‹ La Galactosémie Provoquée: Test d'Hyperthyroïdie, Étude CritiqueChapitre 12 sur 55 · DOSAGE APRÈS ÉLIMINATION DU GLUCOSE · texte numérisé non relu

DOSAGE APRÈS ÉLIMINATION DU GLUCOSE

Nous avons déjà signalé que pour doser le galactose en présence de glucose, on éliminait ce dernier par fermentation.. Le procédé le plus simple de sa préparation industrielle à partir du lactose repose sur ce principe. Il semble que c’est à DIENERT que l’on doit d’avoir utilisé la même propriété pour doser séparément les deux hexoses dans une solution. Après avoir dosé le sucre total, il faisait fermenter le mélange par une levure sélectionnée sans action sur le galactose, puis par une deuxième mesure, il obtenait le taux de galactose. Déjà, il signalait que l’exactitude était à 1/50 près [61]. C’est à SoMoGyt que les américains ont l'habitude de donner la paternité de la méthode adoptée. Cet auteur découvrit à nouveau le procédé vingt-cinq ans après l’auteur français et l’applique au dosage des substances résiduelles réductrices du sang [222]. RAYMOND et BLANCO proposèrent de l’utiliser pour la détermination de la Galactosémie [189].

La qualité de la levure employée est importante. SomoGyt utilisait la levure du boulanger préalablement lavée. En réalité, une telle levure est souvent mal caractérisée. Nous avons fait avec celle que l'on trouve dans le commerce actuellement de nombreux essais. Les résultats furent décevants. Nous avons

fait des essais avec le sang total, sur le plasma et sur des filtrats obtenus après défécation suivant la technique de BANG et suivant la technique de FoLIN Wu. Nous n'avons pas obtenu une séparation convenable des deux sucres. Si l’on choisit un temps de fermentation court — 5 à 15° — le glucose n’est pas entierement éliminé: il en reste de © gr. 40 à o gr. 60 pour une glycémie normale avant fermentation. Si l'on prolonge la fermentation de telle façon que le glucose s’élimine totalement — 1 heure à 37° — le galactose tend à fermenter également.

FIESSINGER et SCHRUMPF, avec. des « levures sélectionnées du commerce », avaient déjà signalé que le galactose était partiellement éliminé, même en réduisant le temps de contact à quelques minutes | 79]. Ils rappellent que BOURQUELOT avait observé qu'un galactose impur est fermentescible par la levure de bière, le glucose semblant l’entrainer dans sa fermentation. Cependant, avec la levure employée par cet auteur, le galactose ne commençait à être éliminé qu’assez tardivement. DIENERT, quelques années plus tardfit, dans le même domaine, des constatations fort instructives. Utilisant 80 espèces différentes de levures sélectionnées, il en trouva 23 % seulement restant sans action sur le galactose.

Il apparait donc indispensable d'utiliser une levure très strictement sélectionnée, sans action sur le galactose et possédant une action rapide sur le glucose. Sinon, tous les résultats seront entachés d’erreur. L'importance de cette précaution a d’ailleurs été remarquée par Bakx [18]. Les levures de boulanger

— Ai — employées dans certains pays semblent donner des résultats très fidèles. L'étude très complète de STENS- TAM sur le produit qu'il employait le montre. Il n’en est pas de même en France actuellement.

Il importe de vérifier que la levure employée ne contient pas de substances réductrices. Comme l'ont montré de nombreux auteurs, des lavages répétés suffisent à la débarrasser de ces substances. On délaye le produit dans 5 à 6 fois son volume d'eau distillée; on remue à l’aide d’un agitateur; après centrifugation, on rejette l’eau de lavage. Il suffit le plus souvent de recommencer l'opération quatre fois. On en vérifie l'efficacité par une recherche des substances réductrices dans la dernière eau employée. Entre les dosages, la suspension de levure est conservée au frigidaire. Il importe d'employer pour toutes ces manipulations un matériel très propre et rincé à l’eau distillée.

La fermentation peut être pratiquée sur le sang total oxalaté. DUMAZERT [68] a empoyé cette technique préconisée par EGE et Rocue. Le séjour à l’étuve à 37° doit être de 1 heure. L'emploi du sang total a plusieurs inconvénients; il peut apparaître des substances gênant la fermentation (STENSTAM). D'autre part, pour SomMoGyr [222], la fermentation à 37° peut faire naître des substances réductrices. Mais ces deux faits sont rarement observés, et avec cette méthode les dosages donnent une précision encore satisfaisante.

Certains, avec RIVOIRE, préfèrent opérer sur le plasma seul; il faut dans ce cas admettre que le ga-

lactose est uniformément réparti dans les globules et le plasma, ce qui n’est pas démontré.

D'autres enfin, utilisant les microméthodes ne pratiquent la fermentation qu'après défécation; cette technique semble de beaucoup la meilleure. Il importe que le liquide obtenu soit sans action sur la Îlevure. STENSTAM a montré que l’hydroxyde de zinc employé pour la déprotéinisation entraine, à partir de la levure, la libération de substances réductrices. D'autre part, le procédé de défécation doit éliminer lé plus complètement possible les substances réductrices non glucidiques. L’acide tungstique, en solution diluée par exemple, donne une élimination incomplète. Avec une solution plus concentrée, l’élimination est meilleure, mais l’excès d’acide qui passe dans le filtrat peut agir sur la levure.

