‹ La Galerie Campana et les Musées FrançaisChapitre 18 sur 24 · I. 336. Le Triomphe de saint Augustin (pl. I · texte numérisé non relu

I. 336. Le Triomphe de saint Augustin (pl. I

(MuhV île Hosaiiroil.)

Le D° 336 de la collection Çampana, depuis 1876 au musée de Besançon, panneau de bois à couronnement ogival entre deux pinacles, représente saint Augustin trouant, un livre Penné dans la main gauche, et de l'autre main présentant un livre ouvert à un religieux Augustin agenouillé. D'autres religieux du même ordre sont agenouillés aux lianes du trône, tous beaucoup plus petits que le saint. Aux pieds du savant évècpic gît, comme mort, l'adversaire que sa doctrine a vaincu : c'est un Oriental en robe et turban blancs, qui dans sa main droite serre le bout d'une banderole sur laquelle sont inscrits ces mots : Dicimus mwtdum esse aeternum, non kabere principium neque finem. Aristoteles.

Le P. Cahier s'est étrangement mépris au sujet de ce tableau :

«Le catalogue — écrit-il 1 — semble dire qu'il s'agit de quelque hérésiarque sorti des rangs chrétiens; el cependant l'on y transcrit avec toute l'exactitude désirable le texte sacré sur la banderole, qui se termine bien clairement par cette signature : Aristoteles. Il ne serait pourtant pas absurde de prétendre que ce soit Manès, d'accord avee le Stagyrite2 en certains points.

» Item, puisque l'opportunité se présente de rectifier certaines indications où le nomenclateur d'un musée 3 n'est pas tenu d'être infaillible, ajoutons que le livre tenu par le saint docteur pourrait bien n'être pas la règle de son ordre. A la hauteur où notre tableau est placé, je n'ai pu voir si quelque texte s'y lit qui déterminerait l'objet précis de l'ouvrage. Mais pour répondre à ce qui parait être le sens général de la peinture (l'énorme supériorité de ce rare génie éclairé par la foi), j'y verrais plutôt le Traité sur la Genèse, contre les Manichéens (Op., t. I, p. 645 sqq.j, où l'opinion païenne sur l'éternité de la matière est réfutée ex professo. Ce pourrait toutefois être aussi le livre des Confessions (iibr. XII; ibid., p. 210 sqq.), qui condamne la même erreur; à moins que le conseiller du peintre n'ait eu en

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