‹ La frontière de Savoie, comédie-vaudeville en un acteChapitre 3 sur 27 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

NISIDA, PEPITO.

PEPITO , à la cantonnade.

Bavard! bavard!... c'est possible... ça me regai'de.

NISIDA

Allons , en voilà un qui se dispute toujours.

PEPITO.

Ah! ma jolie prétendue ! Comment ça va-t-il ?... à merveille , j'en suis bien aise.

I^ISIDA.

Là ! . . il fait les demandes et les réponses pour en avoir plus long à dire.

PEPITO.

Bon!... vous aussi vous allez m'appeler bavard... j'en suis sûr... C'est votre mot à tous... bavard!... Si je l'étais certainement, il y a une foule de choses que je garde pour moi

par exemple , ce que je viens de voir tout à l'heure , en traversant le jardin... je n'en ai parlé à personne.

NISIDA

Quoi donc ! . . . contez-moi ça.. .

PEPITO.

Je ne demande pas mieux î... Figurez-vous que je quittais

madame votre mère... je vous cherchais Dam!... lorsqu'on

n'a plus qu'un jour pour s'aimer il faut toujours ètie ensemble.

NISIDA , le repoussant.

Allez donc... allez donc.

PEPITO.

Je venais par ici quand tout-à-coup j'aperçois un grand

corps bleu qui 61e... file entre le nuir et la charmille, du côté du château.

NISIDA

Ah ! mon Dieu ! {A part.) Si c'était Carlo !

PEPITO.

C'était un homme, un bel homme , ma foi... enveloppé dans un grand manteau bleu.

NISIDA , à part.

Oh ! non... Carlo n'en avait pas.

PEPITO.

D'abord, ça m'a fait quelque chose. Vous concevez , quand on n'est pas prévenu qu'on va avoir une surprise , ça vous remue un pou.

MSIDA.

Vous êtes poltron.

PEPITO.

Quelquefois... mais pas aujourd'hui je me suis mis à le

suivre bravement, de loin... jusqu'à une porte qui s'est ouverte pour lui... et j'ai cru distinguer la voix de madame la comtesse.

ÎVISIDA.

AîK : f'^n d'une, science inutile.

Ciel ! laiscz-vons , qu'osez- vous dire ? Si l'on vous avail entcmlu...

La comtesse qui nous inspire Tant de respect pour sa vtîrlu.

PEPITO.

Elle en a beaucoup , ou l'assure , Cela doit suffire en ce cas-

MSIDA.

Pour ne pas avoir il'avenlure.

PEPITO.

Non ; mais |iour qu'on n'en parle pas.

Mais comme j'ai vu.

IVISIDA.

Taisez-vous... c'est son mari, sans doute... car vous savez bien qu'on l'attend.

Oh! certainement... elle auia beau jeu à le dire... car dans ce château, où il n'est jamais venu , personne ne le connaît... mais je répondrai à cela qu'un mari ne se cache pas... ça n'arrive pas avec un manteau bleu, par la petite porte dérobée... Au contraire , ça vient toujoiu-s par la grande porte. . . un courrier en avant... c'est plus prudent.

MSIDA.

Là! encore... et vous direz que vous n'êtes pas le plus bavard. . .

PEPITO.

Méchante ! je sais bien pourquoi vous trouvez que je cause trop... vous avez peur de ne pas avoir assez souvent votre tour , quand vous serez ma fenune.

Oh I je n'y tiens pas.

A votre tour?

A être votre fenune.

MSIDA.

PEPITO.

!\ISIDA.

PEPITO.

Laissez donc... c'est niu- all'airc arrangée avec votre mèic... C'est une si bonne fenune!... luie maîtresse fenune qui .sait se faire obéir... je l'aime beaucoup.

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