‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à la conquête arabeChapitre 71 sur 93 · XXXVIII · texte numérisé non relu

XXXVIII

* Plut-, P<mip., 35,36; Dio Cmb., XXXVIII, 3; cf. Lacan., PAars., VIII, 133.

L OCCUPATION" TBRRITORIALE

tradition populaire alLrihuB la création û Auguste '. Pompé' -^^^ avait opéré, en outre, dans l'Ibérie, vers Sausamara et Hai— ^l^ mozica'. Daa» cette dernière \-ille ' il y avait probablemen^c= une {garnison romaine 90U9 Vespasien, en "5 ': elle était prè ^^ de Tillis, c'est-à-dire à peu de diittance de la passe de Dariel '^^ qui aura nécessité ce déploiement de forces.

Sur cette passe Pline fait un récit un peu romanesque: ces ^^ Portes Caucasiques sont « un immense ouvrage de la nature -^^ qui interrompt brusquement la chaîne des montagnes. Làson^ -^^ des portes garnies de poutres Terrées '; au-dessous passe uir^ cours d'eau exhalant une odeur infecte ; en deçà, sur un ro — -^ cher, la forteresse Cumania, élevée pour empt-clier le passage»-^ d'innombrables bordes; ainsi, jusqu'en face d'Harmaslus, un^^ -^ porte sufill à fermer l'entrée du monde >.

Nous ne savons pas en somme comment les Romains s'v-^^„ prirent du temps des Parlhcs pour obvier à cette menace ?; mais des documents comme l'ËKTi^t; x^t"a>ivù.v semblent bien^e~ ^ montrer qu'ils ne laissaient à personne le soin de défendre^^^ leurs territoires ou leurs clients. Pour l'époque des Sassauides,^H^ ■ Lydus ' rend compte de « ce qu'on disait » de son temps - — Après la ]mx do Jovien, les Romains, ayant reculé, ne fiirent^^W

plus autant en mesure de veiller sur le défilé du Caucase '. -

Les Perses demeuraient bien loin eux-mêmes. Il fut convenic='^

' Cf. MCiller-Simciniset Hyvernat, op.lau<l., p. 84. —Ainsi s'expliquentcertaines allusinns dans les panégyriques des poètes : ....Incediitil uiclae tongo ordine grrdes...

Ifiilomilique Dahae et pontem indignalin Araxes.

(Verg., Aeneid., VIII, 722, 729).

Polabisgalea fessus Araxis aqvam.

(Propert., III, 12, 8).

• Slrab., XI, 3, 5, p. 50( G : Tayrii; oÈ ixpii'"^'' ''«'î eï'ÔiXiîc icpitEpov rio(iTT)iioî ex Tûiv 'ApjJEviujv 6p[jiJi9Eiî, xai fiETà Taùta KavCSio;.

' Appelée Hiirmastus dans Plin., H. S., VI, 29, et 'Apixixtixa dans Ploient., V, iO, 2.

' CIL, tu, ad n. G052 : l'empereur et son (Ils ont n rortittâ les mura * et sans doute y ont mis UD corps de troupes.

' Broaset fail dériver le mot de Dar-l-Alan, porte des Alains. « Fores additae lerratit lrnbibui{H. N., VI, 30). ^ De magntr., 111, 52-53, Wuensch.

" En réaliié, parce qu'ils abandonnaient alors l'hégémonie surritùrie, dont ils s'étaient prévalus depuis Trojan. Arrien, ajouta Lydas, a traili de la quesUon dans le VII1° livre — perdu — de ses Hapftixfk. ■

l'extrémité du PONT-EUXIN KT les régions CAUCASIQUES 369

entre le préfet du prétoire Salluste et les nobles perses (puis Izdegerd confirma leur convention) qu'à frais communs les deux empires bâtiraient un château fort à l'endroit dangereux et y mettraient garnison. Occupés ailleurs, les Romains laissèrent les Perses construire tout seuls le castel de Biraparach * et y établir un corps de troupes. Mais ceux-ci protestaient contre cette charge exclusive et ne cessaient de réclamer la SaitxvT^ pour les Portes Caspiennes ^, Ce fut Torigine de guerres fréquentes entre les deux états ; les Occidentaux temporisèrent, flrent des largesses provisoires ou quelques concessions '. En résumé, Lydus est bien obligé de laisser entendre que ce sont les Romains qui manquèrent de parole.

Finalement, lors de la paix de 561, il fut entendu * entre Justinien et Chosroès que les Sassanides seuls, dédommagés sur d'autres articles, se chargeraient d'empêcher les Huns ou les Alains de franchir les Portes Caspiennes ou le pas de Corylzon ^ Les Romains ne voulaient décidément pas y contribuer, et le fait surprend d'autant plus qu'au cours des mêmes négociations, d'après Menander Protector, ils insistèrent à plusieurs reprises — mais sans succès — auprès du Suréna pour obtenir la Suanie •, dépendance de la Lazique, et qui était assez voi-

* Variantes : '[oupo-etirad)^ dans Priscos, ap. deBoor, Excerpt, de légat, gent., 15, p. 586 (add. 19, p. 588) : ©pojptov iizl twv KaanCcov xe({ievov Hu- Xâ)v. Le mot signifie en arménien : protection des Ibères, d'après Tomaschek, Pauly-W., Biraparach.

' Lyd., ibid.f 51 in/ine.

3 On lit dans Procope (B, P., I, 10, 9-^2) un récit un peu suspect : La citadelle de la porte du Caucase a?ait été bâlie par Alexandre ; sous Anastase, elle était au pouvoir d'uQ chef bun, qui proposa à Tempereur de la lui vendre ; mais ce dernier refusa, ne jugeant pas expédient d'abandonner une garnison sur un point si reculé. Après la mort du Hun, Cavad cbassa ses fils et se rendit mattre des portes.

'*Menand. Prot., Excerpt. de légat. Rom,, de Boor,p. 180, 1. 6 (= p. 865 Migne).

^ Cet autre passage, qui ne nous esl pas connu, devait s'ouvrir plus à Test que le premier (de Boor propose de corriger en xwpou TÇov,àcau8e de Procop., B. G., ÏV, 3, 4 : TÇojp). On comprend ainsi que Pline [loc, cit.) distingue les Porlae Caspiae el les Portae CaucasiaCy qu'on confond souvent, magno errore (add. VI, 40). Nullement, répond MuUer (p. 911); je crois bien que si.

« Ce territoire était traversé par le fleuve Chobos (Plin., H. iV., VI, 14) ; les Suanes pratiquaient la recherche des mines d'or (Id., VI, 30), Pour les laisser libres du joug romain, le Suréna invoquait leur autonomie : indomitae genteSy dit Pline.

370 l'occupation territoriale

sine de la passe de Dariel *. Mais peut-être préféraient-ils, au lieu de refouler les Alains et les Huns, les embrigader dans leurs armées.

Ce fut de bonne heure une idée favorite des Romains qu*il pourrait être utile d'attaquer les Perses parlaLazique *; néanmoins les opérations de guerre n'y commencent qu*au VI® siècle. Je n'ai pas à les raconter et m'en tiens, sommairement, à la description topographique du pays.