L'hydrate de cadmium donne une bonne élimination. DUMAZERT a modifié la technique primitive de FuJITA et IWATAKE, la rendant utilisable avec les micro-méthodes, en particulier celle de HAGEDORN. Il ne signale aucune action de ce produit sur la levure. |

La levure est laissée en présence du filtrat obtenu ou du sang, à la température de la pièce durant 3 à 60 minutes, suivant les auteurs, Avec la micro-méthode, 1 cc. d’une suspension à 1 % suffit, à condition d'agiter fréquemment le mélange. Après double centrifugation, on pratique le dosage du sucre restant, en opérant comme pour la mesure de la glycémie. Nous ne détaillerons donc pas les techniques employées. On corrige le résultat obtenu en tenant

compte du pouvoir réducteur du galactose. Parmi les plus couramment utilisées, citons celle d'HAGEDORN- JENSEN, méthode très précise, à condition d'employer des produits purs et des solutions soigneusement dosées. Les « blancs » sont faits en utilisant de l’eau distillée qui a été laissée en contact avec la suspension de levure, durant le temps habituellement employé pour la fermentation. Ensuite, on opère comme pour un dosage de glycémie. L'erreur, avec une bonne technique, est de + ou — 2 à 3 cg.,5 par litre; bien entendu, on emploiera de préférence le double dosage. Quelques auteurs sont restés fidèles à la méthode de FoLIN-Wù qui utilise un procédé colorimétrique. Elle nous semble à proscrire formellement pour le dosage du galactose plus encore que pour la mesure de la glycémie. Les quantités à doser sont faibles. Il importe donc d’avoir une précision plus grande encore que pour le glucose. Or, le procédé de Forix-Wu donne des résultats très approximatifs. Si l’on pratique des doubles dosages, l’écart atteint facilement 10 cgr. et même davantage. RIVOIRE, qui reste fidèle à cette technique, juge cette approximation suffisante | 109|. Etant donné que les quantités à doser sont comprises entre 20 et 60 cgr., une erreur aussi mportante doit, à notre avis, faire rejeter la méthode, malgré tous les avantages de simplicité qu’elle comporte.

IMPORTANCE DES SUBSTANCES RÉDUCTRICES RÉSIDUELLES

Par la fermentation, on a éliminé le glucose du sang- Mais, lorsque l’on emploie certains agents de déprotéinisation, il reste dans le filtrat obtenu des substances réductrices résiduelles, et ces substances ne sont pas fermentescibles. Elles risquent d'être prises pour du galactose.

Cette fraction est pratiquement nulle avec l'hydrate de cadmium: elle ne dépasse guère 2 cgr. par litre, selon DumazerT. L’hydrate de cadmium nous apparaît donc comme un excellent déféquant. Avec l’hydrate de zinc, elle oscille entre 0,05 gr. et 0,15 gr.; avec l'acide tungstique, elle oscille autour de 0,20 gr. [68]. SoOMoGyi ayant opéré des dosages sur une centaine d'échantillons différents, fixe ce chiffre à 0,27 gr. par litre. On ne peut donc négliger ces substances résiduelles. Elles ne varient pas au cours de la galactosémie (STENSTAM, HARDING et GRANT). Un dosage à jeun permet donc de les connaître et d’en tenir compte éventuellement, nous l’avons déjà signalé. FISHBERG et DOLIN ont trouvé que certaines maladies pouvaient en élever le taux. C’est ainsi que chez les diabétiques, ils ont noté des chiffres oscillant entre 0,38 gr. et 0,90 gr. pour des glycémies globales comprises entre 1,04 gr. et 4,95 gr. Dans l'hypertension artérielle, le mal de BRIGHT à la période terminale, et les dernières semaines de la grossesse, des taux élevés se rencontrent également.

IT ressort de ces diverses considérations techniques

que le dosage du galactose dans le sang nécessite certaines précautions indispensables : la levure doit rester sans aucune action sur le galactose, le liquide déféquant doit éliminer aussi complètement que possible les substances réductrices non glucidiques. Enfin, il faut adopter une technique de dosage du sucre précise.

Résultats de la galactosémie provoquée 1° CHEZ LE SUJET SAIN

Nous avons indiqué, au chapitre des techniques, l'influence de la quantité de galactose administrée sur l'allure générale de la courbe. La dose standard habituellement employée est de 40 grammes; tous les résultats indiqués ci-dessous ont été obtenus après ingestion de cette dose, sauf mention spéciale. Chez le sujet sain, on peut trouver des traces de galactose dans le sang circulant dès la 5° minute [6], vers la 15° minute, le chiffre de 10 centigrammes par litre est assez souvent atteint ; le taux ne cesse de croitre jusqu'à un maximum qui se situe entre la 20° et la 80° minute [231]. Après ce maximum, la quantité de galactose diminue plus lentement qu’elle n’a augmenté et au bout de 120 ou 140 minutes ou plus on ne trouve plus dans le sang que du glucose.

La valeur de la flèche retient l’attention de la majorité des auteurs; les modifications de sa valeur sont assez sensibles, ainsi qu’on peut le voir dans le tableau ci-après:

Les discordances entre les divers résultats peuvent être, pour une part, expliquées par les différentes techniques de dosage employées. Les chiffres plus élevés donnés par STENSTAM nous semblent être expliqués par deux faits:

1° L’auteur emploie, pour la défécation, l’acide tungstique dilué qui donne une déprotéinisation imparfaite;

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