.