« Les Lazes, dit avec raison Procope ^ sont tous du côté européen du Phase, au nord ; de l'autre, pas de bourgs, ni de villes considérables hormis Pétra ». Par cela seul qu'elle était isolée sur l'autre versant, Pétra pouvait rendre de grands services, mais il convenait de la fortifier splendidement, Procope est très laconique à son sujet: « Pétra, autrefois village sans nom, sur le rivage du Pont-Euxin (exactitude approximative), maintenant ville considérable de Colchide, fortifiée et agrandie par Justinien... Elle est inaccessible du côté de la mer et des rochers ; une étroite avenue y conduit, entre deux montagnes séparées par un grand mur. ayant à chaque bout deux tours en pierre dure, pouvant résister au béher *. » Ailleurs : Ville superbe, que les Lazes livrèrent imprudemment aux Perses ; bientôt les Romains revinrent, furent vainqueurs et rasèrent la ville *'. Ce médiocre destin rendait bien difficile aux modernes la décoiiverle de Pétra. Dubois de Monlpéreux a cru pouvoir la reconnailre à Oudjniar, à 25 kilomètres environ au sud-esL de l'embouchure du Phase, el à î20 de la mer Noire, il y a là une sorte d'acropole en parallélogramme, de 120 pas de large et 200 de long, enfermée par les débris de sept ou huit tours et d'une forte muraille en basalte et porphyre, avec des traces de mortier ^

Comme une population un peu dense ne se pressait que sur une des rives du Phase, on a peine à croire Strabon et Pline

* Ap. de Boor, p. 801 sq., fragm. 6 et 12.

^ Lycius (77)îi/., 31) l'exprimo avec énergie : r^ y^? ojjywpta nipaai^ Ittti/- ÀaTojT'., oj^iîjLoaTo;, et insiste, en guise d'exemple, sur le cas de Corbulon.

^ /^ (;., IV, ^, 29. Leur nom se retrouve dans le Lazistan d'aujourd'hui, (]ui est en réalité plus au sud que leur ancien établissenient.

Mi. (;., Il, 17, asq.

•' De (lea.y III, 7, p. 201 ; cf. Brosset, Addil. et Eclairriss.y p. 102. L'histoire de celle ville tient ainsi entre quelques années : 53'J/45 — 550,

^ Voyage autour du Caucase, III, p. 86 sq. ; atlas I, pi. XIX, 1.

L'bXTR^MITjÈ du PONT-BUXIN ET LBS RÉGIONS GAUGAS]QU£S 371

qui rapportent que 120 ponts avaient été jelés sur ce cours d'eau — dès le i"' siècle M II semble bien cependant qu'on doive, avec Dubois de Montpéreux, placer sur la rive méridionale, mais plus près du fleuve, le fort Téléphis d'Agathias, <t place peu accessible où conduisait seulement un chemin étroit, dans un pays encombré de marécages, de bois et de buissons » *, et contre le Phase même Rhodopolis % en rase campagne, et que les Lazes avaient démolie au cours de la guerre *.

Toujours est-il que le Phase, par lui-même ou par ses nombreux affluents, ouvrait les principaux passages vers Tintérieur et longeait les principaux centres habités. A cette règle ne faisaient guère exception que le fort isolé de Boucloon % au nord, vers la Scanie, et la capitale Archéopolis. Les relations des divers auteurs ont permis à Dubois de Montpéreux * de la situer sur le Chobos, à près de 20 kilomètres de la mer \ au point appelé Nakolakévi : il reste une enceinte, formée par une muraille en briques, en majeure partie encore bien conservée ; de distance en distance, des tours carrées. Le tout dominé par une colline très escarpée du côté de la rivière ; au sommet, une forteresse en rectangle, longue de 460 pas. Cela paraît bien cadrer en effet avec la description de Procope *.

* Strab., XI, 3, 4, p. 500 C ; Plin.. H. iV., VI, 13 : pontibiis CXKperuius, C'est d'autant plus singulier que Pline parle des « solitudes de la Colchide » (VI, 29) et qu'il y avait des endroits guéables, même vers le cours inférieur : cf. Procop., B. P., II, 30, 37; B. G,, IV, 13, 3.

* Agath., II, 9, 5-7. L'emplacement approximatif se déduit de ce renseignement accessoire : les Byzantins, attaqués à Timprovisle par les Perses, n'eurent que le temps de se retrancher dans une île formée par le Phase el le Docone, à leur confluent, à 450 stades de Téléphis (env. 30 kilom.).

' Toujours au sud d'après la carte de Dubois de Montpéreux (atlas l, pi. XIV) ; pourtant Procope (B. P., II, 29, 48) la met de l'autre côté.

Md., B. G.,IV, 13, 21-22.

^ Agath., m, 7, 2.

« Op. laud.y III. p. 51-58.

'^ Les 500 stades d'Etienne de Byzance sont sûrement erronés ; peutêtre peut-il lire 50, chiffre approché.

^ B. G., IV, 14, 1 : Archéopolis est sur une colline inculte, arrosée par un fleuve qui descend d'une montagne voisine. Les portes d'en bas répondent au pied de la colline et ont des avenues aisées, etr pente douce ; celles d'en haut n'aboutissent qu'à des rochers et précipices. Les habitants, n'ayant d'autre eau que celle de la rivière, ont bâti un mur de chaque côté, pour y puiser avec moins de danger.

al2 l'occupation TÏBRITÛHtALB

Ce dernier éiiumère ' les places qu'on rencoiUrait sur la rive droite : Sébastopolis ', Rhodopolis. Mochérisis * el les foils de Pilious ', ScandaelSarapanis. II aurnitdti ajouter : Onogouris', Oulliiméréos • et Koutalisioii; enfin Losorion, que lui-mùmu dit ailleurs ' être IVruvre deJualinîen. De ces diverses localités, quelques-uaes peuvent être identifiées en toute certitude. grAce à la persistance du nom, à peine modilié. Tel est le cas pour Scanda et Sarapaais ". dont il parait qu'il ne subsiste plus rien ', et aussi pour Koutatision '". Ces difTérGnles places, souvent attaquées et endomtnagées dans un court intervalle de temps, furent plus d'une fois réparées k la iiâte : ainsi Scanda el Sarapanis ".

Le nom de Koutatision se retrouve intégralement dans le Koutaïs d'aujourd'hui ". La. cité de la plaine a pris une importance prépondérante; au contraire, an vi' sibcle, elle devait sa sauvegarde à sa citadelle, de l'autre c&lii du Phase et à 2Ô0 pieds au-dessus du cours d'eau ; mais même la ville hasse était enclose de murs, revêtus d'énormes quartiers de roc calcaire; un chemin souterrain, voAté en hriques, conduisait h. une source au pied du rocher. La citadelle Onthiméréoa était entourée de fortes tours carrées de bel appareil iMermaroes y mit un moment 3.000 hommes do garnison ". Quant ii Mochérisis, nous apprenons seulement " que ce nom appartenait aussi à un petit district, où se trouvaient plusieurs centres d'habitation, et arrosé par le Rhéon.alors considéré comme un affluent

' Loc. cit.. 11. I'., 11,39, 18.

* Probtthlemenl DioscoriaB, bien qu'il la nomme après Arcbéopolis, ' Variaotea : Uocbireals, Moucbiriais, elc...

* V. supra, p. 366.

'■ Agatb.,11, iO, 1;1II, 3, 3.

* Variâmes : Ouchimareos, Oucbeimereos. ' Deati.. 111,7, p. 261.

' Autoord'bui Sarapan ; on trou^ déjà dans Strsbon Lisx-nn-txl (XI, 2. 17, p. 4ÎI8-C) DU Ti Eapaitïvi (XI, 3, 4, p. 500 C); Sarap'ama dans le Géogr. de Rav., 74. 6 ; Procop., li. G., IV, 13. 15 : ïapanavtç ; Menand- Prntector (de Boor, Excerpt. légat., p. IBB, 1. 23) : Sipaitu, Sxà'Sci;.

* Dubois de Honlpéreux, 11, p. m ; III, p. l(iO.

'- DaoB la langue des Laïas, Cotbion dana celle des OrecB (B. G., IV 14, 48}.

" D. C. IV, lU, Jj; 10, 17. : .

" Dubois deTiiontpéreux, I, p. 398 aq. ; atlas I, pi. XVIII, 1. ''B.C., IV, 16,16.

" Ibid., 14, 46.

