LIMITATION DU SUJET
Nous n’aurons en vue dans cette étude que la
galactorrhée pathologique, survénant en dehors des
épisodes normaux dé la vie génitale, aussi bien chez lhomme que chez la femme, éliminant ainsi :
La galactorrhée du nouveau-né, ou « lait de sorcière », très fréquente puisqu’elle survient presque dans la moitié des cas (Lyons, Proc. Soc. Exp. B. M. octobre 37), aussi bien chez le garçon que chez la fille.
Il s’agit le plus souvent d’un écoulement peu abondant, durant du 5° au 30° jour en moyenne et disparaïssant sans complications.
Excéptionnellement, on a pu signaler des durées très prolongées, 11 mois dans un cas rapporté par Fonseca 6 Castro, mais il y avait eu manœuvre d'expression.
Au point de vue physiologiqte, cet écoulément de colostrum où de lait peut s’expliquér facilement Florentin, Revue Médicale de Nancy, oct. 36; Lyons, Proc. Soc. Exp., B. M. oct. 37).
En effet, anatomiquement et histologiquement, ces glandes mammairés sont en miniature des glandes en
lactation.
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Elles subissent, pendant la vie intra-utérine, l’action de la folliculine placentaire amenant une hypertro-
phie mammaire;
après la naissance, celle d’une hormone hypophysaire de lactation. Brouha et Collin (Congrès de physiologie, 1935), en expérimentant sur les cobayes, ont en effet montré qu’il existe une « crise hypophysaire » coïncidant avec l’époque de la naissance : à ce moment, et dans les quelques jours qui suivent, la glande pituitaire excrète une grande partie de ses hormones dans les vaisseaux sanguins, et Lyons a mis en évidence cette hormone hypophysaire mammotropique dans les urines des nouveaux-nés.
La galactorrhée de la puberté, beaucoup plus rare, survenant également dans les deux sexes (Apert, Bulletin Médical, janvier 31).
C’est le plus souvent une galactorrhée transitoire qui disparaît dès que l’équilibre endocrinien est établi. Rivoire (P. M., mars 1932) l'explique par un développement fonctionnel de l’hypophyse plus rapide que celui des glandes génitales.
Elle disparaît dès que la production de folliculine ou de testostérone est suffisante pour inhiber l’hormone hypophysaire de lactation.
La galactorrhée de la ménopause, rare, s'explique comme celle de la castration par une disparition de l’activité hypophysaire.
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: — 15 — Dans cette étude, nous envisagerons donc successivement :
— Le développement et l’histologie de la glande mammaire.
— La physiologie de la lactation.
— Les observations cliniques de galactorrhée, en
essayant de les classer d’après les syndromes patho-
logiques au cours desquels la sécrétion lactée est apparue.
— Enfin, nous nous efforcerons de donner à ces
observations une explication pathogénique, en confrontant les renseignements cliniques avec ceux apportés par l’étude de la physiologie de la lactation.
Disons tout de suite que la liste des observations
est forcément incomplète et que bon nombre de.
galactorrhées gardent une pathogénie obscure.
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