‹ La frontière sino-annamite: description géographique et ethnographique d'après des documentsChapitre 29 sur 89 · LIN-NGAN POU · texte numérisé non relu

LIN-NGAN POU

La porte Ta-ouo kouan ;^ ^ |B « au sud-ouest de la

sous-préfecture de Mong-tze; on l'appelle aussi Ta-ouo-tze

I I "7"» ^'^* ^°® ipssse sur laquelle il importe de veiller.

Plus au sud se trouve la forêt de Ta-ou-pe tsien ^ ^ ^ ^; plus au sud encore on arrive au sommet d'une pente qui descend vers le fleuve (Kiang-hou) ^ y|j: en un point appelé Y-lin-mou ^^ -f^. De F autre côté du Jieuve est le territoire appelé Leh-kou-poh Hff "j^ H^ p^^ lequel on pénètre en Annam.

Il y a aussi au sud-ouest de Mong-tze la porte appelée Yangliou-ho kouan ^ f|) if^J |B (^^ ^^ ^^ rivière Yang-liou), elle est voisine de l'ancienne division territoriale ou marche de Ouang-nong. Les montagnes y sont hautes et leurs forets épaisses. Au sud cette porte ou passe débouche sur Lao-tchaï ^ |^ , elle est flanquée des forêts appelés Pe-mou-lo ^

g ^ m et Long-lao-houô f| ^ )fC » ^^^^^ ^^^ ^'^^ ^^^ rent appelé Ou-che tong J^^SM- (I- T. T. liv. 371 , f' 15.)

Le poste de Va-ko §^ :|^ |^ au sud de la sous-préfecture de Mong-tze. Il est flanqué de cinq montagnes, (ubi sup. f ^ 16.)

Pa-tchaï est au sud de la sous-préfecture de Mong-tze; par les territoires de Lao-tchaï^ Ou-lou-kiè tsien et Cha-ha jH Q^ on atteint celui de Pa-tchaï. En avançant davantage on arrive à Kiang-ti ^ Jjjg (en) un lieu appelé Mongiph'e tsien £ISl 13l[ ^ « l'autre rive du fleuve constitue la frontière annamite. U y a aussi la forêt appelée Ya-te-pe tsien 1® ^ â W P^ laquelle on débouche au sud des monts

1. Pe-moa>lo pourrait être le nom du point appelé plus haut Poh-mou-lou. (vid. sup. p. 49).

LIN-NGA.N FOU. 51

Ki-tch'ou chan. En suivant cette route et en traversant le Jieuve, an est hors de Chine sur le territoire annamite de A-biet-pha-thieû P^ J|l) jfjlt D^- ^^ Mong-tch'e tsien à l'ancienne sous-préfecture annamite de Lan-chaû il y a 30 li. ((îeogr. chinoise intitulée Fang-yu-ki-yao-kien-lan , . liv. 32, r 11.)

Le défilé des monts Na-keng à 100 li au sud-ouest de Lin-ngan. Na-keng fU H UJ db ^ ^ est le nom d'une marche frontière. (I.T.T. Uv. 371, f^ 17.)

Le bac de Tsien-k'eou ^ P ^ à 180 /t au sud-ouest de Mong-tze. (ubi sup.)

Bemariiiie.

Outre les points ci-dessus décrits la grande Gréographie impériale chinoise fait allusion à trois itinéraires conduisant de la préfecture chinoise de Lin-ngan en Aûnam. Nous en trouvons le détail dans d'autres ouvrages chinois:

Itinéraire de Lien-hoa t'an ^ ^ IH •

De Lien-hoa t'an (rapides de Lien-hoa) on descend en barque le fleuve Rouge ; l'on met ainsi 4 ou 5 jours jusqu'à Hanoï. (En 1877, M. de Kergaradec fit le trajet de Manhao à Hanoï en moins de 7 jours, mais il ne voyageait pas la nuit.) C'est par Lien-hoa t'an , dit la grande Gréographie impériale, qu'on entre sur le territoire annamite.