L*EXTRéMlT£ DU PONT-KUXIN ET LES RAGIONS CAUCASIQUES 373

du Phase ; il s'étendait jusqu'à environ une journée d' Archéopolis S donc assez loin de la forteresse du même nom ^

On ne sait au juste oh chercher le fortin de Tzibilé, qui boucha « un passage étroit et bordé de précipices » à Mermeroes passant dans le pays des Abasges • ; de l'autre côté du Phase, chez les Misimiens, étaient une série de forts,qu'iis brûlèrent à l'approche des Romains, sauf le plus solide, Tzacar, dans une contrée des plus escarpées *.

Cette topographie accidentée caractérise en somme toute la Colchide ; le Phase n'en rendait que plus de services, étant accessible aux gros vaisseaux jusqu'aux passes d'Ibérie *. Au delà commençaient de nouvelles xXeiaoûpat conduisant dans ce pays, et que Justinien fortifia également, pour prévenir une attaque de Test ^ Il avait éprouvé qu'une fois entré enLazique, Tennemi n'était point facile à en déloger : il y avait là une série de vallées capricieuses, de collines traîtresses, de chaussetrapes de toutes sortes, qui déterminaient les combattants à se concentrer dans quelqu'un des nombreux forts et à y défier un patient blocus. A lire daUls le détail l'histoire de ces campagnes de Laziquè, on verrait à merveille combien cette stratégie de sièges, d'escarmouches — oserais-je ajouter: et de « cache-cache » — était dans le goût des deux belligérants.

^ Muller (ap. Ptolem., p. 924) se demande s'il ne faudrait pas chercher dans Mochérisis le Mochora (Mogaro des Itinéraires) de la Notitia digni' tafum (XXXVIII, 38) où campail une cohors sans numéro ni autre qua- HGcation. Cette garnison, vers 425, ne se comprendrait guère dans une région de l'intérieur.

« Agath., 11, 9, 4.

» Procop., B. G.,ïV, 17, 16.

* Agath., II, 4, 4-5.

^ Procop., B. P., Il, 29, 16; cf.Slrab., XI, 2, 17, p. 498 C.

« Deaed., 111,7, p. 261.

La défense de TEuplirate, somme toute, s'est trouvée assurée pendant de longs siècles, plus longtemps que celle de bien d'autres frontières de l'empire. Si l'on songe à la vaste superficie des contrées intéressées, on jugera que cette protection fut obtenue à bon compte : la longue nomenclature des corps de troupes qui, aux différentes époques, nous sont indiqués comme garnisons de Syrie, pourrait prêter à l'illusion; mais ne perdons pas de vue Témiettement indéfini des forces militaires ; chaque nximeriis représentait, même au complet un médiocre contingent.

Le système étendu et intelligemment compris des places fortes a rendu des services immenses. Le livre des Édifices de Procope expose implicitement, de la manière la plus sensible, le problème qui se posait là-bas. Et certes le panégyriste s'est plu à marquer, à exagérer sans doute, l'insuffisance des mesures prises avant Justinien. L'œuvre de celui-ci, malgré tout, est moins de création que de relèvement, en dehors des territoires, comme la Lazique, où lui-même avait déchaîné le conflit et» par suite, fait naître des besoins nouveaux. Avant lui, ces « murs de boue » méprisés, ces enceintes mal tracées, ces forteresses privées d'eau avaient tout de même rempli leur oflice. Reconnaissons seulement qu'au vi* siècle,pour le même résultat à atteindre, il fallait un plus énergique efl^ort, l'ennemi ayant alors à sa tète un roi particulièrement audacieux et d'un certain génie. Bref, les opérations défensives en Orient sont dignes de toute estime.

Et une remarque s'impose : les Romains d'abord, les Byzantins ensuite, obtinrent le salut, sinon la sécurité, pour leurs provinces d'Asie, à Taide de leurs ressources propres. Il est connu que les armées ont été bientôt envahies par Félément barbare ; mais celui-ci prenait rang dans les cadres romains, recevait de l'empire plus qu'un mot d'ordre, une empreinte commune ; je veux surtout qu'on se souvienne de quel maigre secours, depuis Hadrien, ont été les clients et alliés. Les Arméniens *, déjà sous la République, ont trahi toutes les espérances. Les Arabes furent un embarras plutôt qu'une aide : faisant défaut au moindre prétexte,ils ne présentaient quelque utilité qu'enrôlés,embrigadés dans un corps romain {cohors ou alà). C'est l'empire lui-même qui pourvoyait à tout.

Il a trouvé dans la population même des provinces frontières une ressource inappréciable ; les historiens n'en fournissent point l'attestation catégorique, et c'est une injustice ; mais cette réalité se lit entre leurs lignes : les pages héroïques de cette histoire racontent des sièges où un petit noyau de troupes eût vite faibli sans l'appui des habitants, qui s'improvisaient archers et artilleurs,réparaient en hâte les brèches des murailles et supportaient vaillamment la disette. Cette vitalité de l'élémeiit civil se dévoile aussi bien dans le « livre de pierre © que nous ouvre la Syrie, dans ces monuments innombrables dont les ruines couvrent le pays. Qui les a édifiés? La participation de rarniée, niùuie supposée aussi large qu'on voudra, n'a pu Aire qu(î restreinte par rapport à l'appoint qu'elle a reçu.

Donc la frontière, tout compte fait, a été bien défendue; mais elle fut souvent attaquée. Pourquoi? Faisons la part de l'auihition [)erse. Deineure-t-il que celle-ci était sollicitée, que l'empire la provoquait en queUjue sorte^môme sans agression, en délimitant mal ses possessions, en englobant des territoires

* Faut-il ajouter foi à un récit qui nous vient de la version arménienne de Faustos de Byzance? Sous le roi Varazdat (374-376), une proposition fut soumise à l'empire grec : aux frais de celui-ci, dans chaque province, on entretiendrait des fortifications el la noblesse arménienne resterait armée, en sorte que tout le pays devînt une sorte de garde-fronlièie très solide contre les Sassanides. Les premières ouvertures reçurent bon accueil, mais ces projets furent ruinés par des intrigues en Arménie même et des difficultés subites qui assaillirent l'empire dans d'aulres régions (v. S. Weber, Die kalfwlische Kirche in Arménien, p. -ilw).

dont il était ardu de rester maître, ou en s'arrêtant au seuil d'une zone de protection naturelle qu'il eût été convenable d'annexer. Cette question revient à la suivante : Où la sagesse conseillait- elle de placer les bornes de Tempire ?

Il faut ici éviter une comparaison^ aussi tentante que dangereuse, des fleuves de Mésopotamie avec le Rhin et le Danube. Ces deux derniers, réunis en quelque sorte bout à bout, enferment un espace clos, à cinquante mille pas près ; et qu'on regarde sur une carte de Vorbis Romaims au temps de Dioclétien ; on verra que cette ligne délimitait en perfection les dépendances de Rome sur le continent européen *. En outre, tous deux coulent en plaine, ou parmi des coteaux dont l'accès est aisé ; la topographie de leur bassin est simple.

A première vue, un des bras de TEuphrate, le Kara-Sou, se soude, lui aussi, au cours supérieur de TAraxe. Mais leur personnalité à tous deux se trouve écrasée, supprimée par une autre bien plus imposante» celle du massif arménien. Celui-ci déborde largement au delà de leurs cours ; l'Arménie enveloppe le Haut-Euphrate et le Haut-Araxe, au lieu d'en être protégée.

