‹ La frontière de Savoie, comédie-vaudeville en un acteChapitre 11 sur 27 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Précédens , La COMTESSE , entrant par la porte latérale^

à guurhe.

LA COMTESSE , à part *.

Il était tems..».. sorti par mîe porte tandis que les soldats entraient par l'autre... et pourvu, maintenant, qu'on lui laisse quelques heures d'avance... {Aperca^ant Lascari.) Ah! c'est le major !

LASCARI , qui pendant ce teins a parcouru le passeport

Que vois-je! celui que nous sommes chargée d'arrêter

le comte de Lasco.

GODIXET , prenant la passeport.

Moi ! . . . laissez donc tranquille !

LA COMTESSE

O ciel !

PEPITO , à part.

Notro maître ! et l'autre qu'il a épousée... Quelle horreur !

GODIVET , lisant.

Comte de Lasco I

* Pepito, Lascari, Godivet, la Comiesse.

La Frontière de Savoie. a

LASCARI.

Qu'avez-voiis à répondre?

GODIVET.

Que c'est une erreur. . . une bêtise de l'employé aux passeports... un Piémontais qui écrit comme un savoyard. Et voilà madame la comtesse qui vous dira que je suis Godivet l'épicier... N'est-il pas vrai?

LA COMTESSE , à part.

Oh! mon Dieul quelques heures seulement...... et il est

sauvé I. .

LASCARI.

Vous voyez qu'elle hésite.

Du tout... et madame va vous dire...

LA COMTESSE, à Godivei.

Tout ce que vous voudrez.. . mais cependant et au point

où en sont les choses. . . je ne vois pas, monsieur , à quoi sert de continuer plus long-tems ce déguisement.

GODIVET.

Qu'est-ce à. dire?

LA COMTESSE , iûoemeni .

Puisque vous êtes recomiu... D'ailleurs, M. le major est un galant homme , à qui l'on peut se fier.

LASCARI.

C'est ce que je disais à M. le comte.

LA COMTESSE

Et j'ai la certitude maintenant que vous n'avez rien à craindre... qu'il n'y a aucun danger.

LASCARI.

Je le pense de même.

GODIVET.

Et moi , je ne pense plus je ne sais plus où j'en suis!...

Cependant je ne rêve pas... je suis éveillé... je n'ai bu que de l'eau... et à moins que ce ne soit une mystification !... en tout cas, si c'est ime mystification, elle est bonne; et je vous demanderai , dans la supposition où je serais monsieur le comte... LASCARI , avec indignation .

La supposition !

GODIVET.

Eh bien, je le suis je le veux bien... j'y consens

comte, baron, tout ce qu'il vous plaira... puisqu'il parait que ce sont des accidens auxquels on est exposé à présent , en voyage... et qu'un citoyen qui était sorti bourjjeois , no sait

pas inaintennnt ce qu'il sera en rentrant chez lui Je suis

conue , c'est convenu ; et comme tant d'autres , sans savoir

comment... mais dans ce cas-là , je demande ce qu'on attend de moi... ce qu'on me veut... ce qu'on exige... Répondez.

LASCARI.

Ce qu'on exige , monsieur le comte... que vous restiez ici , dans votre château , près de madame la comtesse , jusqu'à ce que nous ayons reçu des ordres ultérieurs.

GODIVET.

Pas autre chose ?

LASCARI.

Pas autre chose Et moi et mes gens qui allions vous

attendre sur la frontière...

LA COMTESSE, à part.

O ciel î

LASCARI.

Resterons ici , près de vous , sans vous gêner en rien , et en vous laissant tout-à-falt libre J'espère, madame la comtesse , que je ne peux pas faire mieux...

LA COMTESSE

Non certainement... et je n'oublierai jamais le service que vous rendez en ce moment à moi ( appuyant , et aoec intention ) et à mon mari.

GODIVET , à pari.

Son mari ! elle aussi qui le veut... Ma foi, si c'est une

plaisanterie contre les épiciers , rira bien qui rira le dernier. {Haut.) Madame la comtesse... mon épouse.

LA COMTESSE

Monsieur le comte.

LASCARI.

A la bonne heure !

GODIVET.

Puisque les qualités sont connues , je ne m'en dédis plus.

PEPITO , stupéfait.

C'est donc là notie vrai maître ? eh bien , je m'en doutais... et je me disais , en voyant cet air distingué : ça ne peut pas être un épicier.

GODIVET.

Taisez-vous.

PEPITO.

Mais...

GODIVET.

On vous dit de vous taire... il raisonne beaucoup, ce grandlà ! qu'est-ce qu'il est dans la maison ? LA COMTESSE.

Votre valet de chan^bre.

Pour vous servir.

GODIVET.

Et il ne fait que m'emiuyer.. . Il s'est permis d'insulter l'épicerie... voilà de ces choses que je ne pai'donnerai jamais... et puisque je suis ici , chez moi , dans mon château , je le chasse. {Se reprenant et regurdunt la comtesse.) Je le chasse avec l'agrément de mon épouse.

PEPITO.

Ah ! madame...

LA COMTESSE

Obéissez à M. le comte , il est le maître ici. GODIVET , regardant la comtesse.

Ah ! je suis le maître!... c'est bon à savoir... c'est agréable... j'en userai... Soupe-t-on ici , chère amie ?... y a-t-il de bon vin dans mes caves ?

LA COMTESSE

Ce qu'il y a de mieux en vins de France.

GODIVET.

Je ne quitte plus mon château... vous souperez avec nous , major.

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