‹ La Galerie Campana et les Musées FrançaisChapitre 3 sur 24 · Renseignement dû à M. Gaston Brière · texte numérisé non relu

Renseignement dû à M. Gaston Brière

2. « Les juristes déclarent que la propriété de l'État reste entière et qu'un tableau en dépôt envoyé aux musées de province est toujours susceptible d'être repris. » (G. Brière, La Commission des musées départementaux, dans Rev. dlùst, moderne et contemporaine, VII, p. 9/4.)

U ^\!.EBIE CAUFA** ET LES MISÉES I HANÇ.MS []

dernier, s'occupait du type iconographique de la Vierge de Miséricorde. L'ouvrage de Gîbo sur Alunno lui iyaal appris l'existence dans la collection Campana d'une bannière de l'Alunno au type de la Vierge de Miséricorde, il compulsa les catalogues Cornu et Keiset, puis s'en fut trouver le savant et courtois conservateur des pointures du Louvre, M. Leprieur, pour lui demander où la bannière de l'Alunno avait été envoyée, et, subsidiairement, où se trouvaient trois autres Vierges de Miséricorde de la collection Campana.

Je suis venu, pauvre orphelin lliche de mes grands yeux tranquilles.

Vers les hommes des grandes villes :

Ils ne 01*0111 |>a-> ttOUvé malin.

M. Leprieur répondit à son visiteur qu'il n'en savait rien. Il sortit d'un casier le grand registre dont nous avons parlé', celui qui contient l'indication de quelques-uns «les musées de province qui ont reçu des tableaux Campana de l'envoi de 18-2. Mais le registre était muet sur la bannière de l'Alunno: en eiïet. cYst seulement en 1876 que la bannière fut envoyée en province; elle.se trouve aujourd'hui à Angouléme.

A quelque temps de là paraissait la brochure «le If. S. Keinaoh. L'auteur, si renseigné qu'il fut, n'était pas arrivé à retrouver les destinations données aux tableaux Campana. Il avait déploré le sort étrange de cette grande collection, sombrée presque en entier dans le gouffre des musées de province qui s'en étaient partagé les membres épars; mais il n'en avait pai reconstitué les états de répartition. C'est la tàebc que nous nous sommes donnée. Pltifl heureux (pie M . Heinarh. l'un de nous a retrouvé aux archivai de la Direction des Beaux-Arts les listes, musée par musée, des envois de iKli.'l, 1S-1, iNHi. Ces listes sont extrêmement sommaires, parfois d'une obscurité sibylline, et ornées presque toutes de réjouissants coq - à - l'Ane, mais, telles quelles, elles nous ont été d'un précieux secours. Nous noua sommes servis aussi, pour les envois de 187a, du registre du Louvre.

Les catalogues des musées de province (dont on s'étonne qu'aucune bibliothèque de Paris ne possède la série complète) ont été compulsés. Dans les cas embarrassants, nous nous sommes adressés aux conservateurs ou à des amis. Nous nous faisons un agréable devoir de remercier les personnes bénévoles qui ont répondu à nos questions : MM. Leprieur et (iuifTrcv Louvre), Kdm. I la rançon rt (Cluny), G. Brière (Versailles), Jules ftfomméja (Agen), Pontier (Aix), F. Peraldi ( \joecio), Emile Biais (Angouléme), E. Hérot (B<ujneres-de- lii//orre) , Garibel-Alègre (M**) et Juste! (Bagnols), Ph. Jolyet (Bayonne), Perreau (Besaneon), J.-A. Grenouillot (Blois). Jean Cabrit et (i. Hadet (Bor-

P. PERDRIZET ET R. JEAN

deaux),, Dr M. Sauvaje (Boulogne-sur-Mer), le conservateur du musée (Cambrai), Waltz (Colmar), Maignien {Grenoble), E. Lauvain et L. Ridel (Laval), Auquier et Chamonard (Marseille), Wolfram (Metz), P. Lemariée (Montargis) , Coulet (Montpellier), Bertrand (Moulins), F. Meunier (Nevers), Alexis Mossa (Nice), Bligny-Bondurand et A. La Haye (Nîmes), Palustre et J. Blanquer (Perpignan), G. Gilbert (Poitiers), A. Millet (Riom), Edmont (Saint-Pol), Th. Eck (Saint-Quentin), P. Delaporte (Senlis), J.-E. Gerock (Strasbourg), Jourdan (Toulon), H. Rachou (Toulouse), Pillion (Valenciennes).