Les pays situés en deçà du Danube et du Rhin méritaient tous d'être occupés : une bonne part d'entre eux étaient riches et prospères, ouverts à une civilisation à laquelle Rome aussi participait, et relativement peu éloignés de la capitale de l'empire. L'Euphrate roulait ses eaux à grande distance, même de Constantinople, et, sitôt navigable, il entrait dans les steppes dénudées, longeant un àésert infranchissable. Que faire de cette zone inculte, repaire de bandits dissimulés dans les rares oasis et toujours en courses pour le pillage? De plus,l'Euphrate ne tourne point à grand rayon autour de l'Italie ou du Bosphore ; après un coude décisif, il s'en éloigne en droite ligne ; il allait unir sa carrière presque au cœur même d'un vaste État, puissamment organisé et d'une redoutable concentration. A 1 est, l'arrière-pays formait une masse compacte, commençant dès les premières pentes du Zagros et les vallées de la Susiane ; à l'ouest, c'était l'immensité vide d'hommes et de cultures.

Faire de l'Euphrate, de ses sources à la mer, la frontière des

^ Même le Rhin« car son cours en Helvétie n'a pas d'intérêt dans la

question.

deux empires, c'était faire k celui de l'ouest ua bien ttcheux présent. Il n'en a pas voulu ; la surveillance de cette rive eiU été un accablant fardeau ; il n'a que partiellement adopté celle limite, d'abord jusqu'à un terme imprécis, puis, une partie de la Mésopotamie ayant été réunie pour toujours, jusqu'au con- Quent de l'Aborras. Malgré tout, l'Euphrate restait pour lui menaçant. Un simple coup d'œil sur une carte permet d'apetcevoir que ce (leiive est infiniment moins utile à un envahi»- ' seur qui te descend qu'à celui qui le remonte et possède lou* les territoires au-delà de sa rive orientale. Le premier espnse sa ligne de retraile et en outre ses communications ; il y apea de jours de marche de l'Assyrie k l'Euphrate. et le trajet est possible même dans les zones les plus désolées ; un intervalle quadruple sépare le Jourdain de Babylone, et le pire n'est pas la distance I Quand, sur les conseils d'Alamouadar, le fïv'oéral perse se dirigeait sur l'Euphratésie en s'appuyant au (leuvi-, il n'avait à craindre qu'une attaque de front; lorsque Julien marchait vers Clésïpbon par la même voie en sens inverse, il devait se garder eu tête, de tlaac et sur l'arrière.

Alors, pensera-t-on, il fallait à tout pris conquérir la Mésopotamie. Vain espoir I (le que cette grande île offrait d'arantage à l'empire de Test, elle ne le réservait pas à celui d'Occident. Regardons à nouveau la carte; les déserts de Ml'sopotamie sout peu de chose auprès de cette immensité qu'oo appelait T'Epr^^o; 'ApaSi'a ; mais ils reprennent leur rôle néfaste dès que leur possession n'est plus lié^à celle des contrées iraniennes. Supposons la Mésopotamie entière province roroaiae: une armée qui s'avance le long du Tigre est constamment sous la menace d'une attaque inopinée de l'adversaii^ perse, qui peut choisir le lieu et l'heure de la rencontre, déborder l'eanemi par un mouvement tournant, arrêter ses convois de ravitaillement, faire le vide autour de lui et le réduire à ses seuls équipages dans un pays où les ressources sont extrêmemeot limitées. L'Euphrate, dira-ton dans cette hypothèse, semble plus indiqué comme ligne d'invasion; mais s'il faut surveiller le Tigre tout du long, ce sont des contingeots énormes que cette tâche immobilise, et encore l'armée perse, toutes forces réunies, parviendra sans peine à rompre ce cordon ; en dehors d'un retard plus ou moins grand dans les opérations, la situation redeviendra la même que dans le cas précédent.

Ne se pouvait-il pas pourtant que, maître de la Mésopotamie,

Tempire romain y arrêtât ses ambitions ? Il fallait d'abord la conserver, cette province, et il n*y serait pas parvenu; cette étroite langue de terre s'avance en pointe entre l'Assyrie, qui la guette, et le désert, gui ne lui est d'aucun soutien.

Restait cette seule ressource de dépasser le Tigre lui-même et de déposséder à nouveau le roi des rois *. On y a songé : l'épopée macédonienne a fait concevoir des rêves creux ; les aèdes de cour n'ont pas en vain rappelé les exploits d'Alexandre. La tentative était impraticable à la fin de la République ; les circonstances s'y prêtaient peu, et, avant d'annexer le domaine des Parthes, il fallait s'affermir en Syrie ^ Auguste paraissait désigné pour la colossale entreprise ; mais il n'avait rien d'un casse-cou ; il jugeait que la conquête devait suivre seulement l'exploration : un Grec, né aux bords du golfe Persique, Isidore de Charax, eut mission d'étudier par avance, pour les décrire dans un ouvrage, les points importants où devait toucher le pelit-fils de César, Gains, dans son voyage enParlhie, en Arabie et en Arménie •. La fm malheureuse du jeune prince, à michemin, amortit pour un temps les ambitions. Elles reprirent dans la suite ; le grand et unique exemple toujours invoqué

^ Je devine l'objection que suggère Tétai présent des choses : entre la Perse moderne el la Turquie, les confins suivent une ligne arbilraire qui laisse les deux vallées à un seul état. Mais, de toute évidence, là situation générale n'est plus la même : les Persans d'aujourd'hui ne sont pas des conquérants, et le sultan n'en est plus un. Les advenaires des premiers siècles de notre ère représentaient deux mondes distincts, incapables de fusion. Entre les deux voisins actuels, on ne remarque pas une opposition absolue de mœurs et de croyances : pour* chacun d'eux, l'autre est un hérétique et non un infîdèie. Il y a de commue entre eux le régime politique, considéré dans ses grands traits, bien des usages privés, certaines habitudes de nomadisme. — Encore, à l'heure où j'écris, des difficultés de frontière ont-elles précisément surgi dont PEurope n'a qu'un vague écho. Mais quoi qu'il en advienne, le danger ne sera pats là pour la Perse; d'autres initiatives lui pèsent beaucoup plus : les maîtres de rinde surveillent ses côtes et envahissent ses grandes villes, tandis que le tsar, successeur des Huns et des Alains, pousse vers l'est, par voie de terre, ses trafiquants et ses colons.

' De plus, durant les guerres civiles, les jalousies rivales s'éveillaient, s'enflammaient de telle sorte que beaucoup de généraux n'osaient pousser à fond leurs succès : Yentidius, à l'idée du ressentiment qu'en éprouverait Antoine, ne se risqua pas à poursuivre chez elle l'armée de Pacorus battue, et dont le chef avait péri (Plut., Ant., 34).

' Plin., ff. iV., VI, 141.11 l'appelle par erreur Denys au lieu d'Isidore.

enhardit Trajan et son entourage, plus encore Sévère Alexandre, et d'autres après eux. La divination, pour une fois, parla un langage vraiment prophétique : à la fin du m' siècle, nous est-il dit, un oracle narquois, venu on ne sait d*où *, et qui se répétait parmi les troupes de Carus, afflrmait qu'aucun empereur romain ne dépasserait jamais Ctésiphon.

Cette conviction acquise, — ou celte renonciation une fois imposée par les événements, — le mieux semblait être de se désintéresser de TEuphrate dès son entrée dans la zone désertique, ce qui n'empêchait pas de le prendre pour frontière plus en amont. Non, une telle solution entraînait des inconvénients qui sautent aux yeux; on abandonnait à l'adversaire toute la Mésopotamie du nord, qui dans Tensemble n'était point un paradis {itapdéoei<jo;), fertile pourtant de ci de là et susceptible d'un large peuplement; on installait à sa porte Tenvahisseur, en lui laissant une ligne de communications précieuse par le Tigre, jalonné de centres habités. Cette ligne, sans doute, était un peu longue, moins encore que la région côlière de Syrie, où jusque vers le sud il fallait maintenir une partie notable des effectifs, contre le danger juif, qui dura plusieurs siècles, et le péril arabe, qui ne cessa jamais.

