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LA GLANDE MAMMAIRE PENDANT LA LACTATION

La lactation, due à la transformation de la sécrétion colostrale en sécrétion lactée, commence deux ou trois jours après la parturition.

Macroscopiquement, la glande présente le même aspect que pendant la phase glandvlaire gravidique.

Aux points de vue histo-cytologique par contrée, elle subit des modifications importantes et c’est encore à Grynfelt que nous aurons recours pour en donner une description.

Le mode de sécrétion Iactée a donné lieu à trois théories diversement défendués :

— La théorie holocrine qui assimile la glande mammäire à une glande $ébacée (Nassé, 1840 ; Kolliker, 1852 ; Virchow, 1868). Le liquide de sécrétion

est le résultat de la fonte graisseuse de la totalité des cellules glandulaires.

— La théorie mérocrine (Langer, 1871; Benda, 1893 : Bertkan, 1907). La sécrétion est formée par des gouttes de graisses évacuées au niveau de son apex, sans destruction de la cellule.

— La théorie holomérocrine (Heïidenham, 1880 ; Limon, 1902 ; Brouha, 1905 ; Schil, 1912). La sécrétion lactée participe d’un double processus : élaboration et destruction d’une partie seulement de la cellule.

rynfelt, dans sa thèse (1936), fait la critique de ces diverses théories : pour lui, la sécrétion lactée d'allaitement est une sécrétion trophocrine, l'erreur des auteurs qui tiennent cette sécrétion pour holocrine vient du fait qu’ils ont noté une abrasion cellulaire dans la mamelle qui vient d’être tétée. Mais c’est là un phénomène mécanique secondaire qui assure la maintenance de la sécrétion trophocrine.

Le cycle sécrétoire peut être divisé en 3 phases : — élaboration ou sécrétion, — excrétion,

— repos.

1° L'élaboration ou sécrétion a pour siège à peu près exclusif les vésicules terminales, les alvéoles ou acini glandulaires. Les cellules épithéliales sécrétantes sont disposées sur une seule rangée, elles sont caractérisées à la période de sécrétion lactée, à Fop-

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posé de celle de la sécrétion colostrale, par leur grande inégalité de taille.

Entre le pied de ces cellules et la membrane propre de la vésicule terminale se trouvent des cellules myoépithéliales :

— En période de repos, la cellule est cubique, basse, le protoplasme est finement granuleux avec quelques vacuoles, un chondriome et un appareil de Golgi réduit.

— Le noyau, toujours unique chez la femme, est basal. C’est un noyau clair, vésiculeux, comprenant une vacuole. Il n’est jamais éliminé en entier et c’est seulement par usure cellulaire qu’il fournit les nucléines du lait.

— En période d'élaboration, le cytoplasme, dans la partie inférieure de la cellule, est le siège d’un développement progressif : le fugor déterminant une ascension du noyau ou antéropulsion de Launoy.

— En même temps, le cytoplasme prend un aspect strié traduisant des zones hydratées. Ces stries sont concentriques au noyau et donnent à la cellule un aspect feuilleté caractéristique. |

— Le développement du chondriome est maximum à la phase où la zone infranucléaire est la plus turgide ; il est formé de chondriocontes longs et flexueux assez réguliers, tous parallèles.

— L'appareil de Golgi est formé par un réseau plus ou moins fragmenté répandu dans toute la cel-

lule.

ee. qe

— Les enclaves lipidiqués $’acceumulént dans touté la cellule, maïs surtout dans la zone supranucléaire formant ainsi le dôme cellulaire dé Heideñhaim.

— Les enclavés protidiques, de dimensions variables, se forment toujours au sein d’une vacuole.

— Enfin, les massues super-apicales sé constituent progressivement au-dessus de la mémbrane apicale.

2° L’excrétion se fait selon deux modes bien distincts :

— excrétion spontanée purement mérocrine analogue à l’excrétion du colostrum ;

— excrétion provoquée par la tétée. EHe est alors rapide et très spéciale et correspond à un travail cellulaire intense ; en effet, au cours de la tétée même, s’élabore la moitié du lait sécrété pendant la journée.

Au cours de la tétée, il y a une véritable abrasion des cellules glandulaires qui sont décapitées de leurs dômes cellulaires, mais c’est là un phénomène purement mécanique ; d’ailleurs, les cellules décapitées refont rapidement une membrane et peuvent de nouveau sécréter sur le mode mérocrine.

3° La phase de repos. Les cellules reviennent progressivement à la phase de repos, elles sé remettent alors à sécréter sur le mode purement mérotrine ét c’est à cette période que la seconde moitié du lait sécrété dans la journée se forme, la première moitié, nous FPavons vu, étant élaborée pendant la tétée.

En résumé, les différences entre les sécrétions colostrale et lactée sont les suivantes :

— Activité beaucoup plus grande au cours de la sécrétion lactée ; le tugor, l’aspect radié du cytoplasme, l'inégalité cellulaire, l’antéro-pulsion du noyau et la formation de dômes cellulaires sont l’apanage unique de la sécrétion lactée.

Par contre, les corpuscules de Donné n’existent que dans le colostrum.

Quant au mode d’excrétion, il est le même pour les deux sécrétions, en dehors des tétées ; la tétée ajoutant simplement un facteur traumatique.

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