Notre catalogue suit l'ordre du catalogue Cornu (désigné par la lettre C). Chaque numéro de C est précédé d'une parenthèse contenant le numéro correspondant des Cataloghi Campana, et suivi, quand il y a lieu, du numéro correspondant du catalogue Reiset (désigné par la lettre R). Puis vient le sujet du tableau, le musée où le tableau se trouve aujourd'hui, la date à laquelle il y a été déposé, le numéro qu'il porte dans le catalogue du musée. A ces indications essentielles nous avons joint, quand il y avait lieu, la bibliographie; nous nous sommes particulièrement attachés à relever les descriptions de Cavalcaselle et Crowe, qui avaient étudié la galerie Campana quand elle était encore à Rome (nous désignerons par l'abréviation CC leur Storia délia pittura italiana). L'abréviation Inv. désigne Y Inventaire général des richesses d'art de la France, publication inégale mais d'une utilité incontestable, et que l'on aurait pu croire suspendue si, après plusieurs années d'attente, un nouveau volume ne venait de paraître. L'abréviation LR désigne le volume de MM. Lafenestre et Richtenberger, La peinture en Europe : le Louvre > . Nous avons noté les tableaux photographiés par Braun. Les 27 numéros dont nous n'avons pas retrouvé la destination sont marqués d'un astérisque.

Après ce catalogue, vient une concordance du catalogue Reiset avec le catalogue Cornu ; puis un catalogue muséographique, donnant la répartition de la galerie Campana par musées, et pour chaque musée par dates d'envoi ; enfin, la liste des ensembles qui ont été dépecés entre différents musées. Avec de la bonne volonté de la part des conservateurs et un peu d'énergie de la part du service des Beaux- Arts, les musées intéressés pourraient s'entendre pour rapprocher ces membra disjecta que l'ignorance, ou la précipitation, ou la malfaisance ont dispersés.

Nous voudrions que ce travail fût considéré comme l'ébauche d'une œuvre plus considérable. Notre ambition serait, après ces prolégomènes, de publier un jour un catalogue approfondi de la collection Campana, qui donnerait la reproduction des 646 tableaux de l'ancien musée Napoléon III. Toutes les photographies de tableaux Campana

1. Au dernier moment, nous nous apercevons qu'il existe plusieurs éditions de cet ouvrage, non datées, et avec des paginations différentes.

LA GALERIE CAMPA > A ET LES MISÉES FRANÇAIS l3

qu'on voudra bien nous adresser seront les bienvenues ; nous en avons déjà réuni un assez grand nombre; à titre de spécimens, nous en donnons quelques-unes, à la fin du présent travail, en les accompagnant de notices détaillées. Nous avons choisi de préférence des tableaux qui offrent un intérêt à tout le moins iconographique et documentaire. La galerie Campana est pour l'iconographie religieuse une mine d'une grande richesse. On ne l'a pas encore exploitée. Pourtant, un savant qualifié en la matière, le P. Cahier, y avait, dès 1866, convié les chercheurs, dans des lignes écrites g de bonne encre », que nous citerons pour finir (0 s'agit du n 396. qui représente saint Benoit se roulant dans un buisson d'épines pour dompter les tentations charnelles):

«La tentation de saint Benoit et si victoire étaient é\ idemment le sujet d'un |>elit tableau qui I figuré pendant quelque* joui s au musée Campana lorsqu'il était exposé au palais de l'Industrie. Mail comme la peinture était quelque peu délabrée, et le sens ayant sans doute échappé aux conservateurs français, elle a été bientôt mise de côté pour devenir je ne s(li> quoi. D'autres tableaux, du reste, qui méritaient encore moins ce triste soi t, l'ont partagé de bonne heure. Je soupçonne que c'a été surtout pour ne pas s'être laissé comprendre à des appréc iateurs peu \or*és dans la légende des saints, car le premier catalogue [celui de Cornu] résolvait plusieurs de ON problème! par la simple désignation : Scène imfflflffffyatf. ou : Histoire M rapportant à la rie monacale. Mien «les \i*ilcurs durent trouve! que cet éclaircissement laissait à désirer; la disparition levait tout emharras pu le plus court chemin. Mais les explications hasardées \ aient elles mieux qu'un aveu Implicite d'ignorance? Or la seconde édition du catalogue des tableaux [la notice de Heiset] n'expliquait assurément pas tout d'une manière satisfai sanle, et Je soupçonne que l'auteur l'aura compris lui-même. Ce peut être là un des motifs qui ont déterminé les triages faits au détriment du Louvre, où la peinture légendaire n'est pas >i abondante qu'il fallût lui mesurer avec avarice les accroissements de ce genre. •> /^Caractéristiques des Saints dans l'art populaire. >. v. liuiss<m.j

Ce premier travail était achevé quand a paru dans la Revue archéofagiçue, janvier- février i<)oG. p. 3o-5i, mai-juin 1906, p. 4^3-46o et tirage à part, sous la signature de M. Maurice Bcsnicr, un travail intitulé : La collection Comporta et les musées <(c prorince. Le titre promet beaucoup. En réalité, ce travail se compose simplement d'un dépouillement honnête de V Inventaire des richesses d'art, suivi du catalogue des diverses pièces Campana envoyées aux musées normands, tant des antiquités que des peintures. On se demande l'intérêt que la Revue archéologique a pu trouver à publier ces listes de pots.

