‹ La Galactosémie Provoquée: Test d'Hyperthyroïdie, Étude CritiqueChapitre 11 sur 55 · DOSAGE DU GALACTOSE PAR ESTIMATION DU SUCRE TOTAL DU SANG · texte numérisé non relu

DOSAGE DU GALACTOSE PAR ESTIMATION DU SUCRE TOTAL DU SANG

Les premiers auteurs qui cherchèrent à mesurer la galactosémie consécutive à l’ingestion de galactose, se contentèrent de déterminer la valeur des sucres totaux du sang. La technique était la suivante: mesure de la glycémie du sujet à jeun avant l’ingestion de galactose, ensuite, glycémie à des intervalles fixes. La différence entre les valeurs obtenues après inges-

tion et la glycémie à jeun était censée représenter la galactosémie. Pour plus d’exactitude, certains corrigeaient la valeur obtenue en tenant compte du pouvoir réducteur du galactose. Les autres se contentaient d'exprimer le chiffre en glucose. Les résultats donnés par cette méthode sont discordants. Suivant les expérimentateurs, la valeur maxima trouvée est inférieure, très voisine, ou enfin largement supérieure à celle observée après administration d’une quantité équivalente de glucose. La majorité des chercheurs admet une valeur maxima de l'ordre de 40 cer/litre. MALMOS, SILVER et SWAETICHIN, dans une étude critique (cité par STENSTAM) pensent que les résultats des auteurs qui les ont précédés (1929) ne doivent être acceptés qu'avec réserve. Pour eux, la valeur maxima normale est de 70 cgr/litre.

Ce procédé que nous avions, durant un temps, adopté au cours de notre expérimentation ne doit pas être retenu. Il admet comme postulat que la glycémie ne varie pas au cours de l'épreuve. Plusieurs auteurs ont montré que ce postulat était faux. HARDING et GRANT ont pratiqué des tests chez 16 individus sains [110]. Ils ont dosé séparément le glucose et le galactose du sang capillaire à jeun, 15’, 30’, 45’, 60°, 90’, 120’ après ingestion de 40 grammes de galactose. Ils ont observé des élévations parfois importantes du glucose sanguin, en moyenne un peu plus de O gr. 10 à la quinzième minute; la glycémie s’abaissait ensuite à la normale après une heure, en dessous de la normale après 00’ dans certains cas. Chez quelques individus, les variations de la glycémie atteignaient ou

ee ro

dépassaient 25 % du chiffre à jeun. Dans aucun cas, il n’y avait abaissement de la glycémie en dessous de la normale avant 90 minutes. STENSTAM qui, par ailleurs, confirme ces résultats, a observé dans quelques cas isolés un abaissement très marqué du glucose après la 60° minute; ces cas coïncidaient avec une G. Mx. élevée. CHABROL et ses collaborateurs ont montré récemment [45] que l’on observait également des variations de la glycémie après injection intraveineuse de galactose, mais dans deux de leurs cas, il y avait une chute importante de la glycémie.

SYLLABA (rapporté par ALTHAUSEN et WEVER) [2] pense que l’hyperglycémie observée après ingestion de solutions sucrées est düe à un réflexe conditionnel hépatique, tout au moins l’hyperglycémie des quinze premières minutes. Pour lui, ce réflexe serait en partie dü à la saveur sucrée perçue au niveau de la langue. Il a observé une augmentation du glucose sanguin après ingestion de saccharine. ALTHAUSEN et WEVER [1] n’ont pas retrouvé ce fait.

Les variations de la glycémie ne sont pas proportionnelles à celles de la galactosémie. Avec 80 grammes de galactose ingérés, elles sont moins élevées et de durée un peu plus courte qu'avec la dose standard. Mais après 40 grammes, HARDING et GRANT notent, par exemple, les deux résultats suivants: élévation du sucre total Oo gr. 37, galactosémie réelle o gr. o8, chez un autre sujet on avait respectivement élévation du sucre total o gr. 52, galactosémie réelle o gr. 18.

Donc, le taux du glucose sanguin varie après ingestion de galactose et ses variations ne sont pas pro-

portionnelles à la valeur de la galactosémie. Les dosages du sucre total du sang ne permettent pas de juger la g'alactosémie.

Page 1