‹ La frontière de Savoie, comédie-vaudeville en un acteChapitre 10 sur 27 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Mêmes, GODIVET, Le 3Iajok LASCAKI , /r««//< GoJAW par te bras. Deux soldats en faction à ta porte dufund.

LASCARI *.

Je suis désolé, monsieur, de tous retenir. . . mais je ne connais que ma consigne... fixe et inunobile. NISIDA , effrayée.

Ah ! mon Dieu ! le revoilà !

PEPITO, Il part.

C'est lui !

GODIVET.

Je vous répète, monsieur le major, que je suis pres.sé; et au moment de sortir du château , vous me mettez la main sur le collet.

LASCARI.

Formalité indispensable et préliminaire mais ne craignez

rien... Le major Lascari , ofticier piéniontais , qui a servi autrefois dans la gendarmerie française , sait ce que l'on doit d'égards aux gens que l'on arrête. Car, pour ce qui est de la politesse... fixe et immobile... Votre nom?

CODIVET.

Godivet , épicier.

* Pcpito , Lascari, Godivft, INIsidn.

Ce n'est pas vrai.

LASCARl.

Où allîez-vous?

GODIVET.

Je sortais de ce château pour aller embrasser ma femme.

PEPITO.

Ce n'est pas vrai il vient de l'embrasser.

GODIVET.

De quoi se mèle-t-il, celui-là ? Je vous dis que j'allais retrouver mon épouse.

PEPITO.

Au contraire, il venait de la quitter... car son épouse, la voilà.

( Montrant Nisida.) NISIDA.

Si on peut dire... (-df PepUo.) Voulez-vous bien vous taire?

PEPITO.

Je ne me tairai pas... Voilà le mari de madame.

GODIVET.

Moi !

PEPITO.

Oui , monsieur, vous-même... Je sais que vous vouliez cacher votre mariage... mais il n'est plus tems... c'est connu

elle en est convenue elle-même.

GODIVET, surpris.

Elle-même ?

PEPITO.

Oui, monsieur... Ici, tout à l'heure, elle m'a avoué qu'elle vous avait épousé.

GODIVET , a\)ec joie.

Elle l'a avoué... c'est différent... (//;>«r/.) Diable! voilà une

aventure et si M™* Godivet ne m'attendait pas !... ( Haut.)

Monsieur le major, je ne nie pas...

PEPITO , à Lascari.

Vous l'entendez.

GODIVET, s^ approchant de Nisida.

D'autant que la petite est charmante, (yd part.) Le fait est qu'elle est mieux que ma légitime.

MSIDA , troublée.

Mais, monsieur...

GODIVET, 7'i{>ement.

Je suis voti'e mari... c'est convenu... j>as maintenant... vous savez qu'il faut que je m'éloigne.... mais au rctoiu...

MSIDA.

jMousumii-.

GODIVET.

N'oubliez pas que nous sommes mariés. .. que vous l'avez dit.

PEPITO , bas à Lasruii.

Les voyez-vous qu'ils se consultent... c'est assez clair.

IVISIDA , passant entre Godwet et Lasvari , à Pepito.

Eh bien ! oui , puisque vous le voulez absolument , et avant

que monsieur s'en aille, je le cj^is devant vous... devant lui...

et je vais le dire à ma mère... Etes-vous content , maintenant?

( Elle sort en courant.) PEPITO.

Je suis furieux.

GODIVET.

Et moi, je suis ravi. . . et avant de partir, je veux lui répéter...

(Il faii ua pas pour sortir.) LASCARI , le retenant par le bras.

Un instant, monsieur... Vous ne nous quitterez pas ainsi... Vos papiers , votre passeport ?

GODIVET.

Les voici.

Il donne son passeport à Lascari.)

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