Sic
3. C'est de Reiset qu'il s'agit. Le ton agressif et pédantesque du savant jésuite est ici comme souvent ailleurs franchement insupportable.
i\ uaiihii. campasa ti ik> mimk> fhoç.ais 5o
mu- la Cilr de Ineu (Bbr. MU; ibid., t. Ml. p. i.,.". si|«|. .. ou Platon est mis bien au dr^u* des péripatélieiens. ( À>|>endaiit j'opterais plutôt pour ses Hsi>li>iitiuiit des psaumes in p*. (AL; ihid., t. I\. p. !>.{ sqq.j, ou il dit d'un ton si haut: Oixit hoe VrMoteles*. . Huis .•>( Vristoteles? Audiat : Dlxit Christus; et apud inferos , ontn-unVat .
Quoi qu'en ait dit Cahier, le livre que l'évèque d'Hippone, sur le tableau de Besancon. «i< »nno à lire au premier des moines Augustin* agenouillés à sa * I r « • i t<* est bien la règle de son ordre, (les mots x sont inscrits : \nte omrmi. fnitrrs < anssimi ,<lili<j<itur I >cu.< , drindc proximus , (juin istn pfutrrtjit'i prmcipnlitrr . O -«-nt les mot- mêmes <|ii i commencent la règle attribuée à saint \ugustin'.
ïjo saint é\èque, tomme (laliier (t. I. p. en a lui-même fait
la remarque, jH.rte s,,Us la eha|*« la robe «1rs Augustin*. (. est donc bien comme fondateur des eimite> et des « hanoines Augu*tins qu'il est représente' mit |e tableau de II» sain .on. Vu premiei rang sont agenouillés le* ermites |et • hanoines «...nt derrière. .'■ droite, reconnaiss.iblrs \ Taumussc.
Il « st im|H)ssi|jl, d arronl. i a ( ahiet que le |>ersoiinage humilié aux pieds de saint \ugustin s,„t Aiistote. Li théologie du Moyen-Age sa\ait liop (..ut i .• d<>nt «lie «tait redevable ce philosophe pour admettre qu'il fût n présenté foulé aux pieds par les docteurs rhréticn§, même pu vont Vugustin I - tableau de Traini, à S.iinte-
Citherinc de Pisc . oalnl ck fk -nom Gozzoli, au Louvre^, titrent
saint Thomas trônant entre IMaton .1 Aristotc.
Dans (es délit lahlcaux • *| liguré. humilié aux pieds de saint Thomas un peis.mnage en hiMiiiiic oriental. coilVé d'un turban. Le même personnage parait, aux pieds de si i nt Thomas, entre les hérésiarques Affai el Sahellius, dans la fresqin du triompha de saint Thomas, à la ehapelle .les |-:«pagno|s. Connue l a montré Itenan dans un chapitre dfl IOH Ir.-rm.'s qiM !<• El. IV I -duel 1*681 naturellement bien gardé de lire', ce vaincu est Axerroès, qui lit le grand rollillientaiie >.
\verrois che' l nmn emnento feo$.
Le Moyen- Vge. s. „is rinlluenee du laineux docteur dominicain, avait mis à part dans I'omin re (TArittOfe toutes I' - proposition! • 1 1 1 ' P *****
saient aangersuaaê; oeOet-lè, on les attribuait à Iverroèe, au com-
i. Mïkho, IWndttgie latine. \\\M. "I i '«-- • I " 'i a. Alitiah. n* h*«o.
3. I.nfenr*tre .1 Un lit. ni .. i r-. i . I. •>„!■, r. |>. ;.l
II. n.,n. Orrrofc ,f l'arerruisn, -. II. i. S txi: .. Du rôle ,1'Averroès dans la peinture italienne «lu Moxen Ajfo >». — Cf. Jameton, Legendt <»/ monastir Orden, p. S77. .*.. Oanlr, infernn, IV. 1 , ,.
Go
P. PBRDRIZET ET il. JEAN
mentateur; Aristote ne pouvail pas s'être trompé. Par exemple, la thèse de L'éternité du monde riait considérée comme une invention d'Averroès. Par une de ces subtilités ingénues dont le thomisme est coutumier, Aristote était lavé du reproche d'avoir dit que le monde était sans commencement ni lin : c'était cet impie d'Averroès qui avait imaginé de prêter au Stagirite celte doctrine monstrueuse : et voilà précisément ce que signifie l'inscription de la banderole qui sur le tableau de Besançon Hotte aux mains d'Averroès.
Ainsi, Le tableau de Besançon appartient à la même série iconographique que ceux de Traini et de Gouoli, et que La fresque anonyme de La Chapelle des Espagnols. Seulement, tandis que les trois autres peintures sont d'origine dominicaine et représentent Le triomphe de saint Thomas, celle de Besançon a été faite pour un ordre rival de celui des Prêcheurs. Les Auguslins ne devaient pas voir sans jalousie le succès de l'ordre nouveau. Aux Triomphes de saint Thomas dont les fils de saint Dominique, orgueilleusement, ornaient leurs églises, les Augustins d u 11 couvent d'Italie eurent l'idée d'opposer un Triomphe de saint Augustin calqué sur les Triomphes de saint Thomas : L'histoire des ordres religieux est pleine de ces rivalités et de ces larcins. Ce qui est amusant, c'est l'anachronisme du tableau augustin : saint Thomas, qui vécut au \ui siècle, pouvait être représenté foulant aux pieds Avermès. qui mourut vers l'an 1200; mais saint Augustin? Le Moyen-Age, il est vrai, n'avait pas peur de l'anachronisme.
(( L'introduction des textes arabes dans les éludes occidentales divise l'histoire scientifique et philosophique du Moyen-Age en deux époques parfaitement distinctes... La philosophie, limitée dans la première à quelques lambeaux de YOrgunon, aux Catégories1 apocryphes de saint Augustin, reçoit le corps complet de l'aristotélisme3. » Ainsi, jusqu'à saint Thomas, c'était saint Augustin qui aurait été l'interprète orthodoxe d'Aristote. Bien d'étonnant à ce que les religieux qui se prétendaient les fils spirituels de l'évêque d'Uipponc revendiquassent pour lui l'honneur d'avoir défendu, avant l'Ange de l'École, la pureté delà doctrine péripatéticienne contre l'exégèse dangereuse de la philosophie musulmane. En ce sens, Augustin avait donc fait autant que Thomas. Et il avait fait quelque chose de plus : avant Dominique et François, avant Norbert et Bruno, même avant Benoît, il avait été le législateur du monde monastique; saint Thomas n'était que docteur, saint Augustin avait été à la fois docteur et chef d'ordre. Le tableau de Besançon, qui nous le montre sous ces deux aspects, est donc bien appelé : le Triomphe de saint Augustin.
1. Categoriae X ex Aristotele decerptae, dansMigne, Patr. lat., t. XXXII, col. 1/119 sq.