11 était aisé de se rendre compte de tous ces faits; de là à vouloir se réserver cette Mésopotamie septentrionale, il n'y avait qu'an pas, que les Romains franchirent à la longue ; mais le sort de celle contrée ne dépendait pas seulement de l'est et de l'ouesl ; il relevait dans une large mesure de la condition et du rôle de l'Arménie. Rome ni Byzance ne pouvaient négliger ce point de vue.

Voilà longtemps que le cas de l'Arménie — autre Pologne ! — a clé exposé et que le partage s'est révélé inéluctable. Bornons-nous à scruter rintérèt romain ^ Les Arméniens de ce temps ne ressemblaient guère à ceux de nos jours ; j'ai dit que c'était une race de guerriers. Ce n'est donc pas leur faiblesse qui les désignait comme une proie ; leur entité politique

* Malheureusement, il ne nous eal connu que par Vopiacus (Caru5,9, 1) et parAurélius Victor (rfd CafS., 38); ces deux sources, sans garanties, se ramènent presque à une seule.

* On trouve à ce sujei, pour une période un peu courte, des réflexions assez jusles dans B. W. Ilenderson, The Life and Principale of the Emperor Nero, London, 1903, p. 153 sq. (chap. V : The Eastem Froniier : Problems and Policies). Je les lui emprunte partieliemenU

demeurait concevable. Par suite, bien des régimes étaient possibles : autonomie absolue de ce peuple, annexion pure et simple par Rome, ou abandon complet au royaume parthe ; suzeraineté nominale, avec un roi choisi ou adopté par ses sujets, mais rendant hommage à celui des Parthes où à Tempe, reur ; ou bien suzeraineté effective, ce prince n'étant en réalité qu'un simple agent de Tun des deux rivaux; enfin le partage, de territoire ou d'influence *.

L'autonomie absolue n'était qu'un rêve que les Arméniens eux-mêmes ne caressaient plus : les plissements parallèles du Taurus rattachent trop naturellement l'Asie Mineure à la Médie Atropalène. Comment faire de cette contrée enviable * un a état-tampon », quand le désert lui-même, plus au sud, ne formait qu'une très médiocre zone neutre ? Les Parthes, qui eurent presque toujours une certaine modération dans leurs visées, avaient abandonné toute idée d'accaparement total ; ils réclamaient seulement, et depuis Mithridate, que le trône d'Arménie appartînt de droit au fils puîné du souverain de Ctésiphon. Celte prétention n'impliquait point forcément un véritable protectorat ; mais c'était trop encore au regard de Rome, qui n'hésitait guère, pour elle, qu'entre la suzeraineté effective et l'annexion ^

De ces deux politiques, la première, qu'Auguste, Tibère, Claude avaient préconisée, semblait la meilleure, mais les Arméniens la rendaient difficile à pratiquer : le peuple et la noblesse ne s'accommodaient pas d'un prince élevé à Rome, dans des idées tout autres que celles des Parthes, auxquelles les leurs se rattachaient, et qui gardaient la suprématie du fait du voisinage *. Quant à l'annexion proprement dite, Néron voulait

*■ Ea principe, on pouvait songer à un souverain désigné à la fois par Romains et Parlhes, d'accord sur son nom. On voit qa'Henderson, parlant (p. 157; des quatre politiques qui s'offraient, en a omis plus d'une.

2 Du moins les guerres que les Romains y soutinrent dans les premiers temps passaient-elles pour très fructueuses : cf. Tallusion de PlinCf H, iV., Vil, 129.

^ Gorbulon voyait juste lorsqu'il recommandait à Caligula de choisir un prince parthe pour gouverner l'Arménie. C'était une nouvelle solution mixte, plus modérée que celles qu'on envisageait de préférence. Cf. H. Willrich, Beitràge zur alten Geschichte, Ilf (1903), p. 297-304 (Der Orient unter Gaius).

^ A. Abruzzese, Relazioni fra VImpero Romano e VArmenia a tempo di Augusto {Riv, di stor. ant.y N. S., VII (1903), pp. 505-521, 722-734; VIII

l'essayer, il y dut renoncer : Ti-ajaa l'effeclua, maïs elle fui abrogée; il ne resla de sa conquête qu'un lien plus fort entre Rorae bL l'Arménie, gouvernée dès lors par ses propres Arsacides. Suit une longue période obscure. Jurant laquelle l'Arménie continue à élre tiraillée de droite el de gauche '.

Entre temps, la question de Mésopotamie avait reçu une solution nouvelle : on rompit l'intégrité de celle contrée, elle fut coupée en deux par une ligne perpendiculaire aux deux grands fleuves, dont la direction était telle qu'elle semblait réserver d'avance à l'empire romain la totalité du massif arménien. Mais l'axe naturel de celui-ci y mettait obstacle, il était en faveur des Sassanides. Le cours des choses se conforma aux indications de l'orographie ; Jovien rendit Kisibis et les régions au-delà du Tigre et >tu Nymphîos. La stabilité s'était faite dans le partage de la Mésopotamie; celui de l'Arménie devenait possible el allait suivre. Selon quel principe ? Le hasard semble l'avoir fixé, d'après le récit qui nous en est parvenu ^. Un Arsace divisa son royaume en deux parts très inégales : l'un de ses ûls eut à peine le quart de l'héritage,

(1904), p. 33-61), constatant cette bostililé de la noblesse ariuéoienne à l'égard de Rome, poursuit Binsi (p. 60) : £ naturale cke Auguito raccûlga ciô che fiu teminato : lutlo... era légitima conseguenia délia ma poliUea orientale, indeàsa e londata principalmente suUe risorte che potet>ano dare gli itttrigki dinaïUci, cou cui egli sperava dt olUnere ciù cke una gverra aperta comballuta cm le arme, o piutloilo, una tolla commerciale abilmente condolla paremmo won potescero dare! J'ui mal compri?, je l'avoue, ses brèves explicatione sur la façon dont il entood cette lutte commerciale. — Ailleurs (p. 517) : Hama, in fatli, aveva grandissimo bilogno di un luogo di ifogu adallo al suoi înleretti eommerciali neU'Orienie, dondi le imporla^ioni creiceiiano agni giorno piu; queato luogo poteva diventar l'Armenia. Del lor canto, gli Armeni avevano bisogno di chi li tall'ùgMardaste daW inframmellenza prepottnte ed egoitta délia Pariia. Usia celte intrammetleiiitt ne pouvait être combattue que par celle de Rome, que les Arméniens ae préféraient pas, el je ne vois pas quelle • lutte commerciale " y aurait suffi. — En fait de religion, de littérature, de temlances civilisatrisee en somme, conclut cet auteur, l'Arménien tieat plus du Grec que de l'Asiatique proprement dit (p. 5l5j. Il confond l'Arcuônien du v eiècle et celui du i", que Taciie {Am., XIII, 3i) a parlaitemenl caractériat! : silu terrarum, timiiitudine moi-um, ParthH propiores conubUsque permiMi ac tiberlate ignola itlud magit ad seruiuum inclinantes. Au V siècle, l'Arménie eût accepté la mainmise occidentale, mais les Sassanidea l'auraient tolérée encore moins que les Parthes.

' Cf. Hûbachmano, loc. laud., p. 218 aq.

' Prooop., Aed,, m, 1, p. 245 aq.

chercha l'appui de Rome; Taulre invoqua celui des Perses, et les juges s'entendirent sur le dos des plaideurs. Aussi bien la démarcation du vieil Arsace était-elle trop bien conçue pour l'avoir été de lui seul ; on a bien pu l'inspirer quelque peu, de Ctésiphon et de Byzance *.

