‹ La frontière sino-annamite: description géographique et ethnographique d'après des documentsChapitre 30 sur 89 · LIN-NGAN FOU · texte numérisé non relu

LIN-NGAN FOU

pénétrerait en Annam après avoir reçu l'autre comme affluent. Or, nous savons par les observations Eûtes sur place par M. de Kergaradec que la rivière San-tch'ah ho , appelée aussi Nam-ti ou Nan-si, afflue dans le Li-hoakiang ou haut fleuve Rouge par 22^ 32' 30" de latitude, c'est4-dire à la hauteur de Lao-kaï. La frontière chinoise doit donc passer au dessus de ce point qui se trouve au confluent même de ces deux cours d'eau entre lesquels, sur la carte des Jésuites, la ligne frontière occupe un espace d'environ 30 minutes. Il &udrait donc reporter la frontière Sino-annamite verb le nord au dessus de Lao-kaï, E où le Li-hoakiang est séparé de la rivière San-tch'ah ho par un intervalle de 30' quand de nouvelles observations faites sur place auront permis de mieux connaître leur cours que les Jésuites semblent du reste avoir tracé trop à l'ouest.

On aura pu remarquer que dans la grande Géographie impériale et la grande Encyclopédie administrative chinoises, la partie méridionale du Yun-nan est décrite avec beaucoup moins de netteté et de détails précis que la partie du Kouang-si attenante au Tong-king. Dans cette portion du Yun-nan qu'habitent des peuplades de races différentes, subdivisées en marches frontières, la Chine, au moins au siècle dernier, n'était pas tout-à-fait chez elle; c'est ce qui explique que les ouvrages que nous avons dtéè ou bien avouent par exemple que le recensement de la population n'a pas pu s'effectuer sur le territoire des préfectures chinoises de Kouang-nan fou et de Fou-eurlfou, ou bien déclarent, en nous parlant de certaines montagnes de la préfecture de Khaï-hoa, que leurs

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chaînes sont couvertes de forêts impénétrables, font des détours sans fin , qu'on n'y voit pas de traces de l'homme , qu'on ne se doute ^pas de ce qu'elles renferment et enfin qu'on n'y aperçoit que nuages et brouillards flottant autour d'elles.

D'autre part les Jésuites, quelque soin qu'ils aient incontestablement apporté au travail qu'ils ont fait de 1708 à 1718 pour la Coiu* de Péking, ne semblent pas avoir été à même de pousser aussi loin leurs observations au Yun-nan qu'ils l'avaient fait au Kouang-si et dans les autres provinces de la Chine; c'étaient les Pères Fridelli et Bonjour qui étaient chargés de dresser la carte du Yun-nan; le second mourut sur les frontières chinoises de la Birmanie; le premier étant tombé malade, la Cour de Péking dût envoyer le Père Régis, alors Président du tribunal de Mathématiques, pour achever le travail commencé. Se sont-ils avance au sud jusqu'à la frontière annamite? C'est au moins douteux. Notre Bibliothèque Nationale conserve le manuscrit d'un missionnaire du XVIIIe siècle (peutêtre du Père Fridelli) dont le passage suivant nous permet de constater qu'ils n'ont pas fait d'observations sur la frontière méridionale du Yun-nan et s'en sont rapportés , quant à la manière de la tracer, au dire de quelques voyageurs chinois qui ne pouvaient leur fournir que des approximations :

« . . . On a encore moins besoin de munir les entrées «que les montagnes laissent au midi d'Yunnan et de la «Chine le long des confins des Royaumes de Laos et de «Tongking, car, outre que l'air de tout ce pays est mortel «aux étrangers la plus grande partie de l'année, tout y «est inculte, sauvage et plein de rivières et de torrens très «dangereux, ce qui fait qu'il y a peu de chinois qui fes-

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