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Les observations d’acromégalie sont celles de :
— Gajkiewicz (1894) : Acromégalie et galactorrhée chez une femme nourrice, 6 enfants;
— Fazio (1896) : Acromégalie et galactorrhée chez une femme ayant nourri un enfant peu de temps auparavant;
— Ostreich et Slawyk (1899) : Gigantisme, développement des organes génitaux, gynécomastie et sécrétion colostrale chez un petit garcon de 4 ans atteint de sarcome hypophysaire;
— Maguire (1909) : Acromégalie et galactorrhée chez une femme ayant été nourrice;
— Lodge (1912) : Acromégalie et galactorrhée chez une femme ayant été nourrice; |
— Bab (1914) : Acromégalie et galactorrhée chez une femme ayant été nourrice;
— Roth (1918) et Henschen et Nager (1919) : deux cas d’acromégalie, gynécomastie et galactorrhée chez l’homme; FAT É
— Haenel (1928) : Angiosarcome pituitaire, gynécomastie et galactorrhée chez un homme de 43 ans;
— Carnot et Bouttier (1930) : Acromégaiie, dysménorrhée, galactorrhée depuis 3 ans chez une femme de 27 ans, jamais enceinte;
— Krestin (1932) : deux cas d’acromégalie, aménorrhée, galactorrhée avec examen du liquide sécrété chez deux femmes de 25 et 32 ans jamais enceintes;
— Maniscalco (1932) : Acromégalie, dysménorrhée, galactorrhée installées après un avortement chez une multipare;
— Kovalev, cité par Maniscalco; gomme hypophysaire et galactorrhée chez une femme ayant eu un enfant 8 ans auparavant;
— Jaworashi, cité par Maniscalco : Acromégalie, aménorrhée et galactorrhée chez une femme;
— Castillo et Lanari (1933) : deux cas d’acromégalie, aménorrhée et galactorrhée, l’un chez une femme de 35 ans ayant nourri 3 enfants; l’autre chez une jeune fille;
— Cushing (1933) : Acromégalie, aménorrhée, galactorrhée consécutive à un accouchement chez une femme de 32 ans;
— Y.-1. Deych (1934) : Tumeur pituitaire, aménorrhée, myxœdème et galactorrhée chez une femme;
—Lopes-Cardozo-Kater (1938) : Adénome pituitaire avec galactorrhée. (Il nous a été impossible de nous procurer cet article, aussi n’avons-nous pas pu savoir s’il s’agit d’un homme ou d’une femme.)
Nous devons la dernière observation à MM. Villaret, Justin-Besançon et Bourgeois, qui ont bien voulu nous la confier :
OBSERVATION II. —— M"° C.., 40 ans, vient consulter dans le service du Professeur Villaret, le 17 octobre 1938, pour des modifications morphologiques considérables dont le début remonte à une grossesse et un accouchement normaux, il y a 4 ans :
Augmentation du volume du nez, saillie des globes oculaires ;
Augmentation du volume des mains et des pieds, la
malade ne peut plus porter son alliance et a dû augmen-
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ter la taille de ses chaussures de 2 pointures en 2 ans (du 36 au 38).
Par contre, la taille est inchangée et reste à 1 m. 55. Les modifications morphologiques ne sont pas les seuls phénomènes ayant inquiété la malade. Elle se plaint de :
— troubles de la vue : baisse de la vision, surtout marquée depuis le mois de janvier 1938, brouillard devant les yeux ;
— troubles des règles : les règles toujours irrégulières se sont arrêtées depuis le mois de janvier 1938 ;
— troubles du caractère : la malade est devenue très nerveuse, elle se met facilement en colère, prend peur sins raison ;
— troubles nerveux : céphalée intense, somnolence.
La malade se plaint en outre d’une polyphagie intense sans polyurie et d’une transpiration très abondante.
Enfin, elle signale l’existence d’une sécrétion mammaire permanente, d’ailleurs peu abondante.