En effet, elle équilibrait les deux empires : le roi de Perse gardait le plus solide morceau, que la topographie même lui destinait; l'autre acquérait un « hinterland » précieux pour le Pont de Cappadoce, un point d'appui lui permettant d'empêcher la soumission de la Colchide par un adversaire toujours en quête d'un débouché vers les mers d'Orient ; les clisurae de Sarapaiif sises vers la nouvelle frontière, la couvraient par- %itement du côté nord. Pour la guerre, l'Iran jouissait d'une position privilégiée; pour le commerce, il n'eut jamais les coudées franches : chez lui passaient les produits de l'Inde et de la Chine, mais ils ne faisaient que traverser, et d'autres peuples les emportaient plus loin. Les Sassanides, avec ténacité, cherchèrent à s'affranchir de cette servitude ; ils purent croire, par deux fois, qu'ils allaient aboutir : la Lazique fut à eux quelques années, ils la perdirent avant de s'y être vraiment établis * ; au temps de Phocas, ils s'efforcèrent de rompre la digue plus au sud, vers la Méditerranée, d'oii Héraclios finalement les repoussa.

Dans l'intervalle, on avait intrigué, non seulement pour limiter leur commerce, mais pour le supprimer. En 568, sous Justin, les Turcs, vainqueurs des Ephthalites et ayant soumis la Sogdiane, demandent licence au roi de Perse de vendre la soie chez les Mèdes. Pour toute réponse, on brûle leur cargaison. Alors une mission part pour la cour de Byzance ; elle

^ Cette période qui avoisine Tan 400 semble marquer une ère de courtoisie et do coquetterie eatre les deux états, s'il est vrai qu'Arcadios confia la tutelle de Théodose jeune à Izdegerd, et que celui-ci Taccepta. L'affaire est si étrange qu'on a voulu la reléguer dans le domaine de la fable (P. Sauerbrei, in Festschrift Albert vom Bamberg zum L Okt, 4905 gewidmei vom Lehrerkollegium des Gymnasium Ernestinum zu Gotha, 1905 p. 90-108); mais Tauthenticité de TanecjJote garde toujours de sérieux partisans (cf. J. Haury, ByzanL Zeitschr., XV (1906), p. 2914). GQterbock (Byzanzund Persien, p. 28) admet seulement qu'Arcadios, dans son testament ou de quelque autre manière, aura vaguement recommandé son fils au roi de Perse.

* Seule, la maîtrise de la mer pouvait assurer la possession de la Lazique et de la Colchide.

devait nouer des relations directes avec les Romains» obtenir des Turcs le monopole du négoce de cette marchandise, par une voie extérieure à la Perse \ Par malheur, nous sommes peu au fait de ces négociations et de l'attitude que Byzance y observa; il n'est pas douteux qu'elles ont avorté.

Cette frontière de la lin du iv siècle fut à peine modiflée dans les siècles qui suivirent ; en 591 seulement, un service privé permit à Maurice d'exiger de Chosroès II un accroissement de territoire en Arménie. Remarquons-le, cette extension eut lieu surtout entre le Kara-Sou et le Tigre, dans une contrée escarpée et d'accès difficile ; le cours des choses n'en pouvait guère changer. Au surplus, la conquête arabe allait annuler bientôt toutes ces conventions.

Ainsi, après de longues luttes, cette frontière, qu'on ne savait où tracer, s'est fixée d'elle-même ; elle s'est imposée peu à peu aux deux belligérants : c'est, à la voir d'ensemble, une ligne droite qui va du milieu du Caucase au fond du golfe d'Akaba ; dans sa moitié septentrionale, elle paraît au premier coup d'œil inexplicable, comme sans relation avec les accidents du sol. J'espère avoir montré qu'il n'en est rien et que c'est bien une fatalité géographique qui a pesé sur les destinées romaines en Orient. Elle a marqué, à peu de chose près, la zone que ni le Romain ni le Perse ne pouvaient, d'une façon durable, dépasser.

Un autre facteur a contribué à les tenir en échec l'un par l'autre, en permanence : c'est la volonté soutenue, dans les deux camps, d'éviter les fautes commises par l'adversaire et de s'approprier ses progrès. Il y a un abîme entre les deux peuples, hormis pour tout ce qui rentre dans les institutions de la guerre; là, c'est l'emprunt érigé en système, la copie qui se fait de plus en plus fidèle. Les récits des témoins, tout au moins des contemporains, mettent cette réalité hors de doute: à la fin du vi* siècle, une armée byzantine et une armée persane sont presque interchangeables ; peut-être, dans la seconde, le noyau national est-il un peu plus fort; les mêmes contingents barbares l'entourent et le trahissent. On ajoute que la discipline s'y est mieux conservée ; mais c'est le même armement, la même tactique, la même bravoure, les mêmes faiblesses ; une seule façon de forcer les citadelles ou de s'y re-

« Léon Gahun, Introduction à r Histoire de l'AsiCt Paris, 1890, p. 43.

trancher ; de part et d'autre on essaie des mêmes ruses, on donne dans les mêmes guet-apens. A lire Procope ou Simocatta, on a l'impression de deux forces égaies qui, après chaque heurt, finissaient par se neutraliser *.

Il y a un étroit parallélisme dans les résultats des grandes expéditions : les Perses prennent la Laziquequi ne leur revient pas naturellement ; ils en sont chassés dans les années suivantes. Un Chosroès va jusqu'en Palestine, s'empare delà vraie croix ; il faut bientôt la rendre, et les ravages sont portés sur le terrain du précédent envahisseur. Mais d'habitude les efforts s'annihilaient au cours d'une seule campagne. De ces deux forces antagonistes, celle qui se ruait sur l'autre à l'improviste ébranlait un mur, jetait une tour à bas ; le premier choc était efficace ; le second ou le troisième avait moins de puissance que le contre-coup. C'est le réseau formidable des places fortes qui a rendu vains les désirs de conquêtes ; les armes ont eu moins de rôle que les remparts de pierre, et les gens de guerre que les maçons. L'été était déjà passé que les progrès de l'assaillant demeuraient insensibles ; il y avait tant de murs à abattre ou à escalader ^ !

Et ainsi, au commencement du vu® siècle, les deux États s'étaient épuisés de même sorte, sans rien pouvoir se dérober l'un à l'autre. Les temps étaient mûrs pour un troisième larron, qui devait les mettre d'accord on les mutilant tous les deux.

Nous comprenons maintenant pourquoi l'offensive, sur le limes d'Orient, se montra plus médiocre : sans doute elle s'effectua bien souvent à faibles effectifs ; mais quand de grandes masses d'hommes étaient mobilisées, les pertes s'accroissaient en proportion sans autre résultat ^. Quelle heu-

*■ 11 avait raison en un sens, cet ambassadeur perse disant à Galère vainqueur, pour le toucher, que Tempire romain et la monarchie des Sassanides étaient comparables à deux phares éclairant le monde, et que les deux États, au lieu de se nuire entre eux, feraient bien mieux de se soutenir l'un l'autre (Petr. Patrie, ap. de Boor, Eacerpl, de légat, geni.j fragm. 12, p. 393). Et Chosroès II écrivait à Maurice : Ils sont au monde ce que les deux yeux sont pour Thomme ^Theoph. Simoc, IV, 11, 2).

