PERIODE EMBRYONNAIRE
Les travaux de Langer (1851) et Kolliker (1852) ‘ont montré les premiers que la formation de la glande mammaire est en tous points comparable à eelle des glandes sébacées.
La première ébauche apparaît très rapidement, elle est déjà visible chez l'embryon de 9 à 10 mm., sous forme de deux bandes épithéliales épañssies, ‘allant d’une extrémité à l’autre de l’embryon ; ce sont Îles bandes tactées de Schwalbe, qui s’amincissent secondairement pour donner les crêtes lactées de Schultze. Les crêtes à leur tour se résorbent en maïñeure partie pour ne plus laisser que les boutons mammaiïres, ‘au nombre de deux, symétriques et à la région pectorale chez l’homme.
Anormalement, il peut persister des mamelons surnuméraires (polythélie) ou même des mamelles (polymastie) qui se trouveront alors distribués sur la ligne embryonnaire des bandes lactées, de l’aisselle à la
grande lèvre. :
Les boutons mammaires ou ébauches épithéliales primaires de Rein passent par plusieurs stades : proéminent, aplati, invaginé. À ce moment, ils s’accroissent rapidement pour prendre une forme de massue qui, par sa surface invaginée, donne naissance aux bourgeons épithéliaux ou ébauche épithéliale secondaire de Reïn. Ces bourgeons, en s’enfonçant dans la profondeur, vont se développer de deux facons du 5° au 6° mois : les uns, courts et trapus, donneront les glandes cutanées de la mamelle; les
autres, grêles et longs, sont à l’origine du système
galactophore. Celui-ci se constitue vers le 7° mois par ramifications dichotomiques, donnant successivement: les canaux primaires ou lobaires; — secondaires ou intralobaires; — ternaires ou interlobulaires; — quaternaires ou intralobulaires.
Les canaux d’abord pleins se creusent secondairement d’une lumière prenant l’aspect définitif des canaux galactophores, à paroi formée de 3, puis de 2 couches de cellules épithéliales doublées par un revêtement conjonctif. Quant aux renflements terminaux ou acini, leur structure est discutée :
— bistratifiée comme des galactophores pour Czerny (1890) ;
— unistratifiée comme lacinus adulte pour de Sinety (1875), Gruber (1924), Grynfelt (1936).
Ces éléments épithéliaux sont groupés en autant de lobes qu’il y avait de bourgeons dans l’ébauche épithéliale secondaire (16-à 25 chez l’homme) et sont
enveloppés par un tissu Conjonctif lâche, très richement vascularisé.
Les galactophores d’un lobe aboutissent à un seul canal primaire qui débouche isolément à la surface du mamelon, après s'être renflé en sinus galactophore.
Dès la naissance, la glande mammaire constitue une glande adulte en miniature; elle est composée (Czerny) de canaux réguliers, ramifiés, se terminant par des renfiements en massue qui sont de véritables acini. Elle possède une aptitude sécrétoire marquée, se manifestant fréquemment par l’apparition dès le 2° ou 3% jour, du « lait de sorcière » correspondant dans les grandes lignes à la sécrétion lactée de l’adulte. Les vésicules et les galactophores participent à la formation de ce « lait de sorcière ».
Cette aptitude sécrétoire n’est pas l’apanage unique de la race humaine : en effet, on peut l’observer chez le lapin, le chat, le cobaye, la chauve-souris.
Cette activité fonctionnelle, due au fait qu’à la phase embryonnaire les glandes mammaires de la mère et de lenfant sont soumises aux mêmes influences hormonales, sera d’ailleurs éphémère; en effet, la glande mammaire va passer par une longue
période de repos qui durera jusqu’à la puberté.
; PERIODE IMPUBERE C’est une période de repos. Les acini prennent l'aspect de petites vésicules à épithélium bistratifté; ce sont de simples bourgeons renflant l’extrémité des
canalicules, et tous les auteurs recommaissent à la glande mammaire une structure purement eanaliculaire pendant la période impubère. L’accroïssement — à peu près identique chez le mâle et la femelle — de ce système canaliiculaire, est variable suivant les espèces animales, mais il n’y a jamais formation d’acini (Turner, 1932).
A LA PUBERTE ET AUX PERIODES D'ACTIMITE SEXUELLE EN DEHORS DE LA GESTATION
La cho mammaire subit des modifications qui évoluent le plus souvent parallèlement aux modifications de lappareïl génital, pendant ses péniodes d'activité.
Suivant les espèces animales, les ovulations ‘sont plus ou moins fréquentes et les différentes phases de Pactivité sexuelle plus ou moins différenciées.
L'ovulation étant le phénomène «essentiel, est par rapport à «elle que l’on peut définir :
— une phase préparatoire, fodliculinique, pendant. laquelle la glande mammaire subit des modifieations portant uniquement sur des éléments canaliculaires. Il se produit une prolifération importante des canaux dont la lumière se dilate; la fonmation de bourgeons terminaux qui se distinguent des acini par une paroi bi ou tristratifiée. Au niveau du stroma conjonctif existe un œdème localisé avec infiltration leucocytaire importante.
— Une phase folliculino-lutéinique, après lovulation, phase préparatoire à la nidation, caractérisée
ee QE NE au niveau de la glande mammaire par une prolifération alvéolaire : il apparaît de véritables acini à épithélium unistratifié. Dans certains cas, l’activité
glandulaire peut s'accompagner de phénomènes
sécrétoires: c’est la galactorrhée cataméniale. Ces phénomènes sécrétoires ne sont d’ailleurs pas l’apanage unique de la femme et Lépinay (Rev. de Path. Comp., déc. 32) les a observés chez les chiennes et les chattes à l'époque où elles auraient mis bas si elles avaient été fécondées.
Cette poussée mammaire est prémenstruelle, elle commence huit jours environ avant les règles, pour entrer dans une phase de régression dès l'apparition des règles. | |
Ce parallélisme entre cycle mammaire et cycle génital n’est pas commun à toutes les espèces animales, il n’existe que chez les animaux à cycle long, avec phase folliculino-lutéinique bien différenciée (cobaye, chienne).
Dans les espèces à cycle court (rat, souris) la phase lutéinique est pratiquement inexistante et Gardner, sacrifiant 43 souris femelles à des âges divers, a conclu qu’on ne peut établir aucune corrélation entre l'aspect de la glande mammaire et le cycle œæstral.
Dans les espèces à ovulation provoquée (lapin,
furet), les constatations sont divergentes. Ancel et
Bouin (1911) ont observé chez la lapine un développement important des canaux et l’apparition de bourgeons terminaux. Hammond et Marshall (1930)