L’interrogatoire nous apprend :
— qu’elle a été réglée à l’âge de 15 ans, mais toujours irrégulièrement ;
— que vers l’âge de 22 ans est apparue une pilosité excessive ;
— qu’elle s’est mariée à 30 ans.
Elle aurait fait une fausse couche traduite par une hémorragie abondante après une période d'aménorrhée et suivie d’une montée laiteuse transitoire.
Elle a accouché à terme, en septembre 1934, d’un enfant bien portant.
Elle n’a pas allaité son enfant, à cause d’une tumeur sensible dans le sein droit, tumeur opérée en 1935 par le Docteur Madier ; cependant, malgré l’absence de l’allai-
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tement, la montée laiteuse s’est produite et, depuis cette date, l’écoulement lacté ne s’est jamais arrêté.
C’est également à son accouchement que la malade fait remonter d’une façon très précise les divers troubles qui l’ont amenée à consulter.
L'étude de ses antécédents familiaux nous apprend que son père est mort à l’âge de 44 ans d’une maladie nerveuse, sans qu'aucune précision puisse être donnée à ce sujet ; sa mère et sa sœur sont bien portantes.
Dès l’examen, l’attention est attirée par l’aspect de la malade :
Les yeux saillants sous des rebords orbitaires proéminants, les paupières lourdes et épaisses, le nez très élargi, la langue épaisse et volumineuse, les dents écartées, la pilosité abondante de la lèvre supérieure et du menton, le développement anormal du maxillaire inférieur qui gêne la mastication, constituent un tableau très carac-
téristique que vient confirmer une étude plus approfondie.
En effet, il existe un épaississement de tous les tissus,
des mains, qui sont déformées, des doigts courts et bou- * dinés, des pieds élargis.
Une abondance très anormale du système pileux : les
iuembres, surtout les cuisses, sont couverts de poils, les
poils pubiens remontent jusqu’à l’ombilic ; seul le thorax est intact.
Le thorax est déformé par la saillie du sternum et des dernières côtes. Les seins sont d’aspect et de consistance normaux. La galactorrhée, peu abondante, demande à
être recherchée. Seule la pression fait apparaître quelques gouttes de lait.
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L'examen complet de la malade ne donne aucun renseignement supplémentaire. Les poumons, le cœur et la tension artérielle sont normaux.
Le pouls est régulier, sans brachycardie.
La diurèse varie entre 1.000 et 2.000 cc.
La malade mesure 1 m. 55 et pèse 56 kg. 500.
Le métabolisme basal est un peu augmenté à + 27,7 %.
La glycémie est à 0,95, l’urée sanguine à 0,32, le B.W. négatif.
L'examen oculaire montre un fond d’œil normal, il existe ni stase papillaire, ni aucun signe d’hypertension intracranienne ; seulement une myopie accentuée.
L'examen radiologique du crâne présente un intérêt capital et permet d’affirmer le diagnostic déjà très vraisemblable d’acromégalie :
— la selle turcique est agrandie, modifiée dans sa forme ; |
— les apophyses clinoïdes antérieurs sont intactes, mais les apophyses clinoïdes postérieurs et la lame quadrilatère ont disparu.
Les vaisseaux du diploé, très accusés, traduisent l’hypertension intracranienne.
Au total, le diagnostic d’acromégalie d’apparition récente peut être posé ; cependant, la rapidité de l’évolütion, l’aggravation rapide des symptômes, la céphalée, la somnolence font faire quelques réserves quant à la nature exacte de la lésion hypophysaire, et un traitement radiothérapique hypophysaire est institué.
Au mois d’avril 1939, la malade, qui avait déjà subi 14 séances de radiothérapie et était de nouveau soumise au traitement, signalait une amélioration considérable de tous ses symptômes fonctionnels, particulièrement de 1: somnolence, de la céphalée et des troubles du carac-