^ Libanios (Epist,, 47) a dégagé la vraie formule de ces guerres : 'Axouoi Toùc ç66ou; et; àx[JLT)V -îjxetv xa*. xîîp Hépo^ y^^'^P*^ '^f^o'^hai xat TTjv 8ià629iv èv ^ep^iv elvai... mais ce n'est pas la première invasion qu'il tente... twv Tet^wv ■î^'ctwv ïazai,

' 11 en fut ainsi sous Sévère Alexandre : les vides que son expédition

38ti coNcLPSioN

reuse destinée pour celui des <leiix empires tiiii eiH pris son parti (léflnitif de la pure el. simple résistance aux attaques de l'autre, aux empiétements du voisin '1 Un mnllieur incalculable pour les Romains fut la révolution qui porta au pouvoir les Sassanides. Je n'entands point seulement par là ([uà de lions ruranx paisibles et sans ambition, les Partîtes, succédèrent des hommes épris de conquêtes. N'onlilîons pas que, dans toutes ces contrées, la religion alluma, entretint, exaspéra la guerre. Syrie et Mésopotamie étaient terres bibliques ; de leur sol émanaient la ferveur combative et l'esprit de prosélytisme. Les Pai'tlies, assurément, n'eussent pas hAté de leurs vœux les conversions dans leur royaume ; mais rien ne donne à croire qu'aux ardeurs des chréliena ils auraient, comme les Néo-Perses, opposé leur propre fanatisme, qu'après la conquête morale de l'Arménie par l'Occident, ils eussent souhaité une revanche, comme les mages voulant imposer aux Arméniens leur culte du feu. La guerre nécessaire, comme la ju- (^eaient beaucoup de Syriens, voilà ce que les Parthes, apparemment, n'auraient point amené. Un caprice de l'histoire, un changement de dynastie, a réalise l'accord des prêtres el des gens de guerre, prolongé les condits el même favorisé la solution dernière, qu'apporta la conquête musulmane.

On désirerait pouvoirindiquerquels furent, parmi les Césars, les ouvriers principaux de la défense orientale. Inutile de sl-

persique creusa dans l'armée liaient tels q'i'll Tallut, au moment de combattre les Hermaina. lever un nombre formidable de noavellej recrues qui furent exceptionriellemenl réunie*, pour les exercices militaires, en une seule formation ; c'eit ainsi qu'on explique le titrp, laos aulrc exemple, du praefectus Uronibus contéré è Maxirain en 234 (CIL, XI, 601 1 ; Herodian.,VI,a, 2; uU. Alex. Seu.. 59); cf. M. Rang, Herme$, XLI (1906), p 303. — Aiiidiua Cassiua, renlranl de Ctésiphou, pcntil f^normémenl de monde en roule, de Taim et de maladies (Dîo Gaïs., LXXI. 2). On connaît la retraite de Jovien.

' Il faut signaler une curieuse (entative que révèle la paîi de 5(it. Guterbock (Byzam uni Persiea, p. 83-90) a soigneusement analysé la lémoignage y relatif de Ménandre. Pour aplanir lea diftérends entre les populations des deux eûtes de la frontière commune, une juridiction internationale était imaginée, composée de fonctianoaires et d'arbitres des deux nationa. Pour arriver ii une entente, on y faisait entrer, soit les juges municipaux, soit les agents provinciaux -, en cas d'échec. l'alfalre était soumise, du cBté romain, au magister militum per Orienlem. Si lui-même était impuissant, reetaii l'ioterveotioD des deux souveraiUB.

gnaler Dioclélien et Juslinien, la chose va de soi ; des témoignages exprès nous sont fourcis sur Alexandre Sévère * et Constance II ^ ; pour tous les autres, on ne procéderait que par induction ou hypothèse ^

En terminant son livre sur V Armée romaine d Afrique, M. Gagnât ébauchait une esquisse, complétée dapuis lors, des étapes de la colonisation. Dans les régions dont je me suis occupé, la question se pose un peu différemment, et une autre recherche pourrait prendre rang avant celle-là, qui, du reste, en profiterait : je veux parler des étapes de Tévangélisation. Mais la matière est fort spéciale, demande une connaissance des sources chrétiennes qui place cette étude en dehors de mon domaine ; je verrais seulement avec plaisir qu'un aulre l'entreprît.

• Herodian., VI, 7, 5.

' Amm. Marc, XVIII, 7, 6 ; XX, 8, \ : inpensiore cura limilem imiruebat eoum omni apparatu bellorum : add. Iulian., Or. /, 21 C.

' Le rè^ne d'Élagabale, eafaat du pays, marque une période de l^raode prospérité pour ces provinces d'Orient, reconnaissable à l'abondance extraordinaire du monnayage local sous son règne (E. Babelon, Hev, numism., 189d, p. 274-277). Mais qu'en conclure pour son œuvre d'organisation militaire? — Nous avons vu que plusieurs villes furent fortiGées ou rebâties par Théodose le Grand ou Anastase.

liNDEX ALPHABETIQUE

Abasges oa Abasgiens, 113, n.3,

Abgars, 8, n. 1, 21, 141, n. 1.

Abila de Lysanias, 229, n. 5, 335,

Aborras. — V. Khabour, Acbas, 323, n. 1, 359. n. 6, 360,

Achaicala, 53, n. 3.

Adiabène, 20, n. 5. 184, n. 3, 306,

Adiutrices (Legiones), 81, n. 4.

Afrin (A'a/ir), 339 sq.. Addenda, Agger^ 195 sq., 246.

Agmen, 171 sq. ; - quadratum,

Aïla, 88.

Akaba (Golfe fP), 5, 32. n. 1, 384.

Aladaleariza, 3^4.

Alae, 98 »q.. 137.

AIain8. 35 sq., 42, n. 2, 129, 257,

Alalisos, 322.

Alamans, 110, 115, 128, n. 8.

Alamoundar, 32, 33, n. 1, 55,

Albains, Albanie, 14 sq., 36,

Alcbaedamos ou Alcbaudonius,

Alep, 4. — V. Beroea. Alexandrette {Alexnndrin ad U-

sum), 73, n. 4, .337, 344, Addenda.

Alliés, 92 sq., 160.

Amaniis, ^, 20, n. 4, 34 'i sq.

Amida, 43, n. 5, 50, n. 3, 59, 88, 91, 136, p. 3, 146, n. 4, 1Ô8, 178, 188, n. 1, 191 sq., 215, n. 2, 223. 232, 321, 32:^ sq.

Ammien Marcellin, 65, 91, 120, n. 1, 189 sq.,206, 306, n.9.

Ammodion ou Ammodios, 321, n. 5.

Amorcesos, 32, n. 1, Addenda. — V. Imroniqais.

Analiba, 350.

Anastase, 23, 30, 31, 38, 67, 69, 115, lL-8, 129, 155, n. 4, 159, 161, 193, 223, 232, 280,309.

n. 5, 314, 324, 349, 360 sq., 369, 387, n. 3.

Annone, 123, 156, 210 sq., 220, 223 sq.

Annoucas, 293, n. 1.

Antaradus, 335, 337.

Anthemusia, 8. — V. Batnae d'Osrhoène.

Antioche sur TOrontp, 23, 66, 73, n. 1, 90, n. 11.128,152 sq., 166, 193, 194, n. 3, 213 sq., 327, 336. 343 sq.. 346 ; — èirî KfltXXipo^ (Édesse), 309 ; — de Mygdonie (Nisibis), 317,

Antoine (Marc), 16, 35, 41, n. 4, 67, n. 8,70 8q.,83, n. 1,92 sq., 157, 172, n. 1, 175, 189, 200, n. 2, 204, n. 7, 216 sq., 379,

•Antonin le Pieux, 80. n. 2, 334.

Anzitène, 11, 168, n. 5.

INDEX ALPIMBimQtle

Apadoa ou Apilna, 7S, d. 2, 83, 299, Q. 4. 335.

Apamee sur rOronle,70, o. 2, 77, 83, n. 3. 161.253, 33t 6q.i — m Zttigmale, '£11.

Apboumon, 3^3, n. 1,361.

ApolUnnrii {Lfg. XV), 73 8q., 79

ApprovisioDnementB, 41, 54 bi;., 209 sq.

ApaaruB. 13, 14, 214, ?25, n. 4, 365 Bq.

Apailiens 14, 133.

Arabee, 21, 24 eq.. 42, n. 2, 68, n. 4, 114,11. 1 et 2, 116, 120, 0. 3, 167, 181, 184, 207, 254,

Arabie, vu, viii, 7, 27, 64, 69, 75, 87, 109. 164 aq., 181, 229, 848 sq., 333.

Ancba, 329.

Aradase (Ardata-khan), 353.

AraduB, 8t.

Arauus, 15.

