‹ La frontière de Savoie, comédie-vaudeville en un acteChapitre 25 sur 27 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

GODIVET , CARLO et PEPITO, entrant doucement.

PEPITO , à voix basse *.

C'est lui 1... le voilà.

IW)DIVET.

Un soldat.

PEPITO.

Maintenant , qu'est-ce que vous lui voulez ?

CARLO

Ça ne te regarde pas... je t'ai promis vingt-cinq ducats si ,tu m'ouvrais cette porte secrète... Monsieur le comte va te les donner.

PEPITO.

A la bonne heure!

GODIVET.

Qui va là ?

Pepito , Carlo, Godivet.

La Frontière de Ssufoie.

CARLO

Silence c'est un ami qui vient vous sauver car nous

n*avons pas un instant à perdre.

GODIVET.

Qu'est-ce que je disais?.,, voilà que ça s'emmêle encore

Le château est enchanté.

CARLO

Prenez votre manteau , le danger presse.

GODIVET.

Le danger.

CARLO

Silence... dans une heure , on vous conduit à Turin pour y être fusillé... l'ordre est arrivé.

GODIVET.

Par exemple... pas de bêtises. . . c'est encore pire que ce que je craignais tout à l'heure... et je ne veux pas...

CARLO

Ni moi non plus... je viens vous sauver , vous faire évader.

GODIVET.

Vous êtes bien bon... et j'accepte.

CARLO

Donnez-lui vite vingt-cinq ducats et partons.

GODIVET , étonne.

Hein ! vingt-cinq ducats ! . . .

CARLO

Oui , à Pepito.

GODIVET.

A cet imbécille-là !... Plutôt mourir I

PEPITO, prêt à s'en aller.

Alors , il ne tient qu'à vous... ce ne sera pas long.

CARLO , le retenant.

Y penses-tu !... {A Godù>et.) Allons, de grâce... ne marclian-

dez pas Qu'est-ce que c'est que vingt cinq ducats , pour

vous surtout !

,| .1 ! GODIVET.

Je vous jure , mon cher ami, que je ne les ai pas. . . ( Se fouillant. ) J'ai là quinze francs , argent de France.

PEPITO, refusant.

Par exemple !

CARLO

Allons tlonc, monseigneur , ce n'est pas pour moi je ne

vous demande rien... «-t poiu'vn que vous me fa.ssicz épouser INisida.

PEPITO.

Lui ! . . . laissez donc ? vous donner sa maîtresse ! . . .

CARLO

Nisida! y penses-tu?

PEPITO.

Eh! oui... elle adore M. le comte qui l'a ti-ompée , séduite, épousée, est-ce que je sais?... car il épouse tout le monde.

CARLO , avec fureur.

Est-il possible!...

GODIVET.

Allons , v'I'a que ça va recommencer encore !

CARLO

Oui c'est infâme ! c'est affreux ! le perfide ! et moi qui venais le sauver monsieur le comte, nous sonunes quittes

maintenant... et je vous arrête.

GODIVET.

Ah! mon Dieu!., mais, mon ami, mon généreux ami, vous êtes dans l'erreur... je ne suis pas M. le comte.

CARLO

Plaît-il!

PEPITO.

Il a peur.

GODIVET.

Certainement , j'ai pem*.

CARLO

Ah! vous n'êtes pas M. le comte... vous n'êtes plus mon

rival! lui vil séducteur!... eh bien! l'épée en avant vous

aurez ma vie , ou j'aurai la vôtre.

GODIVET.

Gomment, ma vie!... je la garde... et je n'ai pas besoin de la vôtie.

CARLO

Nous nous battrons.

GODIVET.

Je ne me battrai pas !... je ne me bats jamais.

CARLO , tirant son épée.

Allons , dépêchez-vous.

GODIVET.

Otez-moi donc cette arme-là... ça peut blesser. Ah! ça, ils sont tous enragés dans cette maison les hommes, les femmes, les soldats ( Il passe entre Carlo cl Pepiio.) Eh bien !

( 36) non; je me révolte à la fin... qu'ils viennent vos soldats, vos sbires.. . je reste... je me moque d'eux, et de vous, comme de zéro.

ENSEMBLE

GODXVET.

Air des Malfieurs d'un amant.

Laissez-moi , c'en est trop , La moutarde me monte; Je saurai , s'il le faut , Tous vous mettre en défaut.

Je ne dois pas de compte A vous, à vos soldats ; Je ne suis pas un comte , Je ne marcherai pas.

CARLO

A la fin , c'en est trop , Il viendra , fùl-il comte !

Suivez-nous , il le fiaut , Ou j'appelle aussitôt.

Vous devez rendre compte De semblables éclats; C'est en vain qu'on m'affronte , Il faut suivre mes pas.

PEPITO.

Prenea-le , c'en est trop , etc., etc.

TOUS , paraissant à la fois.

Ab ! quel bruit , quel fracas !

D'où viennent ces éclats ?

( Les portes s'ouvrent avec bruit . et les trois femmes paraissent. — Lascari parait au fond avec des soldats.)

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