D'après la carte que M. Dupuis a publiée dans le Bulletin de la Société de géographie de Paris en Juillet 1877, les rapides appelés Lien-hoa t'an pourraient avoir donné

52 LIN-KGAN FOU.

leur nom au second cours d'eau qui afflue au nord de Sin-kaï sur la rive gauche du fleuve Li-hoakiang (fleuve Rouge). «En 1661, écrit le Père Graubil dans son Histoire du Tonquin, laquelle fut rédigée d'après les Annales chinoises, sous le règne de l'Empereur Kang-hi, le roi d'Annam , Le-Thânh-Tông (Ly-ouey-ki dansle texte du P. Graubil), prétendait étendre les limites de son royaume jusqu'à Mong-tze hien. Mais les Grands de la Cour de Pékin furent d'avis que les limites de son royaume devaient être fixées, comme autrefois^ au pays de Lien-hoa de l'arrondissement de Mong-tze hien ; l'empereur ordonna qu'on s'en tint à cette décision et le roi d'Annam se conforma à cet ordre. . . . Cent ans auparavant, vers 1571, la cour d'Annam , au moment où elle allait conquérir le Laos septentrional, ayant menacé la frontière Yunnanaise de ce côté, l'Empereur de Chine ordonna au vice-roi d'Yunnan d'occuper immédiatement ce territoire de Lien-hoa.» (Gaubil, Histoire du Tonquin, lettres édifiantes, édition de 1832, Tome XXVI, p. 49, 59.)

Itinéraire de Ho-yang j^ B|r j^ (ou ^ ).

Partant de Mong-tze on traverse le défilé annamite de Ho-yang et l'on gagne ainsi la sous-préfecture annamite de Binh-nguôn chaû ^ ^ ;H1 » ®^ suivant par terre la rive gauche du fleuve Dao (autre nom du fleuve Rouge.)

De Binh-nguôn à Phu-an huyên |B ^ j|^ il y a 5 jours.

De Phu-an à la préfecture de Tuyên-quang, 1 jour, (vid. sup. page 44).

De Tuyên-quang à la préfecture de Doan-hung phu (Phu- Doan) 2 jours.

LTV-HGAH FOU. 53

De Phu-doan au œnfluent des trois fleuves H |W[ 1^ (Son-tay), 5 jours.

Soit 22 jours de Mong-tze à Son-tay.

Cet itinéraire qui est très accidente et dont les chemins de montagnes sont très étroits est celui que suivaient en 1883 les courriers exprès que les généraux chinois envoyaient de Sin-ngan ^^fjfç (16 H au sud-ouest de Mong-tze) à Luh-vinh-phuoc lorsqu'il occupait Son-tay. Ces courriers mettaient 14 jours à faire ce trajet.

Ho-yang, selon M. Dupuis, est le terminus de la navigation sur la rivière Claire ou Song Lu. C'est le point qu'occupaient les Pavillons jaunes. De Ho-yang à la préfecture chinoise de Khaï-hoa, il y aurait 4 jours par terre. (Il y a une route qui conduit directement de Man-hao à Ho-yang; un français l'a suivie afin d'éviter les pavillons Noirs sur le fleuve Rouge.) ^

Itinéraire, rive droite du fleuve Rouge.

Partant de Mong-tze, on passe par Lien-hoa t'an , par la porte ou défilé de Che-long kouan >iS fH |B ^^ ^^^^ par Tchen-lan t'ong ^ H Df^ , on atteint le bord du fleuve (Rouge), fin se rend ensuite de Tchen-lan t'ong à la souspréfecture annamite de Thuy-vi chaû ;JC J^ ^ ; en tout 4 jours par terre. Thuy-vi chaû est à un mille en aval de Laokaï; c'est paiement par là qu'il fitudrait passer selon les auteurs chinois, pour se rendre de Chine dans le Laos siamois. De Thuy-vi chaû à la sous-préfecture annamite de Van-banh chaû ^ ifflf ^ (appelœ aussi Bao-ha) il y a 8 jours de route.

l. Vid. înf. page 54.

54 LIK-HOAV POU.

(Van-banh est le point qu'à titre de dernière concession, le gouvernement chinois comptait nous faire accepter comme terminus de la navigation sur le fleuve Rouge.)

De Van-banh à la sous-préfecture de Ha-hoa huyên ^ H JB il y a 5 jours.

De Ha-hoa à la sous-préfecture de Thanh-ba yH ]i[jit I « 3 jours.

De Thanh-ba à la préfecture de Lâm-dao phu ^^f{^^ 3 jours.

De Lam-dao à la sous-préfecture de Son-vi huyên |Jj § 2 jours.

De Son-vi huyên à la préfecture de Hung-hoa. 2 jours.

De Hung^hoa au confluent des trois fleuves ^ il^ fT (Son-tay), 1 jour.

Soit en tout 31 jours de marche.

Cet itinéraire est cité comme le meilleur, quoique le plus long, par les auteurs chinois; le sol sur lequel il passe serait plat et Ton suivrait une grande route. ^

Itinéraire de Tuyên-quang à Lao-kaï.

