ROLE DE LA FOLLICULINE
L'action de la folliculine sur la glande mammaire est facile à mettre en évidence et cadre avec les observations cliniques. Cette action est double :
— action sur le développement de la glande, action
indirecte;
— action sur le mamelon de la glande, action directe.
Pour éviter les causes d’erreur et observer l’action isolée de la folliculine, il est préférable de l’injecter
à des animaux castrés, mâles ou femelles.
L'action sur le développement de la glande se traduit, dans toutes les espèces animales, par une prolifération du système canaliculaire analogue à celui observé pendant la première phase du cycle génital avant l'ovulation.
Suivant les animaux injectés, les résultats sont plus ou moins prononcés.
— Chez le chien et la souris, le développement ne dépasse pas le stade canaliculaire (Bradbury, 1932 ; Turner, Frank, Gardner, Schultze et Gomez, 1932).
— Chez le cobaye, on observe un développement canaliculo-alvéolaire complet, analogue à celui de la fin de la gestation (Haterius, 1928; Laqueur, Dingemanse et de Jongh, 1928; Nelson et Smelser, 1933; Turner et Gomez, 1934; Nelson, 1936).
— Il existe dans d’autres espèces animales une réponse intermédiaire, caractérisée par un important développement canaliculaire et un faible développement alvéolaire (Turner et Moss, 1933; Turner et Gomez, 1934; Houssay, 1935; Parks, 1930; Turner et Frank, 1932; Allen, 1927; Allen, Gardner, Riddle, 1935). Les résultats obtenus étant d’ailleurs variables suivant la durée du traitement.
Mac Donald (1936) traite des lapines ovariectomisées avec 25 à 200 U. R. de folliculine par jour; il sacrifie un lot au 30% jour, un autre entre Le 80° et le 9% jour et constate:
— pour le premier lot, une augmentation du volume de la glande qui atteint 3 à 4 fois son volume initial;
— une ramification très importante des galactophores;
— mais aucune prolifération des acini;
— pour le 2 lot, les modifications macroscopiques sont les mêmes, maïs il existe une légère prolifération alvéolaire.
— Des injections encore plus prolongées (100 jours) ne donnent aucun résultat supplémentaire; au contraire, la glande commence à diminuer.
Pallot (Bull. d'Histol. appliquée à la Physiologie, 1936) insiste sur la lenteur du développement, son caractère progressif irrégulier et inégal bien différent du développement homogène de la gravidité.
Trois faits sont à retenir :
— Les injections de folliculine ne donnent jamais de sécrétion lactée;
— Les injections de folliculine inhibent la sécrétior lactée chez les femelles en période de lactation (Smith and Smith, Am. J. Phys., 1933 ; Anselmino, Zent. f:
Gynak., 1936; Folley, Nature, London 1934; Folley, Biochemical, 1936).
DD De
— La folliculine, pour certains auteurs, n'a aucune action sur la glande mammaire chez les femelles hypophysectomisées (Gomez, Turner, 1936, expérienees sur le cobaye). Ceci semblant indiquer que la folliculine n’a pas sur l’épithélium de la glande mammaire une action directe, mais une action indirecte, par l'intermédiaire de l’hypophyse.
L'action sur le mamelon est également très nette (Jodassohn, Velinger, Zurch., Helvet. Med, Acta, 1937). Il s’agit ici d’une action directe, primaire; en effet, l'injection locale de folliculine, à la base d’un mamelon, chez le cobaye, ou la simple application de pommade à la folliculine produit sur le mamelon traité un accroissement très supérieur à celui des autres mamelons :
191 % contre 91 % suivant que la folliculine est injectée à la base d’un mamelon ou sous la peau du flanc;
147 % contre 33 % suivant que la friction est faite avec une pommade contenant ou non de la folliculine (Mussio, Fournier, Albrieux, Brino, 1937).
Parhon et Cahane (C. R. Soc. de Biol., 1932) ont obtenu chez des cobayes ovariectomisés une néoformation de mamelons extinpés, par injection d’urine
de femme gravide.