‹ La frontière de Savoie, comédie-vaudeville en un acteChapitre 26 sur 27 · GODI VET · texte numérisé non relu

GODI VET

Il se passe qu'on veut me faire violence qu'on veut

m'enlevcr. . . ce garçon-là. . .

Toi, Carlo?

Laissez-moi, perfide.

Et il fait son devoir.

CARLO

LASCARI.

GODIVET.

Le dieu Mars , à présent...

LASCARI.

L'ordre m'est arrive de vous arrêter sans pitié , pour vos intelligences avec la frontière.

GODIVET.

Je n'ai pas d'intelligences.

LASCARI.

Et de vous envoyer sur-le-cliamp à Turin, où la bonne justice de Sa Majesté vous attend.

ADOLPHIIVE.

O ciel ! mon mari ! je me trouve mal !

( Elle tombe dans un fauleuil. ^ CARLO.

On en a déjà fusillé deux.

LA COMTESSE , tombant dans un autre fauteuil. Dieu! si c'était...

NISIDA, pleurant. Monsieur le comte —

GODIVET.

Eh bien! voilà qu'elles pleurent toutes les trois!... elles se croient déjà veuves. ( Allant de l'une à l'autre. ) Mesdames , mesdames, rassurez-vous... reprenez vos sens comme je reprends moi-même mes titres, et mon vrai nom... car je déclare ici, à la face du ciel , que je suis Godivet , le seul et véritable Go— divet... je ne suis ni grand seigneur, ni trompeur, ni séducteur... je suis épicier, un loyal épicier : j'ai voulu venger l'honneur du corps... ça m'a joliment réussi... et voilà ma femme qui vous l'attestera, si elle ne veut pas me laisser pendre.

ADOLPHINE , à Lascari.

Il l'aui'ait bien mérité.. . mais je suis déjà assez vengée.

LASCARI.

Hélas î madame, cette ruse-là même ne le sauvera pas. .. car un rapport que je reçois à l'instant m'apprend que l'épicier Godivet , giâce à vui passeport bien en règle , a passé la frontière ce matin.

LA COMTESSE, s'élu/iÇant.

Mon mari I monsieur ?. . .

( Elle prend le rapport)

LASCARI.

Eh non ! . . l'épicier Godivet. . .

LA COMTESSE*

Il est sauvé!... {A GodU^et. ) Pardon , monsieur, pardon... je vous ai compromis un instant, en changeant votre passeport, à voti'e insu... mais vous le voyez , c'était pour sauver mon mari.

ADOLPHINE

Est-il possible ! et cette petite ?

LA COMTESSE

Une plaisanterie pour gagner du tems... et pour nie pas épouser Pepito qu'elle déteste.

PEPITO.

Merci.

ADOLPHINE

Et moi qui ai pu le soupçonner... moi , qui dans ma colère...

LA COMTESSE

Major, j'ai bien des excuses à vous demander.

LASCAHI.

Aucune , madame. . . et je suis ti'op heureux de l'accueil que j'ai reçu au château.

GODIVET.

Je n'en dirai pas autant et je reviens à ma femme , ma

vraie femme, ma seule et unique... car de trois femmes que

j'avais , il ne m'en reste qu'une pourvu encore qu'elle m'a|>

partienne entièrement... et; que cet imbécillede major...

ADOLPHINE

Qu'est-ce, que c'est ?

GODIVET , la prenant sous le liras.

Rien. . . je me renferme désormais avec ma fennue , dans mon comptoir {regardant le rnajur), où il n'y a place que pour deux, et alors enverra...

( Saluant tout 1c moudc )

N'oubliez pas que vous avez la pratique du château.

GODIVET.

C'est la .seule chose que j'y aurai gagné... et... {s'adressant au public ) , si ces messieurs et ces dames veulent bien ne pas ou-

* Carlo , NisiJ.. , Laicari , h Comicjic , Goilivcl, Adolphine , Pcpilo.

blier notre adresse Grande rue... au Mortier d'Or : Godi-

vet , épicier.

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