ï». l'EftDRlZb/I ËT 1\. JEAN

Catalogue des tableaux de la collection Campana.

(i-8) 1-8. Légende de saint Gharalambos. Bourges, i863. Cal., nos ii, 12.

* (9) 9. L'Annonciation, la Visitation, la Crèche. Triptyque, peint à Otrante par Scopula da Irunto. H. om 12. L. om22.

(10) 10 == R. 6. Saint Démétrios. Caen, 1872. Cat., n* 2.

(11) 11 = R. 3. Sainte Catherine. Montauban, 1872. Cat., n" 190.

(12) 12 = R. 5. Saint Théodoros. Caen, 1872. Cal., n° 1.

(13) 13 == R. 4- Saint Démétrios. Montauban, 1872. Cat., n° 189. *(i4) 14. La Vierge tenant l'Enfant dans ses bras. Panneau à fond

d'or. Imitation italienne d'une icône byzantine. H. o'"69. L. o,n54.

15. Lille, i863. Cat., n° 931 : «La Vierge, l'Enfant Jésus et saint Roch. » Puisque ce panneau représente saint Roch, il ne peut être attribué à un peintre byzantin. La dévotion du grand saint antipesteux (né à Montpellier vers la fin du xme siècle, f 1327) se répand en Italie, comme dans le reste de la chrétienté latine, au xve siècle, à la suite du concile tenu à Constance en i4i4.

Le n° i5 du Catalogho Campana n'est pas une peinture, mais une statue en bois peint et doré, signée et datée de 1294. Cf. catalogue Cornu, p. 181, n° 1.

(16) 16. La Vierge avec l'Enfant et deux anges. Chartres, i863. Cat., n° 177.

(17) 17. La Vierge tenant dans ses bras l'Enfant Jésus. Besançon, i863. Castan, l'auteur du catalogue du musée de Besançon publié dans Y Inventaire des richesses d'art de la France (V, p. 1 38), ne connaissait pas le catalogue Cornu, mais il avait celui de Reiset : il a cru, à tort, que le panneau « byzantin » de Besançon était le n° 1 de Reiset. On l'admire d'avoir deviné que cette icône était du « commencement du xvc siècle » ; on ne savait ni que Castan s'entendît en peinture byzantine, ni que les icônes non datées permissent une datation si précise.

(18) 18 = R. 1. La Vierge et l'Enfant. Draguignan, 1872. Cat., n° 12.

(19) 19. La Nativité avec l'adoration des mages, l'Annonciation aux bergers et l'Adoration des bergers. Saint-Quentin, i863.

(20) 20 — R. 2. Saint cavalier, icône byzantine. Mirande, 1872.

(21) 21 = R. 7. La Vierge et l'Enfant Jésus. Condom, 1872.

LA GALSMI CAMPA3A ET LES MISÉES FRANÇAIS l5

*(aa)22. Le lion de saint Marc. Lunette en mosaïque. H. o (i;. L. i- 12.

(a3) 23. La Cène. Chambérv, i863.

(a4) 24. Saint François d'Assise. Cluny, iSfi.'ï. Col., n" 1702. Hctourné au Louvre en décembre l8o5.

(20) 25 = H. 142. Le Christ mort adoré par huit saints. Aubcnas, 1876.

(26) 26. La Vierge et l'Enfant entourés par six anges. Angers, [863, Le catalogue d'Angers, n^ 325, copié religieusement par VInv., III, p. 55 (d'où Besnier, p. 7 du tirage à part » . reproduit de cette façon l'intéressante dédicace de ce panneau : irmmine <tni an meeex de mse februarii V Ma FUippii paris dne laehobe lucoris sue Aie qunr miar dei rcquicscanl i pare. Il faut liie : In nnmine Domini an w>) MCCCX de(cimo) m(en)s(is) februarii jf ro> a(nù m ta Mippi Paris tel) d(amiine laehobe uxoris sue; af mit nue quorum, iniisericn rfdita /Jeï, requiesrant i(nt pace.