D'après un des routiers qui figurent en marge d'une carte annamite qui nous a été expédiée de Chine, on peut se rendre de Tuyên-quang à Lao-kaï par le chemin suivant :

De Tuyên-rquang à la préfecture de An-binh ^ ^ jj^ une journée.

1. La description des itinéraires qn'on vient de lire, bien que se trouvant dans des ouvrages chinois d'une date récente, est peut-être très ancienne, peut-être même date-t-elle du XIVo siècle. Plusieurs noms de sons-préfectures annamites qu^ils mentionnent ont éié modifiés; peut-être aussi, vu l'état de trouble dans lequel a toujours été le Tong-king depuis plusieurs siècles, nj a-t-il plus que des broussailles là où il y avait des routes.

LIK-VOAN FOU. 55

De An-binh à Ngoc-chân bao 35 ^ 'fijc ^ ^^® demi-joumée.

De Ngoc-chân au village de Thâu-vu ^ ^ JJ^l ^^^ demi-journée.

De Thâu-vu à B'Sxî-bô :f[j J^ une demi-joiu'née.

De B'ax)-bô au village de Diên-quan H^ H ^ deux journées.

De Diên-quan à Bao-thang ^ ^ "0)^ ^ (Lao-kaï) deux journées.

Cours d'eau.

La rivière San-icA'aA ho ^ ^ |f^ qui va au sud franc Air la frontière annamite ; elle est formée par trois cours d'eau. Ce sont: 1^. la rivière Pe-khi Q ^ qui sort des montagnes à l'est de Mong-tze et coule vers le sud; 2°. la rivière Ts'an-tien tsien ^ 5^ ^ jfSf ^^ prend sa source à l'ouest de la précédente; 3^. enfin et plus au sud

la rivière Na-mou-ko 5?I5 tK :^ ifl^T ^^ ^®^* ^^ nord-est (H. T. Kv. 126, r 13.)

C'est au pied des montagnes appelées Ko-pou chan "^ ^ jjj que ces trois rivières font leur jonction. (I. T. T. liv. 364, f^ 3.)

Le cours d'eau appelé par nous fleuve Rouge, par les annamites Dao-giang ou Phû-lûong giang , par les Chinois Li-hoakiang, serait un bras du grand fleuve Kin-cha kiang ^ fj^ ^ ou haut Yang-tze qui prend sa source dans le Kokonoor et arrose les provinces chinoises du Ssetchouen et du Yun-nan. C'est du moins ainsi que nous le

1. Ce canustère est sans doute là pour Pao ou Bao ^ signifiant un poste avancé ou une subdivision d'un Sse gM .

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montrent les cartes originales des Jésuites et leur reproduction par d'Anville. ^

Le fleuve Rouge s'appelle Yuan-kiang tC ^ a^ dessus de Mong-tze puis ensuite Ho-ti kiang f^ ^ \ lorsqu'il reçoit comme affluent de gauche la rivière Ya-ni ^ f^ /n[ , puis enfin il s'appelle li-hoa kiang ^ ^ | ou li-che

^^^ iS itt I ^^ dessous de Mong-tze.

Après avoir reçu d'abord un affluent occidental qui est la rivière Tsing-chouei ^ Hjif^ puis ensuite un affluent venant du nord-est dont la grande Encyclopédie administrative chinoise ne nous donne pas le nom et auquel ne fait pas même allusion la grande Géographie impériale, le fleuve Li-hoa kiang prenant une direction sud-est franchit la frontière annamite. (H. T. liv. 126, fM2etI.T.T. liv. 371, f° 10.)

Benuurqves.

De ce qui précède il faut retenir que la rivière appelée San-tch'ahho et le fleuve Li-hoa kiang (fleuve Rouge) traversent chacun isolément la frontière annamite ainsi que nous le montrent la carte des Jésuites, celle de la grande Encyclopédie administrative et celle de la grande G^graphie impériale chinoises.

Les mêmes cartes nous montreraient autre chose et les ouvrages précités s'exprimeraient autrement si ces deux cours d'eau pénétraient en Annam après leur jonction. Il n'y aurait plus en effet qu'un de ces cours d'eau qui

1. Certains ouvrages géographiques ohinois considèrent le fleuve Rouge (Dao-gîang) ou plutôt Lien-hoat'an comme un bras du fleuve Lan-tsang kiang ou haut Mékong. C'est peu vraiseviblable. Cf. Fang^yu-ki-yao-kien-lan^ liv. 32, f^ !!•

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