LA GLANDE MAMMAIRE PENDANT LA GESTATION
Les travaux d’Ancel et Bouin sur la lapine, en 1911, travaux exposés dans la thèse de leur élève Schil (Nancy, 1912), permettent d’individualiser deux
=D — phases dans le développement de la glande mammaire au cours de la gestation :
— phase de développement gravidique caractérisée par un accroissement rapide de la glande;
— phase glandulaire gravidique caractérisée par l’activité glandulaire déterminant les phénomènes sécrétoires.
Le développement gravidique prolonge et complète les modifications mammaires observées au cours du cycle sexuel.
Il est caractérisé, macroscopiquement, par une augmentation considérable du volume de la glande mammaire. C’est ainsi que, chez la souris, les aires glandulaires qui, au repos, mesurent 3 cm. 1/2 sur 2 cm. 1/2 et sont séparées les unes des autres par 4 cm. environ, atteignent, dès le 5° jour après J’accouplement, de 6 à 8 cm. sur 4 à 5, et deviennent confluentes d’un même côté de la ligne médiane, formant ainsi une seule nappe glandulaire.
Au point de vue anatomique, ce développement gravidique est caractérisé par trois ordres de faits :
— prolifération de l’appareil excréteur canaliculaire, prolifération maxima à la fin du deuxième mois chez la femme;
— édification de l’appareil sécréteur alvéolaire;
— congestion considérable du tissu conjonctif péri-caniculaire.
Les canaux excréteurs forment une véritable arborisation par ramification dichotomique du centre à la périphérie, où la prolifération est maxima. À ce
moment, disent Ancel et Bouin, «les dernières rami- « fications se sont recouvertes de nombreuses digita- « tions pédiculées, qui donnent l'impression de « feuilles attachées par leur pétiole sur les plus fins «< rameaux d’un arbre ». Quand le développement de Pappareil excréteur est terminé, commence l’édification de l’appareil sécréteur alvéolaire qui prend un volume colossal.
A l’extrémité de chaque canal se constitue le lLobule, formé par un groupe d’acini. Les lobules voisins, séparés entre eux par du tissu conjonctif, forment un lobe.
A ce moment, la structure tubulo-alvéolaire de la glande est typique.
L'aspect histologique de lacinus est bien défini grâce aux travaux de Maziarski, en 1902 ; il a la forme d’une vésicule sacciforme rattachée au galactophore terminal par un collet. La structure de la vévésicule est la suivante :
Rangée unique de cellules cubiques, régulières, sécrétantes, bordées en dehors par des cellules myoépithéliales qui constituent un dispositif contractile, analogue aux paniers de Boll des glandes salivaires (Lacroix, 1894).
En même temps, le tissu conjonctif se modifie : il est repoussé à la périphérie par le développement prépondérant du tissu épithélial, autour duquel il forme une zone péri-glandulaire dense de soutien.
Au contraire, autour des galactophores, le tissu
conjonctif est mince et délicat, c’est le «tissu du
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