(-J-) 27 = EL 10. Saint Christophe. Chàlons-sur- Marne. \S-(\. Cal., n" 'iqb\

(a8)28ssR. i5. Vierge avec l'Knfanl. Agen. 187."!.

(>9-3o) 29-30 ss P. 4o, '11. Saint Parthélcin> et saint Pierre. Nantes, 187:1. Cal., n * l3l, j3 » ; Inr., II. p. io'j.

$(3i-32) 31-32= \\. \j. Ces deux panneaux, qui représentent l'un saint Nicolas, l'autre saint Jean- Baptiste, et qui proviennent du même ensemble que les deux précédents (saint Barthélémy et saint Pierre), auraient été, d'après les arrimes des Peaux Arts et du Louvre, envoyés à Pennes. Mais le catalogue «le Pennes n'en parle point.

(33) 83 = P. .'in. Saint liloi. Pagnères-de-Pigorre. 1S72.

(34) 34= P. 78. Saint Clément. Chalon-sur-Saône. iS-C>. L7m\ (I, p. 29) ignore que ce panneau ait fait partie de la collection Campana.

(35) 35 = P. i.'i. La \ ierge et l'Knfanl entourés par huit anges. Louvre. Tau/ia, n 196; Cal. som., n i3iG: L P. p. 7."), ir l3l6.

•(36) 36 = La Vierge tenant l'Knfanl ; auprès d'elle, saint .lean- Paptiste et saint François. Panneau giottesque. IL o"5i. L. o" 2.5.

(37) 37. Le Christ en croix pleuré par la Vierge et saint Jean. Montpellier. i8<>3. Cal., n 7',3: /"".. E, P Cf. GC, III. p. »35.

«Coi caratteri conmni aile opère dei Loren/.ctti abbianw veduto a Montpellier ncl Musco Fabre una tavoletta. gia pinacolo d'un quadro, colla pittura su fondo dorato di N. S. crocifisso Ira due Angcli. Più in basso da un lato è seduta mestissima la Madonna. lutta avvolta nel manto c con una mano appoggiata alla faccia. Dali' altro lato è seduto l'Evangelista San (iiovanni chc lutlo compreso di dolorc guarda il crocifisso. Il quadretlo ha patito danni, specie nella figura délia

P. PERDHIZET Ë X K. JEAN

Madonna divenuta di tinta scura e pesante. Col n. i53 è indicato corne un lavoro délia scuola Spagnuola del secolo xiv. Il quadro proviene dalla Galleria Gampana di Roma. » Cavalcaselle et Growe, t. III, p. 235.

(38) 38 = R. 34- Saint Ambroise découvrant les corps des sainls Gervais et Protais. Gap, 1876. Reproduction médiocre dans Caractéristiques des saints du P. Cahier, t. I, p. 4oo.

(39) 39. Le portement de croix. Moulins, i863.

(40) 40 = R. 148. La Flagellation et la Crucifixion. Autun, 1872. Cat., n° 5o.

(41) 41 — R. 8. Le Christ en croix. Louvre. Tauzia, n° 481 ; Cat. som., n° i655. Ces deux catalogues donnent d'une façon erronée le numéro de Reiset et les dimensions; on a confondu R. 8 avec R. 48.

* (42) 42 = R. 48. Grand Christ en croix, entouré d'anges. Panneau giottesque en forme de croix. H. 2m 19. L. im6o.

(43) 43 =: R. 19. La Crucifixion. La Rochelle, 1872. Cat., n° 55.

(44) 44 := R-. 28. La Crucifixion. Aurillac, 1872. « Nel Museo Napoleone III del Louvre, classificata fra la scuola di Giotto, trovasi una tavoletta con moite figure rappresenlanti la Crocifissione. È pittura nolto guasta, ma che conserva i caratteri dei lavori di Taddeo di Bartolo e seguaci. È indicato col num. 281, e proviene dalla galleria Campana di Roma, nella quale era designata col num. 182 2 com opéra di Giottino. » Cavalcaselle et Crowe, t. III, p. 295. Mme Mary Logan-Berenson attribue cette Crucifixion à Taddeo di Bartolo (Rev. arch., 1906, t. I, p. 238) : « considerably repainted. »

(45) 45 = R. 52. Triptyque. Panneau central : La Vierge et l'Enfant entourés de saints et d'anges. Volets : La Nativité, la Crucifixion. Louvre. Tauzia, n° 485; Cat. som., n° 1667.

(46-54) 46-54 = R. 23-25. Amiens, 1876. Prédelle en neuf^panneaux, racontant la vie de Notre-Seigneur. L'ordre en a été bouleversé; il était évidemment chronologique, et doit être rétabli comme suit :

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