HYPOPHYSECTOMIE ET GLANDE MAMMAIRE
L'action de l’hypophysectomie sur la glande mammaire est variable suivant le développement de l'appareil génital des animaux opérés :
— avant la puberté, l’hypophysectomie empêche le développement des glandes mammaires;
— après la puberté, elle entraîne une atrophie glandulaire rapide, beaucoup plus rapide et complète que celle qui suit la castration (Leblond, Nelson, 1937) ;
— Pendant la lactation, elle produit d’une façon constante un arrêt de la sécrétion lactée, que ce soit:
— chez la rate (Collip, Selye, Thomson, 1933) ;
— chez la chatte (Allen et Wiles, 1932) ;
— chez le chien (Houssay, 1935) ;
— chez le cobaye (Gomez, Turner, 1936).
Pendant la gestation, ses effets sont discutés.
Collip, Selye, Thomson (1933) constatent que l’hypophysectomie dix jours avant terme n’empêche pas la lactation chez la rate. Ils invoquent la possibilité d’un stimulus venant de l’utérus gravide; ils
constatent en effet que si l’utérus est vidé par césarienne, la sécrétion lactée s’installe, sauf chez l’animal hypophysectomisé. En 1937, après de nouvelles expériences, ils concluent que la sécrétion lactée se produit bien à la parturition, mais ne dure, que quelques heures.
— Pencharz et Lyons (1934) constatent également une sécrétion lactée chez le cobaye hypophysectomisé, mais insistent sur le caractère très transitoire de cette sécrétion.
— Houssay (1935), expérimentant sur des chiennes, Allen et Wiles (1932) sur le‘chat, Pencharz et Lyons (1933) sur le rat, Nelson (1935) sur le cobaye, constatent au contraire une absence complète de sécrétion lactée à la parturition.
— Enfin, chez le cobaye hypophysectomisé, la folliculine reste sans action sur la glande mammaire mais produit toujours la prolifération mamelonnaire chez le cobaye mâle (Lyons, Pencharz, 1936), ce qui prouve l’action directe de la folliculine sur le mamelon.
Les résultats de l’hypophysectomie sont bien ceux que l’on pouvait attendre après étude de l’action
des extraits hypophysaires.