Arauraoa, 351.

AraxB, 4, 208. n. 3, 219, q. 5, 353, 361. 367,377.

Arban. 209.

Arc de iriumphe de flénévent, 21. n.7, 275. u. 5; — deSnlonique. 51, 53, 120, 131, 166, n. 4. 181.

Arcadioa. 38, 107,333, u.l.

ArcbablB, 365

Arcbéopulis. 13, 199, 371 sq.

Arcbert arabes, 34 ; — arméniena, 116, d. 7, 134, 141, 11. 2; — huD8, 37,44, n. 4; juila. 175 1 — psrtbea, 41 aq. ; — perses, 47, (41 sq. ; — romsina, 83, 140; — byzanlins, 44. n. 4, 140 sq. ; — palmyréiiiens, 94 ; — syriens, 140.

Architecles, 18, 53 sq., 291,

Ard'on! 362.

Aréihaa, 29,31,32, 33, n. 1,250, n. 3.

Argkma. 362.

Armenincae {Legiotiet), 80.

Arménie, Arméiiien!>, viii, ix, 3 iq., 7. 11 sq.,16Hq., 36, 60, 64, 69, 73, D. 3. 79, 87, 108, 118, n. 6,122, 129 pq., 132 8q., 144, 157, 161 sq., 170, 188 sq., 199, 208. n. 3. 216 sq., 248,

325, 352, 376 sq.. 380 sq. ; - (Grande), H6, n. 7. 168. n. 5, 357 BQ. ; — (Pelile), 03. «I.

257, n. 2, 347 aq.

Aroudia ou Aroulia, 273 sq.

Arra, ,336.

Arrien, 13, 36, 68. '.ilS sq., 361.

Arsacides. — V. Partbes.

Arsaniaa, U. 17t, n. 4, 350.

Ariaban. 8, 40, 58.

Arlagira, 358.

Arialesoa, 165, 361.

Aitaiala. 157, 358.

Arlaxerxès, 40, 46, 135, 157.

Arzanène, II.

Anm, 359.

Àschica, 350.

Afcogefrut,iS3.

'AïitÉSiOoî, 'AouiTLo;, 60, n. 1,

Assyrie (Province d'), 8, 164.

Asthiunâne, 168, n. 5.

'AOt.vÙjï ÔKpoy, 365.

Atropatène (Médie), 4. 13, 17,

AtUcbas {Ata/i). 330.

Aupuele, 7, 12, n. 3, 71 sq., 93,

379 sq.

Auréiien, 57, n. 1, 78, 82, 95.

Auxitta, 91 sq., 95 ai|,, 115 sq.,

171 sq., 185.

AuidîuB Caaaius, 152, 385, n, 3.

Baalheck, 21, n. 5, 335. - V. Héliopolis.

Babylonia, 4, 174, 184, 195, n. 1.

Babram, 24, n. 1, 30, 51, n. 9, 56. n.2.57, D. 1.58, 18t, 183, D. 5, Adâenda.

Balabilèoe, 168, d. 5.

BaliasoB, 44. — V. BeltcA.

Raliilarii, "M. n. U, 91.

Baiistes, 148, q. 5. 180, d. 4, 190 sq.

Baiii», 278Bq.

Itambyce, 338, d. 2. — V. Hiérapolia.

Banasa, BanasymeoD, 320.

Baras, 326.

Barbaliesos. 254, n. 5, 282 eq.

Barbares (ConliO(tnnta), tl3 sq., 115 aq., 194.

Barkokeb», 80. n. 1, 86, 94, 187,

INDEX ÀLPHÀBlh'IQUB

Barsalion ou Barzalo, 348.

Bassus (Caecilius), 26, n. 1,27,

Batanée, 87, n. 6.

BatmaU'lchaiy 359.

Batnae d'Osrhoène, 305 sq. ; — de

Cyrrhestique, 342.

Bebase, Bibaa, 316, n. 2, 321.

Belias (Belich), 288, 306 sq.

Béliers, 52, 189 sq., 193 sq..

Bélisalre, 56, n. 6, 120, n. 10,

BeroBh (Alep), 91, n. 7, 156, n. 2,

Bersabora. — V. Pirisabora.

Béryte, 26, n. 1, 76, n. 4, 231,

Beihaniuris, 282.

Betproclis, 334.

B»llhoro, 87.

Bezabde, 89, n. 5, 91, 133, n. 1,

Bibas. — V. Bebase.

Biraparach, 369.

Biredjik, 4 sa., 273, n. 1,277 sq.

Birlha, 232, 325.

Bostra, 29, 72, n. 7, 77, 87, 109,

BouclooD, 371.

Bousera (fi/), 295.

Bucellarii^ 119 sq.

Bureaucratie militaire, 209, n. 1.

Burgus nouuSy 363, n. 3, 364.

Busan, 321 sq.

Buzès, 56, 129, n. 3. Byblos, 26, d. 1, 337.

Byrlum, 325.

Gadusieus, 129, 13t.

Caeciliana, 254, n. 5, 28i, 339.

Caene Parembole, 363, n. 3.

Caenopolis, 358.

Califîula, 23, 381, n. 3.

CHiliuicum. — V. Nicephorium.

Cambysène, 5, n. 1, 15.

Campements, 40, 53 sq., 184 sq.

Canaba, 308.

Capersana, 254, n. 5, 272, 274.

Gappadoce, Cappadociens, ix, 4, 7, 34,46, n. 2, 64, 65,n. 1,74, 87, n. 3,92. n. 1,93, 122, 124, n. 3, 352,383.

Caracalla, 8, 78, 81, 95, n. 2 et

Caravanes, 34, 297, 328, n. 3.

Carrhae, 8, 31, n. 2, 65. n. 1,

304 sq.

Garsaga, 351. Addenda.

Carus, 9. 380.

CaspieDue (Mer), 15, 35 sq.

Caspiennes (Portes), 36 sq., 257,

Cassius, 27, 70, 218, n. 4 et 5,

Castella, 188, 231, 251, n. 1,

321 sq., 345 sq.

Castellani ou Casiriciani^ 86.

Castrum Maurorum^ 319, 321.

Catafraclaires albains, 15, n. 5;

— arabes, 34 ; — arméniens, 17; — parlhes. 42 sq. ; — perses, 48 su., 50 sq., 138 ; — byzantins, 49, 137 sq.

Catapultes, 148.

Caucase, 3, 12, 36 sq., 114, 132.

Caucasiennes (Portes), 36 sq.,

257, 368 sq.

Cavad, 23, 38, 129, 193. 196,

n. 1, 320, n. 7, 344, 360 sq.,

Cavalerie arménienne. 16 sq., 48,

93, 177 ; — arabe, 33, n. 6. 48,

127; — des Huns, 37; — des

Parthes, 41 ; — des Perses,

47 sq. ; — romaine. 82.

Cavernes fortifiées, 25 sq.

Gefa ou Gephas, 88, 319, n. 2,

Celtes, 127, 154.

Césarée de Gappadoce, 136, 215,

Cestius Gallus, 73, 94, 187, 219,

Chalcis, 336, 342 sq.

Chameaux, 25, 28 sq., 41, n. 6,

44, 56, 181, 186, 211,218 sq.,

Ghanaraoge, 59.

Gharcha, Charcharoman, 321 sq.

Chars de guerre, 51, 181, n. 3;

— de transpori, 172 sq., 184, 218, n. 4, 222, 226, n. 4.

Chobos, 366, 369, n. 6, 371.

Cholmadara, 348.

Chorzéne. b, n. 1.

Chorzianène, 361.

Chosroès I", 56, 59, 114, 148,

VfVP

^HPV

392 INDEX ALPHABÉTIQUE

n. i. IS6. n. 2. iSP, 197. n. i.

Corbnlon, 73, 79, 93 bo., 148,

n. 1,285, 889, 29l,3(fô, 317.

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